Elections américaines : Propagande, Etat profond et fabrique du consentement

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Si les individus peuvent toujours surprendre, les groupes sont souvent hautement prévisibles. Qu’il s’agisse de coteries politiques, de bandes organisées dans des buts plus ou moins avouables, de spectateurs sportifs ou de masses citoyennes, en obtenir une réaction spécifique est un jeu d’enfant, aujourd’hui plus que jamais.

Edward Bernays (1891-1995), à l’école de son oncle Sigmund Freud, aura été le premier à théoriser la « fabrique du consentement » que d’habiles démagogues avaient depuis longtemps anticipée et mise en pratique. D’empirique, celle-ci s’est peu à peu renforcée par la construction scientifique d’un corpus d’influence fondé sur la psychologie des foules telle que l’a décrite entre autres Gustave Le Bon. Appliquant ses observations à la Révolution française, ce dernier constate que les forces subversives occultes déterminées à inverser un paradigme jugé légitime et souhaitable par un peuple – ici, le maintien d’une monarchie réformée – a intérêt à dresser des foules particulières contre le peuple lui-même. Ces foules, « simple agrégat de forces éphémères, transitoirement condensées », sont suffisamment vulnérables pour qu’on puisse les opposer à ces « collectivités fixes » que sont les peuples.

A mesure que se sont perfectionnés les outils technologiques et qu’ont été établis les éléments constitutifs du consentement, aiguiller la volonté des foules puis de la majorité du peuple vers une opinion maîtresse constituant un levier de basculement de leurs représentations est devenu une certitude quasi mathématique.

Les élections américaines : un cas d’école

Elles illustrent parfaitement ce qui vient d’être dit. Dès le président Thomas Jefferson (1743- 1826), ce qui est devenu « l’État profond », entité de l’ombre qu’il est impérieux de combattre car elle nuit à la nation américaine en en niant les principes fondateurs, a pris forme. La tentative des ploutocrates d’établir une banque fédérale s’avéra très vite une tromperie. Ce qui était visé était en fait la création d’une banque privée dont la direction serait détenue par des financiers privés ne devant aucun compte au gouvernement. Le précédent de la banque d’Angleterre, société de droit privée fondée en 1694, incita Alexander Hamilton, Secrétaire au trésor, à en susciter l’avènement. Cette First Bank of the United States vit le jour en 1791 et s’attira immédiatement les foudres de Jefferson, qui la jugea susceptible de « transformer nos concitoyens, leurs propriétés et leur travail, en victimes passives des tours de passe-passe frauduleux des banquiers et des charlatans », ce en quoi il ne se trompait pas. La charte de cet établissement arrivant à expiration en 1811, il dut durant cinq ans se battre pour en obtenir le renouvellement (1816). Accédant au statut de Second Bank of the United States, il se maintint jusqu’à ce que son nouvel adversaire, Andrew Jackson, épaulé par des membres lucides et honnêtes du Congrès, y mettent un terme, et ce jusqu’en 1913 lorsque Wilson, l’homme des banques, permette la création de la Banque fédérale (FED), laquelle n’est ni fédérale ni gérée par le politique mais détenue par des banquiers privés. Le point de vue de Jackson, par ailleurs, est aussi juste qu’éclairant : « Vous êtes un nid de vipères. J’ai l’intention de vous déloger et, par l’Éternel, je vous délogerai. Si seulement le peuple était conscient de l’injustice flagrante de notre monnaie et de notre système bancaire, il y aurait une révolution avant demain matin » (cité par Pierre Hillard dans son Atlas du Mondialisme, p. 96).

Tabler sur la clairvoyance du peuple est évidemment illusoire dès lors que tout est fait et finit par être couronné de succès pour en détacher des foules convaincues que ce qu’entreprend l’État profond est licite et bon pour le pays.

Telle est la situation dans les pseudo démocraties occidentales à l’heure actuelle, et aux États-Unis, dans le cas qui nous intéresse.

Qu’est-ce qui a permis la création d’une masse suffisamment égarée pour ne pas saisir qu’éliminer Donald Trump, c’est éliminer un président qui, à l’instar de Jefferson, de Jackson et dans une mesure différente, de Kennedy (la finesse en moins), s’est fixé comme but et comme devoir d’abattre l’État profond qui disloque progressivement la nation, défait l’unité du peuple, le condamne à brève échéance à l’asservissement total et sans recours à une oligarchie sans états d’âme, impitoyable et cruelle ?

Parmi les raisons plus vénielles, mais dont on aurait tort de sous-estimer l’impact, figurent les éléments liés à l’habitude. La répétition d’actes ou de paroles trace dans le cerveau des sillons pareils à ceux d’un disque sur lequel l’aiguille passe et repasse avec régularité. Au cours des cinq années que j’ai passé jadis dans un parti politique, j’ai entendu mille fois, en réponse à ma question : « Pourquoi as-tu voté pour ce candidat médiocre ? » – « Parce qu’il était démocrate-chrétien (ou radical ou socialiste) et que dans ma famille nous avons toujours voté pour les candidats de ce parti ». Attitude stupide et à courte-vue mais hélas fréquente. Si l’on admet que Joe Biden est bien le candidat de l’État profond, qui est une catastrophe pour le peuple américain, les votes se reportant sur lui, malgré les réussites (sabotées via la machination du Covid) de Trump, qui devraient lui mériter une réélection, indiquent bien – et l’expérience nous en a instruit depuis longtemps – que la majorité des électeurs démocrates l’ont désigné par un attachement atavique à ce parti. Le niveau lamentable du système éducatif américain, que l’Europe est en train de copier, explique aussi l’absence de plus en plus marquée d’esprit critique et le triomphe progressif de l’ignorance. Mais l’essentiel n’est pas là.

