Le centralisme a du plomb dans l’aile [L’Agora]

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Si la critique de l’État central n’est pas nouvelle en France, la « crise » des Gilets jaunes l’a révélée au grand public et la crise sanitaire liée au covid-19 n’a fait que renforcer le sentiment de défiance qu’entretiennent les Français envers ce pachyderme anachronique.

Destruction des services publics et des filières stratégiques, soumission aux intérêts financiers, détricotage des acquis sociaux et propagande stalinienne, ces dernières années l’État, sous l’influence d’un État profond opaque, s’est transformé en véritable courroie de transmission du libéralisme.

On peut observer ces derniers temps sur les réseaux sociaux ce mécontentement, mais l’observateur avisé aura également observé que la faction libérale est également là, prête à l’embuscade. En effet, ces derniers jours nombres de publications au titre accrocheur ont fleuri sur la toile. Leur point commun : la critique de l’État central et de la gestion de crise liée au covid-19. Leur conclusion : il faut plus de libéralisme pour favoriser l’initiative et donc la réactivité. Sous ce sophisme se cache une réalité bien plus complexe. La gestion est évidement critiquable. Cependant, ce que souhaitent nous offrir ces personnes, ce n’est pas plus de démocratie sous couvert de fédéralisme, nous connaissons déjà l’Union européenne libérale. Ce n’est pas non plus, plus de justice sociale, car il s’agit ici de déréglementer toujours un peu plus. Il ne s’agit pas non plus de garantir plus d’identité, car pour ces gens-là, le monde est un vaste marché et par conséquent il faut sans cesse liquider les entraves, les us et coutumes et transformer les citoyens en consommateurs-esclaves.

Le système est résilient et sa capacité à se réinventer a largement fait ses preuves. Une ingénierie sociale bien connue en technique managériale consiste à créer des problèmes pour apporter une solution, tout en s’imprégnant de la culture d’entreprise afin de mieux réécrire celle-ci. Cette pratique est transposable au niveau d’un pays. Nous pouvons citer par exemple le cas d’une révolution culturelle réalisée en douceur ou encore la technique de la stratégie de tension : créer un système de panique pour imposer des règles plus strictes. Nous ne cherchons pas ici à faire un lien entre ces exemples d’ingénierie sociale et le covid-19, la vérité nous échappe, mais simplement à démontrer que notre système est à bout et que la vigilance s’impose via une hypothétique transformation de celui-ci. Or il est largement palpable que le fédéralisme tel que nous le concevons risque d’être détourné au profit d’un libéralisme abject menant à une globalisation dont les conséquences néfastes ne sont plus à prouver.

C’est donc dans un tel contexte que nous vous invitons à consulter l’ouvrage de Thibault Isabel, Pierre-Joseph Proudhon, l’anarchie sans le désordre, éditions Autrement, publié en 2017. Il s’agit d’une synthèse parfaitement exécutée sur la conception proudhonienne des affaires publiques et sociales, dont nous vous livrons ici un extrait en complément des réflexions de ce jour.

« Le secteur public fédéral est nécessaire pour initier et encadrer des projets qui, livrés à la seule rapacité libérale, seraient abandonnés ou administrés d’une manière mercantile ; et le secteur privé est lui aussi nécessaire pour exécuter concrètement ces projets, sous l’égide de l’État qui promeut, afin d’empêcher le domaine bureaucratique de devenir un nouveau tyran susceptible de déresponsabiliser les foules. L’objectif ultime est à la fois de faire refluer les monopoles capitalistes, par l’application politique du principe fédératif et l’application économique du principe mutuelliste, qui sont tous deux parallèles et convergents. Le fédéralisme équilibre les contraires les plus extrêmes. Il maintient l’État dans ce qu’il peut avoir d’unificateur et surplombant, mais l’empêche de devenir jacobin, du fait notamment de la permanence du capital (désormais mutuelliste), et il maintient le capital dans ce qu’il peut avoir de libre et différencié, mais l’empêche de devenir monopolistique, du fait notamment de la permanence de l’État (désormais subsidiaire) ».

Llorenç Perrié Albanell

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