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Un de nos lecteurs, nous adresse une tribune libre sur la PMA. Nous la reproduisons ci-dessous.
J’ai rencontré ce matin Devant la haie de mon champ, Un Français armoricain, Qui m’a dit son sentiment.
Mon Parti
Mon parti, globalement opposé à la loi Taubira en 2012-13, a fini par accepter la loi Taubira. Puisque la loi a été votée, mon parti l’a acceptée. Les cadres de mon parti sont comme cela, ils évoluent. Pourtant ils n’avaient pas vraiment les convictions des autres (socialistes), ou plutôt ils ont eu les mêmes convictions mais pas au même moment.
Les cadres de mon parti sont plus progressifs, ils sont libéraux. Ils ne veulent pas être l’avant-garde du progrès. Ils ont besoin que d’autres, les socialistes, montrent la voie des convictions d’avenir, pour pouvoir y adhérer à leur rythme. Oui au progressisme, mais pas trop vite. Et puis ce n’est pas facile de renier comme ça des convictions ancestrales.
Aujourd’hui, beaucoup de cadres de mon parti deviennent audacieux et anticipent sur l’avenir : ils disent qu’il faut accepter la loi PMA avant son vote, et évoluer dès maintenant. Inutile d’attendre le vote de la loi PMA, autant l’accepter toute de suite. Les cadres de mon parti évoluent d’avance, ils sont devenus très prévoyants.
Je connais un autre parti, opposé officiellement à la loi PMA. Ce parti a décidé de ne pas parler de cette loi. Comme la campagne des municipales approche, ce parti parle des sujets qui sont importants, donc il ne parle pas de la loi PMA.
Mon Président
J’ai voté pour le Président. Il est pour la PMA et la loi PMA, dont mon voisin me dit qu’elle opère une destruction sociale en créant une famille sans père, et demain sans mère avec la GPA.
Moi je pense aux prochaines élections municipales de mars 2020. J’espère que mon Président va bien s’en tirer, car c’est son premier test et son parti doit absolument faire des gros scores.
Si l’opposition à la loi PMA grandit, elle risque d’ébranler mon Président et lui garantir une défaite électorale. Le calendrier tombe mal, c’est vrai ; c’est dommage pour la famille, mais tant pis, ce qui compte c’est le Président. Après tout, Macron vaut bien un sacrifice de la famille. Je suis sûr que ce sacrifice vaut le coup.
En tout cas j’espère que la loi de réforme des retraites va passer, ça c’est vraiment fondamental. Vivement que cette loi passe. Vivement aussi que la loi PMA passe, encore quelques mois et mon Président sera sain et sauf.
Et puis mon voisin ne m’embêtera plus, ou plutôt ma conscience ne m’embêtera plus, car en ce moment je n’ai pas la conscience très tranquille, c’est vrai. Les conservateurs comme mon voisin sont énervants, à chaque fois ils font exprès de défendre des convictions qui sont celles de ma conscience mais pas celles que je choisis, et c’est très désagréable.
Ma Paroisse
J’aime bien mon curé, et je tiens à écouter et appliquer son enseignement. Je suis rassuré et conforté dans mes choix, car mon curé ne critique pas la loi PMA et ne dit pas qu’il faut s’y opposer. Mon voisin lui a demandé sa position et il a dit qu’il était neutre.
Je pense que mon curé est un peu comme les cadres de mon parti, il évolue sagement mais il ne peut pas le dire à des gens qui sont trop convaincus et pas assez fins pour comprendre cette évolution. Mon curé est en marche, lui aussi.
Mon curé est très ouvert aux questions sociales : je l’entends souvent parler d’accueil, de tolérance, notamment envers les migrants. Il ne parle pas des valeurs sociales du christianisme, par contre : dignité de la vie, place et défense de la famille par exemple. Je pense aussi qu’il est neutre sur ces questions.
Dans ma paroisse les fidèles ne s’opposent pas à la loi PMA ; ils font confiance à leur curé. Autrefois notre ancien curé rappelait souvent le devoir des chrétiens de s’engager dans la Cité pour promouvoir et défendre même à contre-courant, les valeurs et institutions morales naturelles du christianisme. Le nouveau curé n’en parle pas, mais il parle au nom de l’Eglise, alors moi aussi je lui fais confiance.
Il me dit que c’est folie, De toucher à son Macron, Moi je dis que c’est folie, De renier sa conviction. Je monterai à Paris , Contre la loi PMA Car de mon coeur a jailli, L’oriflamme du papa
Marcouf de SEGONS
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