Aujourd’hui, nous tenterons de répondre à une question et nous dresserons un constat.
Une question : Le monde en a-t-il bientôt fini avec l’épidémie de Covid-19 ? Avec les opérations de déconfinement qui progressent un peu partout en Europe, au seuil de l’été, sans rechute majeure de tel ou tel pays dans l’épidémie du covid 19, on serait tenté de croire qu’elle n’est plus qu’un mauvais souvenir. Est ce vraiment le cas? La réponse est non.

Explications : Un observateur attentif des indicateurs statistiques de cette épidémie peut faire le constat suivant : l’épicentre de l’épidémie s’est bien déplacé au fil du temps mais sa virulence et sa létalité au niveau planétaire ne perdent pas en intensité. Le coeur de l’épidémie, initialement asiatique, a rejoint l’Europe où il s’est acharné pendant plusieurs semaines, avec les conséquences que l’on sait, avant de s’apaiser. Il s’est ensuite déplacé vers l’Amérique du Nord, où il est toujours virulent, puis s’est dirigé vers l’Amérique latine sur laquelle il s’acharne à présent.

Les semaines se suivent et se ressemblent. Pour chacune d’entre elles, c’est encore aujourd’hui, au niveau de la planète 800 000 nouveaux cas et 28 à 30 000 nouveaux décès sans qu’on perçoive la moindre décrue. Plus de 3 millions de patients encore sous traitement, dont 53 à 55 000 cas critiques et, là encore, aucune décrue significative n’est observable au niveau mondial. Quand un foyer s’éteint quelque part dans le monde, il s’en allume un autre ailleurs.

S’agissant de l’Europe, il reste encore 830 000 patients sous traitement et plus de 100 000 nouveaux cas y sont encore détectés chaque semaine. Le nombre de cas critiques (encore supérieur à 7 000 en Europe) diminue lentement. Le nombre de décès hebdomadaire reste proche de 5 000. La Grande Bretagne et la Russie en totalisent plus de la moitié. Certes, ces nombres sont dérisoires comparés à la mortalité d’ensemble, au point que la surmortalité liée au Covid-19 ne se percevra même pas, dans de nombreux pays, lorsque viendra l’heure des statistiques annuelles. Les décès du Covid-19 seront autant de décès en moins comptabilisés habituellement pour d’autres pathologies…

En conclusion, on ne peut pas dire que l’épidémie soit terminée, loin s’en faut. Elle poursuit aujourd’hui sa route, sautant d’un pays à l’autre, et nul ne peut dire quel sera son chemin lorsque nous aborderons l’automne, en Europe, dans trois ou quatre mois…

Un constat : Cette épidémie nous aura fait découvrir que nous avions en France :

* Le Ministre de la Santé
* Le directeur Général de la Santé
* La direction de Santé Publique France
* Le Directeur de la Haute Autorité de Santé
* Les Directeurs des Agences Régionales de Santé
* Le Directeur de l’Agence nationale Sanitaire
* la Direction de l’Alliance Nationale pour les Sciences de la Vie et de la Santé : Épidémiologie-France
* Le Centre National de Recherche Scientifique en Virologie Moléculaire
* L’agence Nationale de sécurité du médicament et de la Santé.
* Un nombre d’infectiologues Parisiens incroyablement élevés, probablement lié au fait que les virus et les bactéries descendent de l’avion à CDG et ouvrent leurs sièges sociaux prés de l’Étoile.

Mais comme tout cela ne suffit toujours pas ! Et suite à cette épidémie, notre gouvernance, monstre d’efficacité, de pragmatisme et toujours soucieuse d’économies des finances publiques va créer :

– le Haut Commissariat de lutte contre les épidémies
– Le Haut Conseil de Veille Sanitaire
– L’agence Nationale de Sécurité de Logistique Médicale .
– De nombreux fonctionnaires en plus. La médecine française croule sous l’administratif centralisé…

Et pour la mise en place du déconfinement, on a nommé un monsieur déconfinement, Jean Castex (ENA). Sans doute n’y avait-il personne de compétent et de disponible dans « l’armée » évoquée précédemment.

