Les chiffres depuis le début de l’épidémie :

204 pays ou territoires (+2) ou bateaux (2) ont été affectés par le virus, pour 1 014 499 (+79 303) cas déclarés.

53 159 décès (+ 5 967 hier) ; 212 018 guérisons (+ 18 000 hier).

749 322  patients (+ 55 300 hier) en cours de soins, dont 37 698 en état critique (+ 2 220 hier).

A noter que 40 pays ont eu de 1 à 10 cas détectés depuis le début de l’épidémie (31 d’entre eux ne comptent aucun décès, et les 9 autres ne comptent au total que 12  décès.)

48 pays comptent entre 11 et 100 cas détectés depuis le début de l’épidémie pour un total de 50 décès.

5 967  nouveaux décès du coronavirus (+ 1 170 par rapport à la veille) dans la seule journée du 2 avril. Cela représente plus  que les pertes totales de l’Asie de l’Est (Chine+Japon+Corée du Sud+Malaisie) depuis le début de l’épidémie, en une seule journée.

10 pays ont déclaré plus de 1000 décès depuis le début de l’épidémie : Italie,  Espagne, USA, France, Chine, Iran,  Royaume Uni, Pays Bas, Belgique, Allemagne.

Sur les 53 159 décès enregistrés dans le monde depuis le début de l’épidémie, 48 569 l’ont été dans ces 10 pays (91,3 %) et 44 639 (84%) dans les pays occidentaux (US, UE, OTAN).

5 554 des 5 967 décès d’hier (93,1%) sont « US, UE, OTAN ». C’est ce camp qui paiera le prix le plus fort tant sur le plan humain que sur le plan économique (récession inévitable, crise économique possible).

Au niveau de la planète, la journée d’hier, est, à ce jour, la journée la plus meurtrière de cette épidémie. Le cap du million de cas déclarés et des 50 000 décès a été franchi. Au rythme ou vont les choses, celui des 2 millions de cas et des 100 000 décès devrait l’être avant la fin de la semaine prochaine.

Pour relativiser, l’Organisation mondiale de la Santé nous apprend que, chaque année, la grippe saisonnière est responsable de 5 millions de cas « graves » qui entraînent entre 280 000 et 600 000 décès. Le Covid-19 n’a, à ce jour, affecté qu’ 1 million de personnes dont moins de 100 000 cas graves qui se sont traduits par 55 000 décès.

Tous les records quotidiens ont été battus hier (Nombre de nouveaux cas, de décès et de cas critiques). L’évolution des indicateurs montrent que ces records devraient être battus et rebattus dans les jours qui viennent, en raison de l’emballement de l’épidémie en Amérique du Nord  et, à un moindre degré, du développement de l’épidémie en Espagne, en France et au Royaume Uni. Les indicateurs montrent que l’Italie, malgré un nombre encore très élevé de victimes, a atteint le sommet de la vague et va entamer «la redescente». L’Afrique, l’Asie, l’Amérique du Sud, l’Europe du Nord et de l’Est semblent «relativement» moins, voire beaucoup moins affectés par cette épidémie.

La situation pays par pays

Aux USA, comme indiqué hier, l’épidémie commence seulement à s’emballer. Ses records quotidiens de nombre de nouveaux cas (29 430 ) et  de décès (961 ) ont été battus ou égalés. Le pays, qui a trop tardé à réagir, va battre record sur record au cours des prochains jours, voire des prochaines semaines. Il payera, in fine, le prix le plus fort à cette épidémie loin devant l’Italie et l’Espagne. Cette épidémie aura un impact considérable sur l’issue de la présidentielle américaine et sur les nouveaux équilibres économiques et géopolitiques mondiaux d’après crise.

