Bloody Sunday, 30 janvier 1972 à Derry. Des images rares sur ce qu’il s’est passé

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 30 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

34 000 € réunis sur 60 000 € (57 %) — il manque encore 26 000 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 30 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

30 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information ASPA : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

Il y a 48 ans, Derry/Londonderry était le théâtre d’une journée d’horreur comme l’Irlande du Nord en a malheureusement trop connu durant des décennies par la suite, jusqu’aux accords du Vendredi saint, en 1998. Retour sur cette journée sanglante et sur les évènements qui ont suivi.

Voici des images d’archives rares, qui viendront compléter ce que l’on possède déjà sur le Bloody Sunday.

Le Bloody Sunday 1972 : retour sur un dimanche de sang

30 janvier 1972 : une marche est organisée par l’organisation pour les Droits civiques (organisation pacifiste calquée sur le modèle des Afro-Américains, à distinguer d’ailleurs du mouvement nationaliste et républicain qu’elle n’englobe pas tout à fait, tandis qu’elle contient également des protestants). Elle doit partir du Central Drive de Creggann pour traverser le quartier nationaliste du Bogside en empruntant le pont qui longe le quartier pour se terminer sur Guildhall Square. Mais les autorités anglaises déclarent la manifestation illégale, et l’armée britannique se déploie, notamment dans le Bogside.

Des parachutistes de l’armée britannique sont ainsi aux côtés de la RUC avec leurs blindés. Du côté des manifestants, nombreux, on trouve aussi bien des familles que des jeunes agités voulant en découdre mais aussi des membres de l’IRA, veillant à la sécurité des habitants. On atteint les 10 000 participants.

Rapidement, les slogans se transforment en affrontements, un classique, entre manifestants et soldats. Qui répliquent par des tirs de balles caoutchouc, ancêtres du LBD40. Puis les canons anti-émeutes entrent en action, avant que des tirs à balles réelles ne débutent… le massacre des manifestants débutant alors.

Quelques heures plus tard, le bilan est lourd, outre les dizaines de blessés graves.

Les victimes du Bloody Sunday

  • John Johnston, 59 ans. Le premier touché, il ne décèdera que plusieurs jours après.
  • Jack Duddy, 17 ans. Tué alors qu’il traversait en courant Rossville Street.
  • Michael Kelly, 17 ans. Reçu une balle dans l’estomac, il mourut après plusieurs minutes.
  • James Wray, 22 ans. Fut blessé en traversant Glenfada Park. Achevé à bout portant.
  • Gerald McKinney, 35 ans. Reçu une balle en pleine poitrine alors qu’il se rendait aux soldats mains au dessus de la tête à Glenfada Park.
  • William McKinney, 26 ans. Tué alors qu’il porte secours à Gerald MacKinney.
  • Gerald Donaghey, 17 ans. Frappé à l’abdomen. Décède sur le chemin de l’hôpital.
  • John Young, 17 ans. Fauché par une balle en pleine tête.
  • Michael McDaid, 20 ans. Même sort que John Young au même endroit.
  • William Nash, 19 ans. Toujours au même endroit, sur Rossville Street, reçoit une balle en pleine poitrine.
  • Patrick Doherty, 31 ans. La balle rentre par la fesse, lui traverse l’estomac et ressort par la poitrine. Il meurt sur le coup.
  • Bernard McGuigan, 41 ans. La balle pénètre l’arrière de la tête et le tue instantanément.
  • Hugh Gilmour, 17 ans. La balle le traverse de part en part alors qu’il rampe vers Rossville Street.
  • Kevin McElhinney, 17 ans. La balle voyage à travers son corps, rentrant par l’anus et ressortant par son épaule.
  • Patrick O’Donnel, Patrick McDaid, Alex Nash, Patrick Campbell, Peggy Deery, Daniel McGowan, Michael Bridge, Michael Quinn, Joseph Mahon, Joseph Friel et Michael Bradley furent blessés par balle.

Deux versions existaient alors :

  • selon les Britanniques, les parachutistes auraient essuyé des tirs de la part de l’IRA auxquels ils auraient riposté ;
  • selon les manifestants, l’armée britannique a délibérément tiré sur une foule désarmée.

La première enquête blanchira l’armée britannique. Alors même qu’aucune arme de l’IRA ni aucune preuve de l’ouverture des hostilités de la part du groupe armé irlandais n’a été prouvée. Aucun soldat britannique n’a par ailleurs été tué ou gravement blessé ce jour-là, une journée qui fit gonfler sérieusement les rangs de l’IRA, et à laquelle succéda une campagne d’attentats sanglants, dans Belfast et en Irlande du Nord, puis un enchaînement de représailles, d’attentats loyalistes en réaction à l’IRA, de règlements de comptes divers.

