Le contenant c’est bien, mais le contenu c’est mieux ! Voilà ce que devrait retenir Samuel Petit, rédacteur en chef du Télégramme. Car sa nouvelle formule ne casse pas quatre pattes à un canard… Le lecteur reste sur sa faim.

« L’effort a porté sur les contenus », explique le directeur de l’information Hubert Coudurier (Challenges, 31 octobre 2019). « Notre diffusion recule de 2 % sur un an, mais notre érosion est moins rapide que pour le reste de la presse », note le rédacteur en chef Samuel Petit. « Nous sommes indéniablement rattrapés par ces changements de mode de consommation de l’information. En revanche nous restons convaincus que le journal papier est encore un support de qualité et d’actualité. » (Le Figaro Économie, vendredi 22 novembre 2019). Conclusion : au Télégramme, tout le monde est content avec la sortie de la nouvelle formule.

On se flatte de présenter un quotidien en deux cahiers (un cahier général et un cahier local) et d’offrir une « info locale plus proche et plus pratique ». Selon le rédacteur en chef Samuel Petit, « Le Télégramme affiche son ambition d’être le média de référence en Bretagne » (Le Télégramme, mercredi 20 novembre 2019). Vaste programme !

Un contenu qui n’a rien de révolutionnaire

Certes le lecteur trouvera une mise en page agréable, un découpage pratique, beaucoup de photos (pas toujours de bonne qualité), mais il n’est pas certain que celui-ci crie au miracle. En effet le contenu – ce qu’attendent d’abord les clients – n’a rien de révolutionnaire ; c’est comme avant, diront les mauvais esprits ! Bien sûr, on trouvera chaque vendredi la chronique de Yann Queffélec, mais ça le lecteur de base s’en fout, ça fait joli mais ça ne fait pas vendre. L’édition de Brest – navire amiral du Télégramme – brille par l’absence d’échos, de potins, de petits portraits. Toutes ces choses minuscules qu’adore le lecteur font défaut. Des choses vues et entendues qui fournissent des sujets de conversation – ce qu’on attend d’abord d’un quotidien local. On s’en tient à la routine, c’est-à-dire que les journalistes travaillent à l’agenda et n’ont pas l’air de courir après les sujets relevant de leur initiative.

Quant aux « unes », celles de la première semaine n’emballent personne. Là encore, on ne voit pas de changement. Pourtant avec les faits divers, il y aurait moyen de sortir des « unes » « dynamiques » – donc attractives sur le plan commercial. Pour ce faire, il suffit de fréquenter assidûment tribunal correctionnel et cour d’assises. Mais ça exige de sortir de son bureau !

Bernard Morvan

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