Opération Barkhane : le témoignage bouleversant d’un militaire

A LA UNE

Rennes. Une femme de 74 ans mortellement agressée au Blosne : des mineurs déjà connus de la justice arrêtés

Des mineurs âgés de 13 à 15 ans ont été placés en détention provisoire Rennes pour des faits de...

La plus ancienne représentation du roi Arthur se trouve-t-elle à Perros-Guirec ?

Perros-Guirec, la station des bords de Manche serait en possession d'une première mondiale : la première image connue du...

Flingues, rap afro-américain et saccage d’un château à Poligné (35). Le témoignage de la propriétaire

Le 10 juillet dernier, la location d'un château du sud de Rennes à ce qui devait être un groupe...

Tyrannie sanitaire. « Macron, Castex, Véran et toute leur clique, ont brisé mon engagement de pompier volontaire ». Témoignage

Notre rédaction compte un journaliste qui était pompier volontaire jusqu’au début de l’année 2021. Il ne l’est plus. Il...
Le général Bertrand Soubelet, ancien numéro 3 de la Gendarmerie nationale, a publié sur Facebook la lettre bouleversante d’un militaire de Barkhane.
«Je publie ce texte écrit par un militaire français déployé au sein de la force Barkhane, touché par la mort de ses frères d’armes mais lucide sur la situation de notre pays. Servir la France c’est d’abord l’aimer et défendre ce qu’elle est. Aujourd’hui défendre la France est un combat qui se déroule aussi et surtout sur le sol national.
Ce cri est celui des enfants de France qui s’adressent à une classe politique atone et à trop de nos compatriotes qui, au-delà de quelques secondes de considération, n’ont d’autre préoccupation que leur propre sort. » Ainsi s’exprime le général Bertrand Soubelet avant de publier in extenso la lettre d’un militaire de Barkhane.

Ces propos, initialement tenus dans un cadre privé, en disent long sur le jugement porté par de nombreux militaires sur les politiques qui dirigent notre pays et sur une part non négligeable de leurs concitoyens.

Texte de la lettre :

« L’heure n’est pas à la critique, mais au deuil.

Et si critique il doit y avoir par la suite, ne devrait-elle pas plutôt se produire sous forme d’introspection, pour une Nation qui envoie ses plus braves enfants à la mort afin de combattre au loin les racines du mal, ce même mal qu’elle laisse prendre racine en son sol ? !!!

Nos camarades sont morts dans l’exercice du métier qu’ils avaient choisi, un métier noble pour de nobles fils de France… C’est leur faire insulte que de laisser prospérer en terre de France les comparses de ceux qu’ils combattent.

Donner du sens, ce n’est pas trouver les mots qui font frissonner et verser des larmes dans la cours des Invalides. Donner du sens c’est faire preuve dans l’exercice des fonctions politiques, d’un courage équivalent à celui de ceux qui ont le sang versé…

Ce courage est garant de la notion de Patrie. De la mère Patrie, celle-la même dont nous célébrions encore il y a peu la puissance sacrificielle incarnée par les poilus. Car quelle digne mère donnerait son sein à ceux qui se réjouissent de la mort de ses fils? Ce faisant, peut être les dirigeants se montreront-ils à la hauteur de ceux qu’ils dirigent.
Pas de ceux qui râlent mais ne contribuent pas au Bien Commun, pas de ceux profitent du système, pas de ces parvenus qui crachent dans la main qui les nourrit, pas de ces égoïstes qui n’ont souci que de leur petite personne, vautrés dans leur confortable nombrilisme consumériste. Non pas ceux-là. Ceux-là sont les plaies d’une nation.

Non, il leur est un devoir de se montrer à la hauteur de ceux, parmi les citoyens, qui incarnent encore l’idée « qu’il n’y a pas de plus grand amour que donner sa vie pour ceux que l’on aime »…

Maintenant loin de tous ces soucis terrestres ayant trait au Bien Commun pour lequel vous êtes morts, puissiez-vous, chers camarades, reposer en paix dans la félicité éternelle que Dieu n’accorde qu’aux hommes justes et droits, aux nobles âmes…

Puisse-t-Il abreuver de Ses grâces vos veuves et orphelins qui, une fois l’éphémère souffle de l’émotion médiatique convenue retombé, se retrouveront bien seuls pour affronter un quotidien dans lequel personne ne se souciera plus d’eux, si ce n’est vos frères d’armes, et qui devront grandir en affrontant le choc de l’indifférence à l’héroïsme de leur père, ne pouvant sublimer en la cohérente beauté de leur Mère Patrie la perte d’un mari et d’un père…

France, quand cesseras-tu de faire souffrir ceux qui t’aiment en folâtrant avec ceux qui concourent à ta perte ?… »

Signé : Un militaire de Barkhane

Crédit photo :Thomas GOISQUE/Wikimedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 

 

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Football. Ligue 1, Ligue 2 : le point sur la rentrée des clubs bretons

La Ligue 2 vient de débuter, avec notamment le match entre Le Havre et Guingamp, et un beau match...

Onoda, un film tranchant comme un coup de sabre

Encore un film tiré d’« une histoire vraie », mais l’avertissement est ici nécessaire afin d’attester la véracité d’un...

1 COMMENTAIRE

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés

Sahel. Le Drian l’Africain fait ce qu’il peut

La croisade au Sahel dénommée « Barkhane » ne donne pas de bons résultats. Les djihadistes ont pour allés la corruption des gouvernants et la misère...

Mali. Opération Barkhane : une mise au point nécessaire

Les pertes cruelles que viennent de subir nos Armées -et qui ne seront hélas pas les dernières-, ont donné à certains l’occasion de s’interroger...

Terrorisme. La critique de l’opération Barkhane procède d’une erreur d’analyse

Les sanglantes attaques terroristes menées à Bamako le 20 novembre 2015 et à Ouagadougou le 15 janvier 2016, font dire à certains journalistes spécialisés...