Pont-Aven. « Corneille, un Cobra dans le sillage de Gauguin » en février au Musée

Gauguin

Au Musée de Pont-Aven, une exposition intitulée Corneille, un Cobra dans le sillage de Gauguin sera présentée du 1er février au 24 mai 2020. Elle retracera le parcours de Corneille au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

Corneille à l’honneur au Musée

En 2018, le Musée de Pont-Aven avait organisé une grande rétrospective Cobra, du nom de ce groupe artistique expérimental hollandais, anagramme des initiales des capitales, Copenhague, Bruxelles et Amsterdam. Une aventure collective qui réunira entre 1948 et 1951 des artistes et des poètes principalement danois, belges et néerlandais.

Le peintre, graveur, sculpteur et céramiste hollandais Guillaume Corneille van Beverloo, plus connu sous le nom de Corneille, va faire partie des fondateurs de ce mouvement. Tandis que l’artiste est décédé en 2010, le Musée de Pont-Aven va lui rendre hommage à travers une exposition Corneille, un Cobra dans le sillage de Gauguin, présentée du 1er février au 24 mai 2020. Le parcours de Corneille au cours de la seconde moitié du XXe siècle sera alors retracé. Mais ce sera aussi l’occasion de découvrir la filiation qui lie son oeuvre à celle de Paul Gauguin et à Pont-Aven, où Corneille se rendit à plusieurs reprises.

En 1950, alors qu’il fait partie des jeunes membres du groupe Cobra, Corneille (1922-2010) vient à Pont-Aven sur les traces de Paul Gauguin (1848-1903) dont il admire la peinture. Il revient en Bretagne en 1960 lors d’un séjour estival à Beg-Meil. Corneille aime les villages bretons qui lui rappellent la Hollande. Il apprécie tout particulièrement Pont-Aven où Gauguin a lui aussi séjourné. En 2002, une exposition en sa présence lui est consacrée. Mais, c’est surtout la présence du souvenir du maître de l’École de Pont-Aven qui le fascine. En dédiant sa vie entière à la peinture et à son goût des voyages lointains, Gauguin fut pour Corneille un maître dont il n’oublia jamais l’héritage artistique.

Corneille dans le sillage de Paul Gauguin

En déclarant à la fin du XIXe siècle qu’il fallait « tout oser » et qu’il était « un enfant et un sauvage », Gauguin fut le premier à libérer la couleur et à revendiquer dans sa peinture une forme de « primitivisme » inspiré des arts extra-occidentaux et des traditions populaires qu’il avait observés lors de ses séjours en Bretagne, à Tahiti et aux Îles Marquises.

Pour Corneille, Gauguin est, avec Vincent van Gogh, le peintre qu’il admire le plus. Son oeuvre est à ses yeux un repère essentiel
dans l’histoire de l’art. En 1948, lors de son premier voyage en Afrique, il écrit : « La mer est d’une couleur incroyable, d’un vert transparent comme un aquarium illuminé, […] la plage est rose telle que je l’avais vue dans une peinture de Gauguin (Tahiti). » (Lettre de Corneille à Louis Tiessen, Tunis, 17 mai 1948).

À travers l’art de Gauguin, Corneille perçoit le monde autrement. Il y trouve les fondements de sa propre peinture. Dès les années
Cobra, en s’inspirant des dessins d’enfants, des arts « primitifs » et des arts populaires, il s’inscrit dans le sillage du grand maître.
Les formes simples de ses oeuvres peintes avec des couleurs pures dérivent du « primitivisme » de Gauguin. En 1948, les jeunes
peintres de Cobra qui se comparent à des « sauvages » ou à des « barbares civilisés » sont les héritiers du maître de Pont-Aven.

Dans les années soixante-dix, les nus féminins peints par Corneille dans des paysages luxuriants de couleurs et de végétation sont
un autre écho de son admiration pour les vahinés de l’artiste de Tahiti. Corneille partage avec lui le goût de l’ailleurs qui le conduit à séjourner longuement en Afrique, en Amérique du Sud, aux États-Unis, aux Antilles, en Asie et en Indonésie. De même que l’expérience de Tahiti a transformé la peinture de Gauguin, les voyages de Corneille à travers le monde sont pour lui une quête de liberté personnelle et artistique. Ils lui permettent de vivre différemment et de découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux paysages qui renouvellent son art.

Pont-Aven : 74 œuvres de 1944 à 1987

L’exposition réunit 74 oeuvres (32 peintures, 2 sculptures, 38 oeuvres d’art graphiques, 2 céramiques) exécutées par Corneille entre 1944 et 1987 ainsi qu’une grande œuvre peinte à quatre mains par Corneille et Walasse Ting en 1987. Le parcours de l’exposition s’organise en sept sections qui retracent chaque grande période chronologique de l’oeuvre de Corneille. La première est consacrée à ses séjours à Pont-Aven. À l’aide d’un imagier des oeuvres de Gauguin, elle met en lumière les correspondances artistiques qui lient l’art de Gauguin à celui de Corneille.

Pont-Aven
Pays breton, 1961. Huile sur toile, 41 × 41 cm. Collection particulière @ADAGP Paris, 2020

L’exposition au Musée de Pont-Aven porte un nouveau regard sur l’oeuvre de Corneille et reconsidère l’ensemble de sa création à la lumière de ses nombreux voyages, de sa collection d’art africain, de ses collaborations artistiques et de ses écrits personnels.

Crédit photos : Flickr (CC BY 2.0/Jean-Pierre Dalbéra)
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