Flandres/Bretagne. Eric Vanneufville : « L’abbé Gantois appréciait les qualités humaines de l’abbé Perrot » [Interview]

A LA UNE

2ème tour des élections régionales en Bretagne. Mode d’emploi

Après le premier tour qui n'a pas mobilisé les foules, le deuxième tour des élections régionales s'annonce dimanche en...

Régionales 2021. Les résultats dans toutes les régions de France

Retrouvez ci-dessous les résultats des élections régionales dans toutes les régions de France. L'abstention s'établit à 66,1%, ce qui constitue...

Etrangers en situation irrégulière. Des soins évalués à plus d’un milliard et demi d’euros par an

C’est un pavé dans la mare que vient de jeter au parlement une députée de l’opposition. Dans un rapport rendu...

Elections régionales 2021. Les résultats en Bretagne et Pays de la Loire

Retrouvez tous les résultats du premier tour des élections régionales et départementales ce dimanche 20 juin 2021 en Bretagne...

Régionales 2021. Avec un score prévu de 66%, l’abstention triomphe et signe l’échec de la Vème République

Les résultats du premier tour des élections régionales et départementales seront publiés à partir de 20 h, ce dimanche 20 juin 2021. Mais déjà,...

Eric Vanneufville, issu d’une famille ancrée au cœur de la Flandre, déjà auteur de plusieurs livres sur l’histoire de sa contrée, vient de sortir une biographie de l’abbé Gantois, prêtre de Flandre française et surtout nationaliste flamand et néerlandophone, mort en 1968. Ce sont les éditions Yoran Embanner qui permettent de découvrir une figure majeure du nationalisme flamand du XXe siècle.

Condamné par la justice française en 1946, l’abbé Gantois fût considéré comme traître à la patrie. Or l’Abbé Gantois, en tant que nationaliste flamand, était anti-français, considérant que la France était la puissance occupante responsable de la division de la Flandre en deux États par une frontière artificielle. Pendant l’Occupation, il a donc eu une position pro-allemande, du fait de son pangermanisme.

Durant l’entre-deux-guerres, Gantois fut secrétaire général et véritable leader du Vlaamsch Verbond van Frankrijk (Ligue des Flamands de France). Cette biographie est l’œuvre d’un historien flamand, elle est donc à charge et à décharge laissant au lecteur le choix de son opinion.

« L’analyse pertinente produite par Éric Vanneufville est l’histoire d’un homme, dénué de culture et d’analyse politiques, qui a placé son amour passionné et idéaliste, voire mystique dans sa patrie flamande. Dommage qu’il ait vécu cette période de l’Histoire du XXe siècle qui l’a broyé » écrit l’éditeur.

L’Abbé Gantois, Eric Vanneufville, Yoran Embanner, 10 € (à commander ici).

Breizh-info.com : Pourquoi avez-vous souhaité écrire sur l’Abbé Gantois ? Pouvez-vous nous le présenter rapidement ?

Eric Vanneufville : J’ai souhaité écrire sur Gantois car plus de 70 ans après les années de l’occupation allemande du nord de la France, il n’existait pas de présentation la plus véridique possible et pour le grand public, de l’abbé dans ses différents aspects.

L’abbé Gantois, né en 1904, était un prêtre de Flandre de France, d’une famille de Watten. Érudit, il réalisa très vite que sa Flandre française n’était que la partie méridionale de l’ancien comté de Flandre, lui-même intégré aux 17 provinces des Pays-Bas de l’empereur Charles Quint. Il insista donc sur l’aspect « Néerlande » de la Flandre des bouches de l’Escaut aux collines d’Artois, ainsi que, de façon plus contestable, sur les fondements germaniques d’une grande partie de la Picardie.

Entraîné par le pangermanisme dans lequel il inscrivit son action, il s’affirma partisan de la refonte des régions et États d’Europe sous la domination germanique du IIIème Reich, sans toutefois sombrer dans le nazisme. De ce fait, il fut jugé et condamné après guerre. Il resta bien considéré en certains cercles de Flandre Belge mais en Flandre de France il fut déconsidéré, ce qui handicapa pendant longtemps tout mouvement flamand régionaliste.

