AVENT #20 : un jeu à travers nos traditions !

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AVENT #20

Les oies sauvages

Tout est muet, l’oiseau ne jette plus ses cris.
La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

Voilà qu’à l’horizon s’élève une clameur ;
Elle approche, elle vient, c’est la tribu des oies.
Ainsi qu’un trait lancé, toutes, le cou tendu,
Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,
Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.

Le guide qui conduit ces pèlerins des airs
Delà les océans, les bois et les déserts,
Comme pour exciter leur allure trop lente,
De moment en moment jette son cri perçant.

Comme un double ruban la caravane ondoie,
Bruit étrangement, et par le ciel déploie
Son grand triangle ailé qui va s’élargissant.

Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,
Engourdis par le froid, cheminent gravement.
Un enfant en haillons en sifflant les promène,
Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.
Ils entendent le cri de la tribu qui passe,
Ils érigent leur tête ; et regardant s’enfuir
Les libres voyageurs au travers de l’espace,
Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.
Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,
Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,
À cet appel errant se lever grandissantes
La liberté première au fond du cœur dormant,
La fièvre de l’espace et des tièdes rivages.
Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,
Et jetant par le ciel des cris désespérés
Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.

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Quel est l’auteur de ces vers, romancier normand ayant passé une vie à peindre ses œuvres avec réalisme, tout en les teintant de nuances irréelles et presque fantastiques ?

>> La réponse ? Demain !

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Réponse de la veille

AVENT #19 : Frédéric Mistral (1830-1914), écrivain provençal.

Frédéric Mistral en 1885 par Félix-Auguste Clément (1826-1888).
Frédéric Mistral en 1885 par Félix-Auguste Clément (1826-1888).

Membre fondateur du Félibrige (mouvement œuvrant pour la langue, la culture et l’identité des pays de langue d’oc), Frédéric Mistral reçoit en 1904 le prix Nobel de littérature pour Mirèio (Mireille en français). Texte de AVENT #19 extrait de Moun espelido, Memòri e raconte (1906), écrit en provençal puis traduit en français par Frédéric Mistral lui-même (Mes origines, Mémoires et récits).

Ce texte reprend la cérémonie du Cacho-fiò, rite provençal ancestral par la suite christianisé. Dans les foyers, le plus âgé et le plus jeune portaient au feu une bûche d’arbre fruitier, symbole du feu du soleil qui reviendra après la longue nuit du solstice d’hiver. La bûche était bénie. Une triple libation de vin cuit était effectuée, tandis que l’ancien prononçait les paroles traditionnelles énoncées dans les lignes ci-dessous par le père de Frédéric Mistral.

La version en provençal :

Lou Cacho-fiò

Fidèu is us ancian, ah ! pèr éu la majo fèsto èro la vèio de Nouvè. Aquéu jour, de bono ouro, li bouié desjougnien. Mamaire ié dounavo, en chascun, dins uno servieto, uno bello fougasso à l’òli, uno roundello de nougat, uno jounchado de figo seco, un froumajoun, un àpi, em’uno fiolo de vin kiue. E, quau d’eici e quau d’eila, tout acò gratavo camin, pèr ana pausa cacha-fiò, dins sis endré, à sis oustau. Au mas noun demouravo que li pàuri marrit qu’avien ges de famiho ; e meme, de parènt, quauque vièi jouvenome, arribavon de fes, au toumba de la niue, en disènt :

« Bòni fèsto ! venian pausa, cousin, cacho-fiò ‘mé vous-autre. »

Tóutis ensèn anavian querre, jouious, lou Cacho-fiò — que falié que fuguèsse, sèmpre, un aubre fruchau. L’adusian dins lou mas, tóuti arrengueira, lou plus einat d’un bout, iéu lou cago-nis de l’autre ; tres cop ié fasian faire lou tour de la cousino ; pièi, arriba davans la lar o paiasso dóu fiò, soulennamen moun paire i’escampavo dessus un vèire de vin kiue, en disènt :

Alègre ! alègre,
Mi bèus enfant, Diéu nous alègre !
Emé Calèndo tout bèn vèn…
Diéu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !

E tóuti cridavian : « Alègre ! Alègre ! Alègre ! » e’m’acò se pausavo l’aubre sus li cafiò e, tant lèu resplendènto partié la regalido :

Cacho-fiò,
Bouto fiò,

disié moun paire en se signant, e tóuti nous metian à taulo.

Cérémonie du cacho fio
Cérémonie du Cacho-fio.

Oh ! la taulado santo, veritablamen santo, emé, tout à l’entour, la famiho coumplèto, pacifico e urouso ! En liogo dóu calèu, pendoulant de la moco, que, dins lou courrènt de l’an, menut, nous fasié lume, aquéu jour, sus la taulo, brihavon tres candèlo… E lou mou, se viravo, pèr cop, de-vers quaucun, acò ‘ro uno marrido marco. De chasque bout, dins un sietoun, verdoulejavo un bruei de blad que, lou jour de santo Barbo, s’èro mes greia dins l’aigo. Sus la triplo touàio bianco pareissien, à-de-rèng, li plat sacramentau : li cacalauso, que chascun, em’un long clàvèu nòu, tiravo dóu cruvèu : la merlusso fregido, loù muge emé d’óulivo, la cardo, li cardoun, l’àpi à la pebrado, segul d’uno sequèlo de privadié requisto, coume fougasso à l’òli, passariho, nougat, poumo de paradis ; e, au-dessus de tout, lou gros pan calendau — que noun s’entamenavo qu’après n’avé douna, religiousamen, un quart au proumié paure que passavo.

La vihado, en esperant la messo de miejo-niue, èro longo, aquéu jour, e loungamen, autour dóu fiò, se ié parlavo dis ancian e se lausavo sis acioun.

Crédit photo : Wikipedia (CC)
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