Bac 2020. Pas de discrimination pour les élèves du privé indépendant et de l’école à la maison ?

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Vendredi 3 avril, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, a annoncé les modalités selon lesquelles les lycéens de France devraient passer le Baccalauréat cette année. Baccalauréat et brevet seront validés par le contrôle continu.

Les dispositions officielles pour le bac 2020

Pour les élèves de première, l’oral de Français du baccalauréat sera maintenu. Il devrait avoir lieu fin juin ou début juillet. Il y aura moins de textes exigés pour cet oral qu’en période normale. La note de l’épreuve écrite du Bac français sera la moyenne des notes obtenues par l’élève pendant les trois trimestres, sauf période de confinement.

Par contre, les élèves de Terminales au bac général, technologique et professionnel  seront évalués sur la base des notes obtenues durant les trois trimestres, à l’exception des notes données pendant la période de confinement.

En Histoire-géo, LVA et B, la moyenne qui sera retenue pour le baccalauréat sera l’addition de la note obtenue aux E3C1 et de celles qui seront passées en classe de terminale.

L’épreuve portant sur l’enseignement de spécialité qui n’est pas poursuivi en terminale et l’épreuve d’enseignement scientifique sont validées par les notes du livret à l’exception des notes obtenues pendant la durée du confinement.

Mobilisation contre une discrimination pour les élèves du privé hors contrat

Anne Coffinier, ayant constaté que les élèves des écoles privées hors contrat ou suivant l’école à la maison allaient subir une discrimination, a mobilisé pour obtenir qu’ils soient traités comme tous les autres.

En effet, Anne Coffinier est très engagée dans la promotion de la liberté scolaire pour les familles. Elle a fondé en 2004 l’association Créer son école (qu’elle préside depuis lors), afin de fournir un soutien juridique et pratique aux créateurs d’écoles indépendantes. Puis, en 2007, elle a créé un Institut libre d’enseignement supérieur voué à la formation des professeurs des écoles primaires libres, l’Institut libre de formation des maîtres. Enfin, en 2008, elle a initié la fondation pour l’école qu’elle a présidée jsuqu’en septembre 2019.

Anne Coffinier explique « qu’alors que les élèves des lycées publics et privés sous contrat vont pouvoir passer leur bac en contrôle continu (avec les notes de l’année, hors confinement), les élèves des établissements hors contrat vont devoir attendre le mois de septembre pour passer leurs épreuves, dans le cas d’épreuves classiques en présentiel.

Cette décision est fortement rejetée par les élèves, familles et établissements scolaires scolaires concernés (bac général, technologique et professionnel, brevet) car :

  • Il sera bien plus difficile d’obtenir son baccalauréat ainsi, mais ce sera pourtant officiellement le même bac (discrimination) ;
  • Les élèves du hors-contrat passeront en dernier dans le système parcoursup (l’absence de validation du bac en juin bloquant leur dossier) et n’auront que très peu de chances de pouvoir accéder à l’établissement supérieur qu’ils souhaitent c’est une discrimination dans l’accès au service public de l’enseignement supérieur ;
  • Les élèves et les professeurs du hors contrat vont devoir travailler tout l’été et enchaîner sans repos l’année scolaire suivante, après un troisième trimestre déjà éprouvant ;
  • Il n’est pas certain que les conditions sanitaires soient réunies en septembre pour que le bac ait effectivement lieu, ce qui fait peser une incertitude supplémentaire ;
  • Les élèves du hors-contrat vont commencer leur année scolaire prochaine en retard et fatigué, ce qui les pénalisera ;
  • Les élèves du hors-contrat n’auront pas de système de rattrapage (alors que les autres élèves auront l’oral de rattrapage de juillet et celui de septembre) : Comment envisager une session de rattrapage pour les « candidats du rattrapage »
  • Psychologiquement, faire passer le bac aux élèves du hors-contrat en septembre en même temps que les élèves en rattrapage leur renvoie une image dégradée d’eux-mêmes. « 

Elle demande donc au gouvernement « de revenir sur sa décision très vite et de permettre aux élèves du hors-contrat de passer le bac pour cette année en contrôle connu. »

Elle appelle « tous les candidats, les parents d’élèves, les professeurs et les directeurs d’écoles hors contrat à se mobiliser avec nous pour conduire le Gouvernement à revenir sur sa décision. »

Jean-Michel Blanquer a entendu cette mobilisation soutenue par P. de Villiers

Cet appel a porté ses fruits à en juger la déclaration suivante de la Fondation pour l’école qui «  prend acte des ajustements apportés hier par le Ministre, annoncés lors de son intervention de 20h00 sur France 2 et confirmés par les questions-réponses publiées sur le site Internet du ministère de l’Éducation au même moment. »

Dans son communiqué, elle remercie vivement les responsables des établissements, notamment celui du Puy du Fou et tout particulièrement Philippe de Villiers, dont l’intervention hier après-midi auprès de Jean-Michel Blanquer a été décisive.

Néanmoins, elle  déclare rester vigilante sur le sujet du baccalauréat des élèves de premières, sur le traitement du brevet et sur les conditions de mises en œuvre de la principale mesure rectificative annoncée hier soir pour le Baccalauréat des Terminales.

Dans cette attente, sa pétition en ligne reste ouverte : http://chng.it/MS4pvvW4Hf

Jean Theme

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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