Avec une telle armée et les « lumières » d’un « Conseil scientifique » inspirés par « Big pharma », toujours pas de vaccins ou de résultats d’études « randomisées », mais seul exécutif au monde à interdire la chloroquine, sur la base d’une étude dont le journal qui l’a publié reconnaît lui même le caractère douteux, et d’une OMS qui est revenue sur une recommandation précipitée contre les essais cliniques de la chloroquine, notre gouvernance sera-t-elle enfin prête pour affronter une très hypothétique deuxième vague… à défaut de l’avoir été pour la première…   Première vague au cours de laquelle les médecins libéraux ont payé un lourd tribut.

DD

Le point sur la situation au Samedi 6 juin 0h00 GMT

Depuis le début de l’épidémie :

213 pays ou territoires ont été affectés par le virus, pour 6 839 496 cas déclarés (+ 398 214 en 72h).

397 446 décès (+ 15 347 en 72h) ; 3 332 058 guérisons (+ 324 477 en 72h) ;

3 109 983 patients en cours de traitement (+58 141 en 72 h), dont 53 576 en état critique (- 951 en 72 h)

A noter que : 7 pays ou territoires ne seraient toujours pas affectés par l’épidémie à ce jour.

22 pays ou territoires qui ont été affectés ne le sont plus, par guérison ou décès des rares cas enregistrés.

L’évolution des pertes des 3 derniers jours se résume en un tableau : À sa lecture,on réalise à quel point la mortalité est très faible en Océanie et en Afrique, faible en Asie; à quel point elle recule en Europe; à quel point elle s’apaise (un peu) en Amérique du Nord et à quel point elle progresse en Amérique latine.

  • 29 pays ont déclaré plus de 1 000 décès depuis le début de l’épidémie : dans l’ordre des pertes (USA, Royaume Uni, Italie, Brésil, France, Espagne, Mexique, Belgique, Allemagne, Iran, Canada, Inde, Pays Bas, Russie, Pérou, Chine, Turquie, Suède, Équateur, Suisse, Pakistan, Indonésie, Irlande, Portugal, Roumanie, Chili, Pologne, Égypte, Colombie). Les Philippines devraient rejoindre ce groupe de tête au cours du week-end.
  • Sur les 397 446 décès enregistrés dans le monde depuis le début de l’épidémie, 379 560 l’ont été dans ces 29 pays (95,5%).

A l’échelle de la planète, le nombre des cas critiques est en légère baisse mais reste supérieur à 53 500. L’épidémie continue son reflux en Europe. Les caps des 7 millions de cas et des 400 000 décès seront franchis ce week-end. 22 pays ou territoires affectés par le virus sont totalement sortis d’affaire.

Les bilans s’alourdissent encore aux USA, au Brésil et au Mexique qui a rejoint le duo de tête en franchissant la barre des 1000 décès/jour mercredi et jeudi dernier. Sur les trois derniers jours le Brésil l’emporte sur les USA en nombre de décès. L’Amérique latine, épicentre de l’épidémie, enregistre deux fois plus de pertes que l’Amérique septentrionale (USA+Canada). Sur les 15 347 décès des trois derniers jours, 7 270 sont latino américains, 3 397 sont US ou Canadiens et 2 391 sont européens.

Les bilans les plus lourds de la journée d’hier restent ceux des USA, du Brésil et du Mexique. Ces trois pays ont déclaré hier, à eux seuls: 46% des nouveaux cas, 57% des nouveaux décès et 48,2% des cas critiques de la planète.

Un tableau du bilan actuel du nombre de cas et de décès par grande région du monde permet de voir, en un coup d’œil, celles qui s’en sortent bien, pour l’instant. Les continents ou sous continents sont classés par taux de mortalité.

L’Océanie, l’Afrique et l’Asie enregistrent des taux de mortalité extrêmement faibles et, à elles trois, une part des pertes mondiales inférieure à 10% alors qu’elles regroupent 77% de la population. L’Europe et le continent américain (Nord et Sud) enregistrent plus de 90% des pertes pour moins de 15% de la population mondiale. La part de l’Europe baisse, peu à peu. La part du continent américain (Nord et Sud) et de l’Afrique s’accroît. Les taux de mortalité Covid des pays en développement, les plus pauvres, sont très inférieurs à ceux des pays riches qui ont pourtant les moyens de mieux se soigner.

