Maître Pichon : « Nous vivons sous la dictature de l’émotion. Les médias décident quels sont les sujets dignes d’intérêt » [Interview]

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Nous sommes revenus la semaine passée sur la relaxe des membres de Génération identitaire dans le cadre de l’affaire Poitiers. Une relaxe judiciaire qui n’efface pas la première justice, celle rendue bien avant par le « tribunal » médiatique et politique, et dont le préjudice est difficile à estimer aujourd’hui.

Pour évoquer ce recul de la Justice face à de nouveaux Inquisiteurs, de nouveaux juges, mais également cette victoire sur le terrain juridique, nous avons interrogé l’un des avocats de l’affaire, Maître Pichon.

Breizh-info.com : Pouvez vous revenir sur la relaxe des membres de Génération identitaire ? Est-ce que cela signifie que tout est terminé concernant Poitiers ?

Maître Pichon : Sous réserves que le Parquet Général fasse un pourvoi en cassation -dont nous n’avons pas attendu parler jusqu’à ce jour- on peut en effet dire que l’affaire de la banderole de Poitiers est aujourd’hui terminée – du moins sur le plan judiciaire et qu’elle s’est soldée par une victoire au bout de 8 ans de marathon judiciaire.

Breizh-info.com : Les militants sont-ils en mesure de demander des dommages et intérêts eu égard des préjudices subis durant toutes ces années où ils ont été accusés ?

Maître Pichon : Ils pourraient certes engager une procédure en dénonciation calomnieuse, mais les conditions en sont assez strictes et je pense que nos clients veulent surtout tourner la page de cette histoire qui a été éprouvante.

 A travers cet exemple, on voit bien que même si la bataille juridique a été remportée, la bataille médiatique elle, a coûté cher à ces militants, professionnellement, socialement parlant. Les réseaux sociaux et les grands médias ne sont-ils pas en passe de devenir les nouveaux juges ? Oui cela a coûté cher, avant tout sur le plan humain car nos clients ont été soumis à des restrictions qui ont été particulièrement draconiennes et ils ont vécu sous une épée de damoclès avec le risque d’une privation de droits civiques et d’amendes particulièrement élevées. Mais je vois avant tout le victoire judiciaire qui est aussi une victoire politique car elle redonne du baume au cœur et montre qu’il ne faut jamais se décourager.  La persévérance, même si elle a un coup, s’est avérée payante.

Breizh-info.com : En tant qu’avocat, cette évolution vers une nouvelle Inquisition politico-médiatique, qui juge avant la Justice, ne vous inquiète-t-elle pas ?

Maître Pichon : Oui nous vivons sous la dictature de l’émotion étant précisé que ce sont les média qui décident quels sont les sujets dignes d’intérêt. Vous remarquerez que si l’on a beaucoup parlé de la banderole des identitaires lors de la manifestation dite anti raciste qui s’est déroulée il y a quelques jours, les média ont très peu évoqué cette victoire judiciaire. Je pense que ce silence n’est pas fortuit. Lorsque certaines idées inquiètes, soit on les diabolise, soit on n’en parle pas.

Breizh-info.com : Parallèlement à cela, on assiste à une multiplication des erreurs judiciaires (détenus libérés en anticipé qui récidivent, jugements faussés pour des vices de procédures…) faut-il réformer de fond en comble la magistrature ?

Maître Pichon : Je pense en effet qu’il y a une insuffisance concernant la formation des juges. Les juges sont à l’image de notre élite, c’est-à-dire formatés pour la plupart par l’air du temps. On assiste à un recul du droit au profit de l’émotion. Les dernières déclarations de Castaner le confirment. Par ailleurs, je suis partisan, pour les cas graves d’une responsabilité professionnelles des magistrats. Les avocats, les policiers, les militaires en opération, les hommes politiques engagent leur responsabilité personnelle dans certaines situations. Il n’y a aucune raison pour que les magistrats dans certains cas de forfaiture, de négligence ou de partialité échappent à cette responsabilité.

Breizh-info.com : La loi Avia vient d’être retoqué par le Conseil Constitutionnel. Faut-il s’en féliciter car elle portait atteinte à nos libertés, ou tout de même s’en inquiéter car une poignée de « sages » non élus peuvent décider à la place de députés, élus de la Nation ?

C’est une grande victoire pour la liberté d’expression.

De fait, cette loi prévoyait de confier aux  grands opérateurs intervenant sur internet la possibilité de se faire seuls les «juges» du contenu licite ou illicite d’un propos qui leur aura été signalé. les «modérateurs» de ces structures, devaient (le délai de réactivité pour l’opérateur étant fixé à 24 heures…), trancher le point de savoir s’il convient de maintenir en ligne ou de censurer un texte, un propos, une tribune alors même que de telles questions peuvent retenir plusieurs juges, plusieurs années, dans le cadre d’audiences fortement débattues.

Est-il légitime de laisser à de tels groupes privées, qui plus est lorsqu’elles sont juges et parties, la responsabilité de définir le licite ou illicite ou ce qui peut être écrit ou non sur un réseau social ou un page internet, et ce sans respecter le principe du contradictoire ? Le conseil constitutionnel a heureusement censuré cette loi.

Breizh-info.com : Vous êtes connu pour plaider pour de nombreuses affaires dites « politiques ». Quel est votre programme à venir de ce côté ?

Maître Pichon : De nombreuses affaires en cours notamment concernant des actions engagées à l’initiative du CCIF, une association proche des frères musulmans, qui vise à poursuivre tous ceux qui émettent une critique de l’Islam. Il y a une véritable offensive pour criminaliser ceux qui dénoncent non seulement l’Islamisme radical mais également l’Islam comme structure politico sociale d’essence totalitaire. Je crois que la meilleure défense est encore l’attaque. C’est ce que nous avons fait à Poitiers en dénonçant le double discours de l’Imam qui pratiquait la Takiya alors qu’il était en lien avec les frères musulmans et qu’il avait entrepris de faire de Poitiers un lieu de reconquête.

Propos recueillis  par YV

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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