A noter que les USA, occupés par l’épidémie, ont considérablement réduit l’ampleur de leurs opérations et de leurs bombardements d’ingérence dans le monde en général, aux Proche et Moyen- Orients en particulier. Cette épidémie a donc du bon, puisqu’elle a un effet apaisant sur bon nombre de conflits en cours liés aux ingérences compulsives US-OTAN. Elle réduit d’autant le nombre de victimes civiles et militaires des bombes otaniennes sur la planète.

En Italie le nombre des nouveaux cas, des décès et des cas critiques est désormais stable. Le nombre des décès est encore élevé mais la situation devrait désormais s’améliorer. Le pire de l’épidémie est désormais derrière elle. Il devrait lui falloir encore au moins six semaines pour  arriver à une situation comparable à celle de la Chine aujourd’hui.

L’Espagne et la France poursuivent, ensembles, une période de souffrance maximum qui devrait encore durer de 6 à 11 jours avec des pertes quotidiennes comprises entre 500 et 1000. La France a déclaré hier « au moins » 884 décès Covid-19 en EHPAD, à titre rétroactif. Ces décès se sont ajoutées aux pertes constatées en hôpital et elles sont mentionnées dans le tableau quotidien. D’où le chiffre très élevé du jour (+ 1 355). Il suffit maintenant de rajouter les pertes Covid des gens confinés chez eux (il y en a) pour avoir une idée plus proche de la réalité des pertes humaines liées à l’épidémie en France.

L’Espagne et la France manquent toujours de moyens, notamment de tests. Le masque, reste toujours une denrée rare, donc chère. Les escroqueries et les vols de matériel se multiplient.

La France détient aujourd’hui le nombre le plus élevé de cas critiques au monde (6 399) ce qui annonce de lourdes pertes dans les prochains jours. En revanche, le nombre de nouveaux cas diminue très fortement ce qui est très encourageant.

La comparaison des taux de mortalité par million d’habitants  entre la France et l’Allemagne est affligeante: 13 décès pour l’Allemagne contre 83 pour la France par million d’habitants. Il y a là un différentiel d’efficacité évident dans la gestion de cette crise.

A noter simplement que l’Allemagne a beaucoup plus testé que la France, détecté et soigné au plus tôt, et donc guéri plus vite les patients. L’Allemagne a même guéri deux fois plus de patients que la France à ce jour…

Le Royaume Uni  enregistre un nombre de nouveaux cas double de celui de la France. Elle aura inévitablement dans les jours qui viennent entre 500 et 800 décès par jour. Le nombre de ses décès dépassera celui de la Chine et de l’Iran dans la journée de demain.

En Allemagne, la situation se détériore progressivement, le nombre de nouveau cas, de décès et de cas critiques est en hausse sensible. La vague continue de monter, mais la situation est encore largement sous contrôle et l’Allemagne s’est incontestablement mieux préparée que nous. Malgré un  nombre de cas détectés et traités très élevé, l’Allemagne enregistre l’un des taux de mortalité les plus bas de tous les grands pays de la coalition occidentale…

Les cas des Pays Bas, de la Suède et de la Corée du Sud qui ont des politiques de confinement très ciblées et très souples est intéressant. Les taux de mortalité y ont été inférieurs, voire très inférieurs à ceux enregistrés dans des pays qui ont confiné de manière très stricte (dont le notre). Corée 3 décès/ Million d’h; Suède 30 décès/Million d’h; France 83 décès/Million d’h. Il faudra, bien sûr, en tirer les conclusions en fin d’épidémie.

Dans le reste du monde, l’Iran semble aujourd’hui contrôler l’épidémie. Le nombre de nouveaux cas et de décès y est en baisse.

Entré plus tard dans la ronde épidémique, le Canada n’est pas encore en situation difficile.

La Russie, quant à elle,  a enregistré 3 548 cas pour 30 victimes, ce qui est dérisoire. Elle est en situation d’aider les autres et elle le fait.

Dans l’hémisphère sud et en Asie de l’Est, aucun État n’est aujourd’hui en situation vraiment préoccupante.

Général(2s) Dominique Delawarde

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