Pour relativiser encore et toujours les bilans humains de cette pandémie, lOrganisation mondiale de la Santé (OMS) nous apprend que, chaque année, la grippe saisonnière est responsable de 5 millions de cas « graves » qui entraînent entre 280 000 et 600 000 décès. Le Covid-19 n’a, à ce jour, affecté que 6 millions de personnes (testées) dont près de 800 000 cas graves qui se sont traduits par 366 000 décès.

La situation par pays

La Chine va bien. Avec 6 nouveaux cas déclarés en 3 jours, 66 patients encore sous traitement dont 2 cas sérieux, l’épidémie n’est plus une grande préoccupation pour elle. Ses pertes humaines représentent 1,17 % de toute l’épidémie à ce jour. Celles ci n’augmentant plus, ce sera moins de 1% en fin d’épidémie…

Les USA ont enregistré encore hier, à eux seuls, 19,5% des cas Covid de la planète. Ils ont franchi la barre des 111 000 décès, soit 28% du total de l’épidémie. Le nombre des décès quotidiens a repassé la barre des 1 000/jour après la dernière «pause dominicale». Le nombre de patients en cours de traitement approche les 1,12 million mais n’augmente plus. Celui des cas critiques est toujours très élevé à plus de 17 000. Les USA ne sont donc toujours pas au bout de leurs pertes.

La situation réelle du Royaume Uni est toujours difficile à cerner. Elle n’est ni bonne, ni mauvaise. Le niveau des pertes est et restera le plus élevé d’Europe. Un déconfinement progressif a commencé le 1er juin avec la réouverture partielle des écoles. Boris Johnson envisage celle de tous les commerces le 15 juin.

La situation du Brésil continue de s’aggraver. Tous les indicateurs restent au rouge. Les nombres des nouveaux cas (1er au monde devant les USA) et des cas critiques (2ème derrière les USA à 8 318) restent très élevés. Le nombre de décès quotidien a dépassé celui des USA ces cinq derniers jours. Le Brésil est dans le dur de l’épidémie. Des nombres de décès déclarés supérieurs à 1 000/jour devraient être la norme dans les jours qui viennent.

Le Mexique, avec un nombre de décès désormais proche, voire excédant les 1000/jours entre à son tour dans le dur de l’épidémie. Avec le Brésil et les USA, il devrait enregistrer plus de 50% des décès de la planète dans les jours qui viennent.

La situation de la France continue de s’améliorer. Son nombre de cas critiques est en baisse. Son taux de mortalité Covid est, à ce jour, de 446 décès par million d’habitants (hors décès à domicile), pour une moyenne mondiale de 51. Ce taux de mortalité reste le 5ème plus élevé de la planète. Pour le nombre des décès la France est, et devrait rester, à la troisième place des pays européens derrière le Royaume Uni et l’Italie et devant l’Espagne.

Alors que l’épidémie s’achemine vers sa fin en Europe, la France reste encore à la traîne en matière de déclaration de tests.

Avec un taux de guérison, à ce jour, de 46,06% des cas confirmés, au niveau national, la France est, là encore, à la traîne. Elle fait moins bien que l’Italie qui a guéri 69,8% de ses patients, que l’Iran qui en a guéri 77,6%, que la Turquie qui en a guéri 79,2%, . Elle a beaucoup moins guéri que l’Allemagne qui a déjà renvoyé 90,9% de ses patients chez eux, que la Suisse qui en a guéri 92,4%, que l’Autriche qui en a guéri 93,5%, etc.

La situation de l’Italie s’améliore, avec une baisse des cas critiques, une hausse très sensible des guérisons dont le nombre est toujours 4 fois plus important que les nouveaux cas. Le nombre des décès reste faible (entre 60 et 80 par jour).

L’Espagne ne déclare plus grand chose. (7 décès en trois jours, aucun patient sous traitement et de guérison déclarée). Le message de l’Espagne au reste du monde est donc clair: «Il ne se passe plus rien d’important en Espagne, les touristes pourront venir sans crainte cet été, ils seront les bienvenus …..»

