Nous ignorons si Johanna Rolland, la maire PS de Nantes, en campagne pour sa réélection, a lu notre article sur les cinq raisons pour une rénovation urgente du marché de Talensac, ou si la période électorale rend plus audible les récriminations des commerçants, surtout dans un quartier où le PS a fait des scores historiquement bas aux européennes, mais le fait est là : des travaux seront menés cette semaine sur les couvertures du marché de Talensac, bien mal en point.

Ce mardi, dans l’après-midi, l’entreprise Guesneau couverture a nettoyé les toits – plats et légérement en courbe – du marché, notamment du petit arbre qui poussait dans les gouttières au-dessus des bennes, sur le côté Basse-Porte (sud). « Le toit est en mauvais état, il accuse son usure, y a des trous et des infiltrations un peu partout », relève un couvreur. Les travaux suivants conduiront à boucher ces trous et ces sources d’infiltration.

Selon les commerçants, il y a au moins quatre points noirs dans le marché : au-dessus du banc Beillevaire, du marchand de plats préparés en bas du marché, de l’ex-banc Cossard tout en haut au milieu (côté rue de Bel Air) et de la jambonnerie corse (ex-Bourrasseau). Des infiltrations au droit d’une gouttière sont aussi visibles sous l’auvent côté rue Talensac (côté lycée), à peu près à mi-pente.

Du reste, ce ne sont pas les seuls problèmes relevés par les commerçants. « l’Etat général du marché ne donne pas envie d’y aller », relève un commerçant de l’intérieur. « Vu le budget d’entretien annuel, moins de 100.000 €, ils n’ont pas les moyens de remplacer quelque chose qui tombe en panne. Alors ils rafistolent, ils bricolent, mais l’infrastructure continue de s’user alors qu’il y a besoin de rénover durablement », explique un autre.

« Le dimanche matin surtout, on s’installe sur de la pisse et de la gerbe », se récrimine un commerçant sous les auvents, côté producteurs. « C’est dégueulasse, et quand on veut nettoyer, le placier nous dit trois fois sur quatre qu’il n’y a rien, alors qu’il y a des branchements d’eau et des tuyaux ». Et même de la javel dans le local au fond de l’auvent, côté rue Talensac. « Puis il y a les lampes aussi : on s’installe dans le noir quasiment. Mais on nous a répondu que comme il faut une nacelle pour les changer, il faut qu’il y en ait plusieurs dizaines en panne pour les remplacer d’un coup ».

Talensac n’est du reste pas le seul marché où les commerçants se plaignent de l’état des infrastructures. Au marché des Américains, près de l’église Sainte-Thérése, les pannes électriques sont récurrentes, et les fils qui courent à terre à travers l’allée, se brancher de l’autre côté de la rue, aussi. « Et même quand ça marche, il n’y a pas assez de puissance électrique. Il faut parfois bricoler et aller se brancher sur deux bornes à la fois », résume un commerçant.

« Les bornes de branchement électrique datent de Mathusalem, il n’y en a pas assez, ce n’est pas entretenu. Et puis si ça tombe en panne à 11h30 ou midi, on peut se brosser : pas d’électricité jusqu’à la fin du marché, circulez, y a rien à voir ! Vu le prix qu’on paye du mètre, s’il faut encore qu’on vienne avec des groupes électrogènes et de l’essence, c’est un peu pousser le bouchon au-dessus du cercle polaire arctique ».

Pour cet autre commerçant, « je vote à Nantes et cette fois, je vais bien voter. Vivement que la mairie change, puisqu’il faut ça pour qu’on soit entendu et qu’il fasse des travaux nécessaires. L’électricité, faut pas plaisanter avec, un jour, ça va mal finir ». Avec un arc électrique dans les urnes pour une certaine maire PS candidate, visiblement…

Louis Moulin

Illustration : DR
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