Lesbos : la côte après l'arrivée de migrants...

Depuis plus de trois semaines, dans les îles grecques de Lesbos, de Chios et de Samos, l’augmentation du nombre des immigrés a considérablement tendu la situation. Un phénomène nouveau.

Un hôpital pillé

À l’origine, voilà 3 ans, la population de ces îles, s’était montrée bienveillante et accueillante à l’égard des migrants. Malheureusement, à Lesbos par exemple,  non seulement ces derniers sont désormais plus de 30 000 (pour 80 000 Grecs), mais ils se comportent de manière incivile et agressive, et la criminalité augmente. L’opinion publique, déjà choquée par le fait que certains musulmans avaient jeté de la nourriture car ils suspectaient qu’elle contenait du porc, s’est aujourd’hui complètement retournée.Dernier fait en date : le pillage à Mytilène, la capitale, d’un hôpital vidé de ses ordinateurs, de réfrigérateurs, de téléviseurs, de matériel chirurgical, et même d’appareils d’échographie et d’un IRM ! Sans compter les harcèlements sexuels voire les agressions contre de jeunes grecques…

Toute la population dans la rue

En conséquence, courant février, dans les trois îles, l’ensemble de la population, toutes opinions politiques confondues – phénomène impensable il y a seulement quelques mois – est descendu dans la rue pour demander l’accélération des procédures de recensement et / ou de renvoi des immigrés, ainsi que le démantèlement des camps d’hébergement.

Or, cerise sur le gâteau, le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis a décidé, sans consultation des instances locales, la création de nouveaux centres d’accueil et la réquisition de zones pour leur implantation. Et, devant la réaction des îliens, qui défilaient pourtant de manière pacifique, le gouvernement a dépêché sur place plusieurs compagnies de MAT (l’équivalent des CRS en France) qui, le 25 février, ont fait usage de la force et de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Ces échauffourées se sont doublées de heurts avec les immigrés – soutenus par des anarchistes venus du continent et par des membres des ONG. Devant un bilan très lourd de plusieurs dizaines de blessés tant chez les Mytiliniens que dans la police, le ministère de l’Intérieur a ordonné le retrait des MAT. Les syndicats de policiers, eux, se sont désolidarisés – en demandant leur démission – de leurs supérieurs hiérarchiques qu’ils tiennent responsables des décisions prises hâtivement contre une « population qui supporte depuis tant d’années le poids de l’immigration ». La population des îles a décidé, quant à elle, pour les 28 et 29 février, une grève générale, et la poursuite de l’occupation des zones réquisitionnées  par le gouvernement  pour l’extension des camps d’accueil.

Erdogan ouvre ses frontières

Et le Premier ministre Mitsotakis n’est pas au bout de ses peines : le président turc, Tagip Erdogan, a décidé d’ouvrir ses frontières pour laisser passer les immigrés. Ainsi, le gouvernement grec est-il contraint de renforcer sa présence aux frontières terrestre et maritime pour éviter que des centaines de réfugiés ne les traversent. D’après des informations de source turque, environ 200 à 300 personnes, en petits groupes de 30 à 50, cherchent un moyen pour entrer en Grèce, au niveau du département d’Evros.  Selon les mêmes sources, aucun d’entre eux n’a pu y parvenir. Toutefois, hier (28 février) a été signalé le débarquement à Scala Sykamas (Lesbos) d’une quinzaine d’Afghans arrivés sur un bateau pneumatique. Les Grecs ne sont pas dupes : les frontières ne sont pas hermétiques et la présence de femmes et d’enfants dans le groupe n’a pas fait fléchir leur hostilité.

En Bulgarie, l’armée aux frontières

De son côté la Bulgarie a envoyé 1 000 soldats lourdement armés à sa frontière, commune sur 300 km avec la Turquie, pour éviter également l’arrivée de clandestins. Le ministre bulgare de la Défense, Kazimir Karakatsanof a déclaré que la police des frontières a empêché l’accès en Bulgarie d’un groupe d’une trentaine de personnes. Jusqu’à présent, la Bulgarie membre de l’UE,  n’avait pas connu de tentatives de ce genre ces dernières années. Par ailleurs, le gouvernement de Sofia est d’autant plus décidé à s’opposer à toute intrusion illégale qu’il renforce ses mesures de prévention aux frontières pour éviter le développement de l’épidémie de coronavirus.

Crédit photo :  La côte de Lesbos après l’arrivée de migrants (DR)
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