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À la faveur des délibérations du conseil municipal du 15 juillet dernier (délibération n°45), l’on apprend que les émeutes de juillet 2018 continuent de coûter cher au contribuable nantais. La municipalité vient ainsi d’acquérir un local pour abriter certaines associations qui étaient, avant les émeutes, dans la maison de quartier des Haubans, incendiée la seconde nuit des émeutes, vers minuit.
Cet incendie avait d’ailleurs revêtu un caractère très organisé, d’après les témoignages de riverains, et se plaçait dans un conflit de longue date entre gangs de dealers et mairie de Nantes, dont les vigiles les empêchaient de transformer le hall de la maison de quartier en point de deal – son emplacement était stratégique, car bien situé au niveau des transports en commun (C3 et C5) au centre névralgique du quartier, et en même temps abrité des précipitations et des caméras.
Dans sa délibération, la Ville de Nantes continue d’appeler les émeutes par un doux euphémisme : « les événements de juillet 2018 », dont il n’existe toujours aucun bilan officiel – officieusement, plus de 40 bâtiments et commerces ont été incendiés, ainsi que plus de 600 voitures en une semaine et demie d’émeutes dans les quartiers dits « sensibles », et pas seulement au Breil qui en était l’épicentre.
À la suite des « événements », donc, la municipalité acquiert, pour « relocaliser pour partie les associations qui œuvraient sur le quartier Malakoff », un local du programme YLORA de la Maison familiale de Loire-Atlantique « récemment livré », tout neuf donc, de 91 m² « vendu brut à aménager destiné à constituer un lieu partagé pour des associations précédemment accueillies sur la Maison des Haubans ». Le prix d’acquisition est de 158 333,33 € HT hors frais de notaire, « pour environ 5 000 € ». Il faudra encore y ajouter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour l’aménagement des lieux.
Autre coût lié aux émeutes, la relocalisation de la ludothèque en octobre 2019 au n°2 bis rue d’Irlande, dans un local dont la municipalité de Nantes était propriétaire ; ce local commercial a du être réaménagé, moyennant 408 000 € de travaux ; trois appartements de la Ville au 1, rue d’Angleterre ont été mis à disposition de la quinzaine d’associations qui avaient leurs bureaux maison des Haubans – ce seront autant de loyers qui ne rentreront pas. Quant à la maison des Haubans, elle devra être entièrement reconstruite, soit une opération à plusieurs millions d’euros.
À ce jour, le coût total des émeutes, entre destructions, indemnisations, réparations, acquisitions de nouveaux locaux pour y déménager les activités, services publics et commerces impactés, aménagements nouveaux, etc., n’est toujours pas connu.
Louis-Benoît Greffe
Photo d’illustration : DR
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