En 1997, des soldats britanniques, couverts par l’anonymat, expliquent que les paras ont tiré sur la foule, contredisant la thèse de la réplique ciblée. L’enquête fût réouverte et confiée au juge Mark Saville, assistés de magistrats canadien et australien. Entre 1998 et novembre 2004, 921 témoins furent audités et 1 555 témoignages écrits furent examinés. Plusieurs soldats avoueront avoir menti lors de leurs dépositions précédentes et reconnaîtront que les victimes étaient désarmées.

Le rapport Saville publié en 2010 lave finalement l’honneur des victimes, et David Cameron, alors Premier ministre, présente ses excuses pour des actes  injustifiés, et injustifiables . Quarante-huit ans après le drame qui a coûté la vie à quatorze personnes à Derry-Londonderry, en Irlande du Nord, les familles des victimes sont toujours en quête de justice et réclament que les soldats britanniques soient jugés, ce qui est à l’origine de protestations de la part des loyalistes et des unionistes qui voient en eux des héros ayant obéi aux ordres de la Couronne britannique. Ce dossier, en réalité, est loin d’être refermé et toujours sujet à tensions entre les communautés (dans de nombreux quartiers loyalistes de Belfast, des drapeaux en hommage au Soldat F, soldat britannique que des preuves permettraient de juger tout seul pour le Bloody Sunday, sont fréquemment déployés).

Quoi qu’il en soit, les chiffres parlent d’eux même, bien au-delà des communautés, protestantes comme catholiques, loyalistes comme républicains, qui ont été durement touchées par la guerre civile et par les Troubles. De 1968 à 1998, le bilan des Troubles se chiffre à 3 500 morts (dont 1 932 civils)… Une cicatrice de plus, au cœur de l’Europe.

YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Sport

Route du Rhum : Francis Joyon chavire et est secouru par un cargo, Caudrelier casse un foil

International, Religion

Chine : les catholiques clandestins, oubliés de l’accord entre le Vatican et Pékin ?

Politique

Marion Maréchal, ou l’art de rester dans la famille

Sociétal

Deux poids, deux matraques. Schneidermann et la liberté de la presse à géométrie variable

A La Une, Sociétal

Keith Woods : « La modernité n’a pas créé le nationalisme, elle l’a libéré »

Rugby, Sport

URC : Glasgow, seul invaincu, prend la tête du championnat celte

Culture, Culture & Patrimoine

Les Misérables de Fred Cavayé : un grand film populaire, et un Hugo passé au filtre de 2026

International, Tourisme

The Way to Jerusalem (4) : abbaye française, mont Herzl et dernier tampon à la porte de Jaffa

Sociétal, Société, Tribune libre

32 % des LGBT voteraient à l’extrême droite en 2027 ? Le grand bluff de la « communauté LGBT » [L’Agora]

LA BAULE

La Baule : Claude Janvier en conférence sur « la haute finance et son emprise sur le monde » le 14 novembre

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

A La Une, Sociétal

Keith Woods : « La modernité n’a pas créé le nationalisme, elle l’a libéré »

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire

Irlande à jamais ! Camille Le Mercier d’Erm, l’ode bretonne aux insurgés de Dublin

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire

Irlande, Écosse : quand le réveil celtique de 1892 regardait déjà vers la langue

Découvrir l'article

A La Une, Culture, Culture & Patrimoine, Tourisme

Pierre Joannon : « Le Connemara était, en quelque sorte, notre Arche de Noé » [Interview]

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine, International

« Le Promeneur du Connemara » : Pierre Joannon, l’Irlande de l’intérieur

Découvrir l'article

Rugby, Sport

URC : le Leinster renverse le Munster, Édimbourg toujours invaincu en tête

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire

Istor Breizh n° 6 : comment la Bretagne a fait le deuil de la Grande Guerre

Découvrir l'article

Rugby, Sport

URC : Édimbourg seul invaincu et en tête, doublé écossais au classement

Découvrir l'article

Rugby, Sport

URC : les Sharks seuls en tête après 2 journées, Leinster tombe à Durban

Découvrir l'article

Culture, Culture & Patrimoine, International, Patrimoine

La BBC lance « Baile », ur road-movie ambitieux en langue irlandaise

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.