Jean-Michel Blanquer est-t-il obéi par ses services ?

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Si les parlementaires bretons étaient capables de secouer le cocotier, l’Éducation nationale n’oserait pas réduire les heures d’enseignement du breton. C’est pourtant ce qu’elle vient de faire. Comme le déclarait si bien Jean-Michel Blanquer : « Vive le breton ! »

Il faut toujours se méfier des déclarations des hommes politiques. Une illustration récente de ce principe nous est fournie par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale. Dans un entretien accordé au Télégramme (lundi 11 janvier 2021), il déclare en effet : « J’ai une position très favorable aux langues régionales (…) Je dis « vive les langues régionales, vive le breton ! » (…) J’encourage, aussi bien à l’école publique que privée, les initiatives pour la promotion du breton (…) Nous avons un partenariat très constructif avec Diwan pour son développement. Mais nous le faisons avec un sens de l’équité. Le breton est vivant à travers Diwan, mais aussi à travers le réseau public et le réseau privé catholique. » Donc, en apparence, tout va bien.

Mais, quelques jours plus tard, l’Éducation nationale annonce son intention de ramener le volume d’enseignement hebdomadaire de la langue régionale à trois heures, non plus par classe comme c’est le cas actuellement, mais par niveau. Brendan Simon, responsable de la vie scolaire au collège Diwan Penn-ar-bed du Relecq-Kerhuon, explique les conséquences de cette décision : « Si, pour la grande majorité des établissements qui ont des classes bilingues, ça ne change pas grand-chose, pour les établissements Diwan, c’est une catastrophe. Il faut comprendre qu’au collège Diwan du Relecq-Kerhuon, nous avons trois classes par niveau. Les prévisions pour la rentrée prochaine sont de trois classes en 6e, trois classes en 5e, deux classes en 4e, et trois classes en 3e. Donc, à partir de septembre, les élèves de 6e, 5e et 3e n’auront plus qu’une heure de langue bretonne par semaine. Et les élèves de 4e auront 1h30. Alors que les élèves du public ou du privé catholique en auraient trois heures, parce qu’ils n’ont pas autant de classes. » (Le Télégramme, jeudi 18 février 2021).

Les parlementaires du Finistère aux abonnés absents…

Comme les dirigeants de Diwan sont des gens dynamiques, une manifestation était organisée à Brest afin de défendre l’enseignement du breton à l’école (samedi 20 février. Un parlementaire était présent : Yannick Kerlogot (LREM), député de Guingamp (Dimanche Ouest-France, Bretagne, 21 février 2021). Mais où se cachaient les autres ? Les huit députés du Finistère manquaient à l’appel. Quant aux quatre sénateurs du Finistère, ils devaient être partis en week-end. Mais Lena Louarn, vice-présidente du conseil régional chargée des langues de Bretagne, était présente, alors qu’elle habite Rennes. Tandis que les politiciens du cru brillaient par leur absence. Cherchez l’erreur !

Pour trouver des réactions politiques, il faut chercher en Irlande. Si Nadège Havet, domiciliée à Pabu (près de Brest), sénateur préposé à la « commande publique », ne se sentait pas concernée, certains Irlandais l’étaient. C’est ce qu’indique un lecteur du Télégramme, Patrick Le Guern, après la manifestation de Diwan à Brest : « La manifestation a fait écho en Irlande, où le Sinn Féin a adressé une lettre à l’ambassadeur de France pour soutenir les Bretons » (Le Télégramme, Brest, vendredi 26 février 2021).

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. Le Parti Breton s’est mobilisé lors de la manifestation. Nous avons rédigé un communiqué et nous étions présent comme d’autres mouvements. Les solutions ne viendront pas de Paris et de la cour des partis parisiens mais d’ici et en premier lieu de la Région avec une volonté politique en mettant en place le droit à l’expérimentation pour nos langues. Différencions nous enfin comme l’ont fait les Corses. On peut maintenant comparer les résultats et l’argent mis sur la table ici. Nous sommes à 2 euros par habitant en Bretagne. On ne doit plus se laisser berner par des promesses électorales qui ne vont pas tarder à venir pour les régionales. Les Bretons doivent voir où sont leurs intérêts. Le parti Breton lui a choisi il défendra la Bretagne sur sa liste « Bretagne Responsable ».

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