Breizh-info.com : Qu’est-ce que le nationalisme flamand qu’il prônait ?

Eric Vanneufville : Le nationalisme flamand doit être selon l’abbé Gantois ancré dans ses racines, y compris ethniques mais aussi chrétiennes, populaires et sociales et ne pas rejeter la Flandre de langue française ou picardisante (Lille, Douai).

Bien dans son temps des nationalismes des années 30, Gantois affirma des convictions racistes, en considérant que c’étaient la race et le sang qui décidaient.

Cela lui permit de préciser que dans les régions autrefois de langue germanique ou de peuplement flamand, basé sur les tribus franques ou saxonnes ou frisonnes, la francisation ultérieure ne gommait pas le caractère ethnique fondamental : ces francophones demeuraient germains et flamands par la race et le sang, lesquels expliquaient l’unité culturelle traditionnelle des Pays-Bas français, jusqu’à la Somme.

Même en France en la seconde moitié du XXe siècle, il y eut chez un petit nombre de régionalistes, plutôt à droite, une référence révérencieuse à « l’abbé », personnage devenu quasi mythique. Évidemment, pendant longtemps cela découragea les idéologues de gauche de soutenir les régionalistes flamands. La situation n’évoluera que peu avant 1980, plus de 10 ans après le décès de Gantois en 1968 à Watten alors qu’il n’était déjà plus vraiment actif au titre du mouvement flamand.

Breizh-info.com : Il n’y a pas de bibliographie à la fin de votre ouvrage. Est-ce un parti pris de votre part ?

Eric Vanneufville :  J’ai préféré citer les ouvrages essentiels permettant de l’approcher dans les notes, références et citations indiquées dans le corps même de l’ouvrage.

Breizh-info.com : L’abbé Gantois en Flandres, l’abbé Perrot en Bretagne. Même époque, mêmes fonctions. Quelles similarités ? Quelles différences ?

Eric Vanneufville : C’est l’un des aspects les plus difficiles à cerner. Gantois était persuadé que, pour connaître quelque chance de succès, les mouvements régionalistes de France devaient être unis chez eux et solidaires entre eux. Il s’y ajouta une certaine empathie de Gantois envers Perrot dont il appréciait les qualités humaines.

Breizh-info.com : Quel héritage a laissé, aujourd’hui encore, l’abbé Gantois aux Flamands ? Comment se fait-il qu’il soit finalement assez méconnu, voir pas connu du tout ?

Eric Vanneufville : Gantois en France est soit méconnu, soit présenté négativement, au détriment du régionalisme encore à présent, en particulier eu égard à la période de l’occupation allemande. En Flandre belge, il jouit encore d’une certaine aura.

Propos recueillis par YV

Photo d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Malestroit. L’église sauvée de justesse d’un incendie criminel, des bidons d’essence retrouvés

Il s'en est fallu de peu pour que l'église de Malestroit, dans le Morbihan, ne parte en fumée dans...

Macron : Contre l’abstention, la fraude ? – Le journal du mardi 22 juin 2021

Après un niveau record pour les scrutins de dimanche dernier, toutes les méthodes sont à l’étude pour endiguer le...

Articles liés

Flandrez : ar vugale a dremeno un test war ar yezh e trede bloavezh skol-vamm

E Bro-Flandrez (Stad Beljiad) 25% eus ar vugale skol-vamm ne gomzont ket izelvroieg er gêr. Ha 22% evit ar vugale skoliataet er skolioù kentañ derez....

Lannion. Xavier de Langlais, un artiste breton majeur à (re)découvrir tout l’été

Sculpteur, peintre, écrivain, Xavier de Langlais était un artiste complet au service de la Bretagne. À Lannion, une exposition lui sera consacrée durant tout...

Panelloù e flamankeg ar c’hornôg e Pradeels

Ur garta evit flamankeg ar c'hornôg a zo anezhi, re-bar da hini « Ya d'ar brezhoneg » evit ar brezhoneg pe « Du galo dam yan dam...

Flandre. Un seigneur nous a quittés Francis Van den Eynde

Francis Van den Eynde, Flamand  né en 1946, vient d’entamer son dernier voyage. Que ce voyage, cher Francis, soit à nouveau, pour toi  une...