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Selon un nouveau rapport de l’American Cancer Society [NDLR : Société américaine du cancer], le taux de décès dus au cancer aux États-Unis a continué de baisser pour la 26e année consécutive. Et enregistre même une diminution historique !

Des chiffres encourageant outre-Atlantique

De 2016 à 2017, les États-Unis ont connu une chute de 2,2 % du nombre total de décès dus au cancer. Une nouvelle encourageante publiée le 8 janvier en Californie dans le rapport « A Cancer Journal for Clinicians ». « Il s’agit de la plus forte baisse jamais enregistrée en une seule année ! », a expliqué Rebecca Siegel, directrice scientifique de la recherche sur la surveillance à l’American Cancer Society.

Cette baisse est, en bonne partie, attribuable au fait que le taux de mortalité lié au cancer du poumon a connu une diminution drastique depuis 1990. En effet, le taux de mortalité lié à ce cancer a chuté de 51 % chez les hommes depuis 1990 et de 26 % chez les femmes depuis 2002, ont précisé les chercheurs.

Cette baisse continue du nombre de décès causés par un cancer est donc bien une tendance de fond aux États-Unis. Et « cette tendance ne montre aucun signe d’affaiblissement », confirme le docteur Ned Sharpless, directeur de l’Institut national du cancer (NCI).

Cancer du poumon : la plus forte baisse

Dans l’ensemble, le taux de mortalité lié au cancer aux États-Unis a chuté de 29 % entre 1991 et 2017. Outre le cancer du poumon, la baisse constante des décès dus aux cancers colorectal, du sein et de la prostate contribue également à l’amélioration des chiffres. Quant à leur mode de calcul, les taux basés sur le nombre de décès par cancer pour 100 000 personnes aux États-Unis.

En ce qui concerne la diminution de mortalité lié au cancer du poumon, Rebecca Siegel a une explication : « cela reflète les améliorations dans le traitement du cancer du poumon sur tout le continuum, des améliorations de la stadification aux progrès des techniques chirurgicales, aux améliorations de la radiothérapie, toutes ces choses se rejoignant ».

Par ailleurs, sur la durée de l’étude (entre 2016 et 2017), le taux de mortalité par cancer du poumon a chuté de 4 %. Une baisse qui n’est que de 1,4 % concernant les autres cancers. À savoir que le cancer du poumon est la deuxième cause de décès aux États-Unis, derrière les maladies cardiaques.

Des espoirs depuis 2017, des inquiétudes pour la prostate

D’autre part, il faut aussi tenir compte du fait que le rapport en question ne comporte pas de données après 2017. Or, l’impact de plusieurs des immunothérapies relativement nouvelles pour le cancer du poumon, ainsi que de nouveaux traitements ciblés, n’a pas encore été entièrement pris en compte dans les données sur la mortalité. Ce qui incite les chercheurs à penser que les chiffres de la mortalité liée au cancer du poumon vont continuer à s’améliorer pendant quelques années.

Enfin, le document de l’American Cancer Society indique que les progrès ont ralenti pour le cancer du sein et le cancer colorectal chez la femme, et se sont globalement stabilisés pour le cancer de la prostate au cours de la dernière décennie. Le nombre de nouveaux cas de cancer du sein a augmenté d’environ 0,3 % par an depuis 2004, une hausse liée en partie à la baisse des taux de fécondité et à l’augmentation de l’obésité.

Dans le cas du cancer de la prostate, le nombre de nouveaux cas a chuté brusquement de 2007 à 2012, ce qui est lié en partie à la diminution de l’utilisation des tests sanguins pour l’antigène prostatique spécifique (APS) pour dépister ces cancers. Selon certaines études, la baisse du nombre de nouveaux cas pourrait masquer l’augmentation des cancers plus graves.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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