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Loïg Chesnais-Girard, président (PS) du conseil régional de Bretagne, s’est fait plaisir, lors d’un déplacement en Irlande et au Pays de Galles, en annonçant la tenue en juillet prochain d’un « sommet des pays celtes » lors de la 50ème édition du festival Interceltique de Lorient. Tout cela est bien gentil, mais pour construire une véritable union celte à terme, encore faudrait-il que les liaisons maritimes et aériennes suivent. Et c’est loin d’être le cas, notamment entre la Bretagne et les autres nations celtes.
Le président de la Région Bretagne a paradé à Cardiff et à Dublin, entre opéra, hymne breton et opération de communication sur les réseaux sociaux, accompagné d’une délégation d’élus, d’universitaires, d’acteurs associatifs et de chefs d’entreprise, en déplacement outre-Manche depuis ce dimanche et jusqu’à mardi, à Cardiff (Pays de Galles) et Dublin (Irlande).
J’ai remis au @PresidentIRL?? une invitation pour le 50e @FESTIVALLORIENT. Quelle meilleure occasion de réunir les pays celtes pour poser les bases d’une relation encore plus étroite ? En ces temps, il est salutaire de célébrer les valeurs positives que nous avons en commun ! pic.twitter.com/A01KRURAry
— Loïg Chesnais-Girard (@LoigCG) March 3, 2020
Quel plaisir d’être à #Cardiff pour retrouver le premier ministre gallois @MarkDrakeford. Ensemble, nous avons évoqué l’avenir de nos relations, tant de beaux projets à construire pour renforcer nos liens ! Je l’ai également invité à venir en août célébrer le 50e @FESTIVALLORIENT pic.twitter.com/oqGv2ce1qW
— Loïg Chesnais-Girard (@LoigCG) March 1, 2020
Le but de la manoeuvre ? Contre le Brexit, et montre que les nations celtes sont unies malgré ce départ du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne. Le Pays de Galles a toutefois voté majoritairement pour quitter l’UE (ce qui n’est ni le cas de l’Ecosse, ni de l’Irlande du Nord).
On semble en tout cas très loin du moindre projet politique pour la Bretagne : « Je suis le représentant d’une Région fière de son identité, de son pays, de l’Union européenne. Je ne suis pas en train de lever une armée pour déclarer l’indépendance. Je ne joue pas au ministre ou au chef d’État. Je veux cultiver la fraternité et tout ce qui permet de ne pas rester dans notre terrier, enfermé. Il est indispensable de dépasser la ligne d’horizon », répond Loïg Chesnais-Girard quand des journalistes l’interrogent sur l’emploi du terme « pays ». Du folklore donc, pendant que les dirigeants des autres nations celtes eux, réfléchissent à la construction d’un avenir en dehors du cadre britannique..
Quoi qu’il en soit, l’initiative est sans doute louable, encore faudrait-il expliquer ce que la Région Bretagne fait, concrètement, pour le rapprochement d’avec les cousins celtes (outre l’apparence et les déplacements organisés aux frais de la collectivité). Car du côté des liaisons maritimes, avec un aller retour par semaine entre Roscoff et Cork (et bientôt un deuxième entre Roscoff et Rosslare), ça fait un peu court, d’autant plus que les lignes sont interrompues l’hiver.
Pour l’avion, c’est encore pire. Hormis un Nantes-Dublin à l’année avec Ryanair (vendredi, dimanche et lundi), un Rennes-Cork avec Aer Lingus entre Mai et septembre, une puis deux fois par semaine, idem pour Dublin, rien à signaler (en vol direct) . Donc obligation pour les habitants du Finistère de prendre le bateau, particulièrement coûteux, ou bien de faire 3h de route jusque Nantes, de payer le racket organisé sur les parkings gérés par Vinci (plus cher que le billet d’avion pour un week end…)…
Pour l’Ecosse, là encore il n y a que Nantes à proposer une liaison vers Edimbourg (Ryanair, lundi et vendredi).
Pour le Pays de Galles, c’est la catastrophe. Rien. Il faut aller (là encore en période estivale) à Liverpool, Manchester ou Bristol et faire de la route ensuite pour y accéder, ou encore passer en bateau par Portsmouth ou Plymouth.
Pour la Cornouailles, il faut passer faire Roscoff-Plymouth en bateau, ou Rennes-Exeter une fois par semaine avec Flybe en période estivale
On n’ose évoquer l’île de Man, car ça devient vraiment, vraiment compliqué de s’y rendre….
Nous avions fait un article plus complet à propos des liaisons avec les pays celtes.
Loïg Chesnais-Girard a donc du pain sur la planche en marge de son « sommet des Pays Celtes ». Il ne suffit en effet pas de faire quelques pas de danse bretonne avec M. Higgins, et de chanter l’hymne breton avec les gallois pour faire de la Celtie un véritable projet politique et communautaire, qui commence par le fait de pouvoir rendre facilement, économiquement, et quotidiennement, visite à nos frères et à nos cousins de l’autre côté de la Manche…
Crédit photo : DR
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