Deux autres causes sont responsables de ce qui semble devoir être une lourde défaite de Trump : la propagande et la fraude. Depuis le matraquage qui a convaincu le peuple américain, profondément isolationniste, que les États-Unis se devaient d’entrer dans la Première Guerre mondiale (l’État profond y tenait absolument), l’efficacité des moyens de propagande a été décuplée (Bernays et ses disciples y ont veillé). Le côté inattendu de la personnalité de Trump, sa conviction tonitruante, son programme salutaire et la réalisation par les classes populaires et moyennes américaines que l’occasion leur était offerte de se débarrasser d’un parti démocrate mondialiste et oligarchique ont produit en 2016 le résultat que l’on sait, résultat que l’État profond et son cortège n’ont jamais accepté.

Car en dépit des apparentes foucades du nouveau président et de son style peu conventionnel, c’est bien à l’adversaire résolu du Mondialisme et de la nébuleuse ploutocratique que ceux-ci avaient affaire. Aussi dressèrent-ils contre lui les diverses castes à leur service : journaux, télévisions, radios, milieux d’affaires, Hollywood, chapelles LGBT, assourdissant les populations de fausses nouvelles, de mensonges et de fabrications, accumulant les montages les plus abracadabrants, travestissant jusqu’à la vie professionnelle et la vie privée du président. Les enquêtes successives ont démontré, par la suite, la fausseté de tout ce tapage, mais sa répétition inlassable, aussi perfide que déloyale, summum d’hypocrisie et d’imposture a fini par laisser des traces dans les cerveaux. Marteler à journée faite que ce qui est blanc est rouge ne manque pas de rendre daltonien

Mais l’aspect le plus choquant de ces élections fut la fraude massive : bulletins parvenus par dizaines de milliers et à la dernière minute dans les bureaux de vote et faisant pencher la balance en faveur de Biden, morts votant, électeurs votant deux ou trois fois, comptage arrêté indûment, observateurs chassés de locaux de dépouillement, caméras dans ces mêmes locaux tombant brusquement en panne, etc.

L’attitude des médias, d’autre part, constitue un scandale, y compris en Europe où la majorité des journaux et des chaînes privées de radio et télévision appartiennent à des milliardaires complices des États profonds.

Si l’on admet, dès lors, que Biden a gagné – l’État profond se l’était juré, quel que fussent les moyens pour y parvenir, – il faut être conscient de ce qui attend aussi bien les citoyens américains que le reste du monde. Biden n’est qu’un fantoche au service de la nébuleuse oligarchique. Il fera ce qu’on lui dira de faire, de la même manière que Macron obéit aux injonctions d’Attali, Minc, la commission européenne et la nébuleuse au haut de la pyramide.

Avant six mois, Israël aura sa guerre, grâce à la puissance militaire des États-Unis, et anéantira l’Iran. Le grand empire perse de jadis et ses trésors architecturaux, picturaux, philosophiques, littéraires donnera plus de fil à retordre à ses agresseurs que la Libye et l’Irak, mais il n’en mordra pas moins la poussière.

Ainsi, de destruction en destruction, l’État hébreu obtiendra ce après quoi il court : le morcèlement des nations entourant son domaine, leur affaiblissement définitif et l’assurance de pouvoir poursuivre son objectif d’annexer les terres devant constituer le Grand Israël.

Quant à la Chine, tout sera fait selon les vœux de la femme Clinton, responsable avec son mari de la mort d’un million d’Irakiens, dont cinq cent mille enfants : le lancement d’une confrontation pouvant mener à une quatrième guerre mondiale.

Sur le plan intérieur, le protectionnisme efficace de Trump, qui permit de rapatrier des millions d’emplois et de résorber le chômage, fera place à un retour des délocalisations, une progression fulgurante du chômage, la reprise de la paupérisation voulue par l’agenda mondialiste, la haine intercommunautaire et les affrontements sanglants entre groupes ethniques, jusqu’à ce que les Blancs soient minoritaires et se soumettent au monde qui vient.

L’État profond aura même été suffisamment avisé pour faire admettre par une majorité de citoyens qu’il n’existe pas, qu’il n’est que la construction délirante de complotistes invétérés.

Décidément : « Quos vult perdere Jupiter dementat » (Jupiter rend aveugles autant que fous ceux qu’il veut perdre).

Dr Michel Bugnon-Mordant, géopolitologue

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. Tout est dit, si ce n’est que la Chine peut s’accommoder d’une gouvernance mondiale dans laquelle on lui laisse une place confortable.

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