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Une immersion impressionnante dans la plus importante maternité des Philippines, véritable usine où l’on accouche à la chaîne.
À travers leurs échanges, entre elles, avec le corps médical et leurs familles, l’intimité de jeunes femmes déjà plusieurs fois mères se dévoile peu à peu. Dans un pays où 86 % de la population est catholique, la maternité de Manille, aux Philippines, met au monde en moyenne soixante enfants par jour. Les mères sont à deux par brancard dans les couloirs. Parfois, l’une d’elles y donne la vie, faute de place en salle d’accouchement. Mères et nouveau-nés sont ensuite entassés dans une immense pièce où une infirmière, micro à la main, vient régulièrement leur asséner des injonctions : « Votre mari ne voudra plus de vous si vous avez les cheveux gras et que vous sentez le lait caillé : lavez-vous ! »
https://www.youtube.com/watch?v=kgL9TNy8VZ4
Solidaires – il n’est pas rare qu’une femme nourrisse l’enfant d’une autre pour l’aider –, les patientes, souvent très jeunes, semblent totalement perdues. Beaucoup sont aussi sous la coupe de leurs propres mères, qui les exhortent à refuser les contraceptions que le planning familial essaie de leur proposer. Le bruit et la douleur Tourné en cinéma direct, ce huis clos capte le tumulte de la maternité la plus peuplée des Philippines. Les situations les plus invraisemblables s’enchaînent dans le bruit et la chaleur moite.
À travers leurs échanges, entre elles, avec le corps médical et leurs familles, l’intimité de jeunes femmes déjà plusieurs fois mères se dévoile peu à peu. Tandis que l’une ignorait qu’elle portait des jumeaux, à défaut d’échographie, l’autre, encore elle-même une enfant, pleure à chaudes larmes en se disant prête à assumer ses responsabilités.
La fabrique à bébés Documentaire de Ramona S. Diaz (Philippines, 2017, 59mn)
Illustration : DR
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