La situation de l’Allemagne poursuit son amélioration : encore plus de guérisons que de nouveaux cas hier, légère baisse du nombre des patients sous traitement, baisse continue des cas critiques. Le nombre des décès reste sous la barre des 40/jour.

Avec un taux de mortalité de 826 décès par million d’habitant, la Belgique est et restera le leader incontesté de cet indicateur (hors micro-États). Ses données ne sont toujours pas très bonnes pour un pays en déconfinement (nombre de nouveaux cas, de décès, de cas critiques et même de guérisons). Le nombre de guérison est inférieur au nombre de nouveaux cas ….. Le nombre de patients sous traitement continue d’augmenter. La progression de son taux de mortalité reste toujours beaucoup plus élevée que celles de ses voisins et des pays qui la suivent …. La gestion de l’épidémie en Belgique se sera incontestablement distinguée par ses résultats calamiteux….

Les situations de la Suède, du Canada, de l’Inde, de l’Irlande, de l’Iran sont stables, celles de la Turquie, du Portugal, de la Suisse et de la Russie s’améliorent, celles du Brésil, du Mexique, de l’Équateur, du Pérou, et de la Colombie se détériorent. La Turquie a un nombre de guérisons plus important que celui des nouveaux cas. Si les pertes rapportées à la population sont importantes pour des petits pays comme la Belgique, les Pays Bas, l’Irlande, la Suisse et la Suède, elles restent faibles pour l’Iran, la Turquie, le Pérou, le Mexique et le Canada et très faibles pour la Russie et pour l’Inde.

La Russie teste toujours énormément (plus de 320 000 tests hier), d’où un nombre très élevé de nouveaux cas détectés (4ème derrière les USA, le Brésil et l’Inde avec 8 700 nouveaux cas hier). Le compteur des cas sérieux ou critiques est bloqué à 2 300 depuis une dizaine de jours. Avec 231 000 patients sous traitement, la Russie est en 3ème position derrière les USA et le Brésil. Mais ce nombre est en baisse. Le nombre des décès reste inférieur à 200/jour. Le taux de mortalité russe par million d’habitants a atteint 38. Il reste et devrait rester inférieur à la moyenne mondiale (de 51 aujourd’hui). Il est douze fois inférieur à celui de la France. Parce qu’elle détecte vite et traite sans attendre, et parce qu’elle applique une stratégie et un protocole inspirés de ceux du professeur Raoult, la Russie a déjà guéri 47,3 % des cas déclarés. Le nombre de guérisons égale voire excède désormais souvent le nombre de nouveaux cas. C’est très encourageant si la tendance se confirme dans les jours à venir. Entrée dans la ronde épidémique plus d’un mois après nous, la Russie pourrait bien en avoir fini avant la France si les tendances observées se confirment.

L’épidémie continue de s’étendre progressivement en Amérique latine. C‘est particulièrement vrai au Brésil et au Mexique mais aussi, dans l’ordre du nombre de décès, au Pérou, en Équateur, au Chili, en Colombie, en République Dominicaine, en Argentine et au Panama. L’épicentre de l’épidémie se déplace toujours plus du nord vers le sud du continent américain.

Les taux de mortalité par million d’habitants des 29 pays ayant dépassé les 1 000 décès, dans le tableau ci dessous, donne une petite idée des zones géographiques les plus touchées et/ou de la qualité de la gestion de l’épidémie par les gouvernances de chacun des États.

Pour mémoire, le taux de mortalité Covid-19 est de 51 décès par million d’habitants au niveau mondial.

Le tableau présenté ci après ne comporte que les 36 pays ayant enregistré plus de 670 décès. Ils représentent 97% du bilan des pertes humaines déclarées de la pandémie.

Ci après, voici le tableau de données concernant l’Europe et l’UE face à l’épidémie.

L’Europe (et l’UE) face à l’épidémie

Rappel : à ce jour, le taux «mondial» de mortalité du Covid-19 est de 51 décès par million d’habitants

Général (2s) Dominique Delawarde

Illustration : DR
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