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MAJ : 13 février 2020 : L’exploitant agricole d’Ambrières a été mis en examen pour tentative de meurtre et placé en détention provisoire. Son maintien a détention a été débattu ce jeudi matin. Au terme de l’audience, le tribunal a décidé d’accepter la demande de libération de l’agriculteur, et de le placer sous contrôle judiciaire en attendant le procès.

D’autres conditions à sa remise en liberté sont imposées : il ne doit pas paraître dans le département de la Marne, il ne doit pas sortir de France, il ne doit pas rentrer en contact avec la victime et les mis en cause et ne pas détenir d’arme. Gérard Chemla, son avocat, a rappelé que son client dénonçait depuis des mois les vols de carburants.

A noter qu’aucune personnalité politique ne l’a soutenu. Et que seule la solidarité chez les agriculteurs et notamment avec la mobilisation de la FDSEA locale semble avoir payé.

C’est un nouveau drame qui semble être une conséquence de l’abandon des citoyens par l’État qui s’est déroulé à Ambrières, dans la Marne, dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Un agriculteur a été réveillé dans son sommeil par son dispositif anti intrusion.  Après avoir appelé la gendarmerie, premier bon réflexe, il s’est rendu sur son exploitation pour voir ce qu’il se passait, armé d’un fusil. Tous les agriculteurs victimes de multiples vols, incendies, pillages savent le traumatisme que représentent ces actes de délinquance, et le stress que représente le fait d’être réveillé en pleine nuit, et de se retrouver face à des inconnus.

Surprenant les cambrioleurs avant l’arrivée de la gendarmerie, l’agriculteur tire alors deux coups en l’air, pour les faire fuir, puis une fois dans la direction des voleurs, atteignant un jeune de 19 ans, touché à l’intestin grêle et au colon. Ce dernier est aujourd’hui entre la vie et la mort (il appartiendrait à la communauté des Gens du voyage).

Après l’arrivée des gendarmes, l’agriculteur a été arrêté puis mis en examen pour tentative d’homicide volontaire et placé en détention provisoire. L’information judiciaire, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Reims, est également ouverte pour vol pour identifier et retrouver les voleurs.

Cet agriculteur, comme plusieurs de ses voisins, avait déposé de nombreuses plaintes pour des vols de carburant multiples dont il avait été victime depuis plusieurs années. Des plaintes qui n’avaient rien donné.

Le soutien de la FNSEA

La FNSEA a apporté son soutien, via un communiqué, à cet agriculteur, dont la vie est aujourd’hui brisée du fait de l’inaction de l’État qui l’a poussé à se défendre et à défendre le fruit de son travail :

Jean-Louis Leroux est agriculteur et éleveur naisseur-engraisseur de bovins viande à Ambrières. C’est un homme serviable, engagé professionnellement au service des autres. Il est président communal  FDSEA à Landricourt et Ambrière depuis 2014, administrateur de la FDSEA de la Marne en tant que coprésident du canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont (depuis 2017). Il subit, comme de nombreux agriculteurs, de multiples vols.


A chaque fois, il a toujours appelé la gendarmerie, déposé plainte et fait confiance aux autorités et à la justice. D’une façon générale, la profession a alerté de nombreuses fois les autorités chargées de la Sécurité publique (Préfecture, Gendarmerie) sur une situation qui dure depuis trop longtemps. Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, Jean-Louis Leroux a été réveillé dans son sommeil par une alerte. Il n’a pas décidé de faire la justice lui-même, mais simplement essayé de retenir ses agresseurs jusqu’à l’arrivée des gendarmes. C’est malheureusement un drame pour les deux familles. La FDSEA accompagnera au mieux la famille de Jean-Louis Leroux.

Cette affaire de légitime défense de sa propriété, de son entreprise, de son exploitation, n’est pas sans rappeler l’affaire Papy Galinier, mis en prison pour avoir tiré sur des cambrioleuses, ou encore celle du bijoutier braqué à Nice. A chaque fois, la Justice s’est montrée intraitable jusqu’ici avec les citoyens qui décident de prendre les devants face à l’inaction de l’État, dont la mission première est pourtant d’assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens.

Dans une société où la violence gratuite explose, où les agressions se multiplient, où la délinquance prospère quand elle n’est pas tout simplement encouragée par une forme de laxisme judiciaire que dénoncent y compris les forces de l’ordre, ces drames sont malheureusement amenés à se répéter. Si le citoyen qui défend ses biens et sa famille a rarement raison aux yeux de la Justice française, il est en tout cas sans aucun doute compris par beaucoup de ses compatriotes, surtout ceux qui ont vécu les traumatismes que peuvent représenter un cambriolage, une agression, un vol, un racket, un viol….

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