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Est-ce que l’on se dirige (enfin) vers la fin des substances nocives dans les couches de nos chères têtes blondes ? L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient d’ouvrir une « consultation des parties prenantes » en vue de leur interdiction au niveau européen.

Un an après son rapport pointant des risques sanitaires liés à la présence de substances chimiques dans les couches pour bébés, l’objectif est donc d’interdire ou limiter la présence d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), de dioxines, furanes, PCB et de formaldéhyde dans les couches.  Ce dossier de restriction sera soumis en octobre 2020.

Substances nocives dans les couches : vers une restriction au niveau européen ?

Jusqu’à fin mars 2020, une « consultation des parties prenantes » est ouverte au sujet de la nocivité des couches. Elle devrait servir à préparer une proposition de restriction des substances nocives que la France a l’intention de soutenir auprès de l’ECHA (Agence Européenne des Substances Chimiques). L’idée est d’inscrire l’interdiction de ces substances dans les règlements européens REACH (enRegistrement, Évaluation et Autorisation des produits CHimiques).

Cette consultation a été ouverte un an après que l’Anses a publié une étude sur la présence de ces substances au sein des couches pour bébés de grandes marques. Au regard des risques que peuvent présenter ces substances pour la santé des bébés, l’Anses recommandait de les éliminer ou de réduire au maximum leur présence dans les couches jetables.

Au total, 23 références de couches pour bébé en vente sur le marché français ont été analysées entre 2016 et 2018. « Ces analyses ont mis en évidence la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés. Certaines de ces substances sont ajoutées intentionnellement, telles que des substances parfumantes qui peuvent entraîner des allergies cutanées. D’autres substances identifiées peuvent provenir de matières premières contaminées ou de procédés de fabrication (PCB-DL, furanes et dioxines, HAP) », précise l’Agence.

Les recommandations de l’ANSES

Pour éviter les risques d’expositions à ces substances chimiques, l’ANSES recommande aux fabricants de « supprimer l’utilisation de toutes substances parfumantes, en priorité celles susceptibles de présenter des effets sensibilisants cutanés », de « mieux maîtriser l’origine des matières premières naturelles qui peuvent être contaminées avant même la fabrication, et enfin, d’améliorer les procédés de fabrication des couches. »

Vers une réduction de TVA pour les couches saines ?

Trois fabricants de couches pour bébé, appartenant au groupe Naturopera, lancent une pétition pour demander au gouvernement une réduction de la TVA à 5,5 % sur les couches écolos. En effet, les marques bio Tidoo, Libellys, et Carryboo, vendues dans les réseaux de distribution bio, en pharmacie ou en grande surface, rappellent qu’il s’agit d’un produit « de première nécessité », et souhaitent que ces couches soient accessibles au plus grand nombre de parents. Cette pétition en faveur des couches bio reçoit bien entendu l’assentiment de nombreux parents puisque cette diminution de la TVA serait répercutée sur le prix de vente des consommateurs.

Toutefois, une enquête menée dans son numéro d’octobre 2018 par l’UFC-Que Choisir montrent que les couches dites « écologiques » ne sont pas forcément dépourvues de substances toxiques.

Dans tous les cas, une question se pose également : l’interdiction des substances nocives est une excellente chose. Mais qui paiera, qui sera condamné, pour l’exposition de nos enfants, depuis des décennies, à des poisons ? On nous fait signe dans l’oreillette que les accusés sont aux abonnés absents…

YV

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