Engrenages saison 8. La fin trop politiquement correcte d’une excellente série française

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Engrenages, c’est terminé. La saison 8, diffusée depuis plusieurs semaines sur Canal +, met un terme à une aventure débutée en 2005.

Une aventure qui, depuis 15 ans, contient sans doute ce qui se fait de mieux aujourd’hui au niveau du cinéma français, même si, du côté du politiquement correct, le spectateur n’échappera pas, notamment dans cette dernière saison « spéciale mineurs isolés étrangers » à une propagande qui agace le spectateur qui se sent pris en otage.

Le synopsis de cette saison ? Le 2e DPJ enquête sur un migrant adolescent retrouvé mort dans une laverie du 18e arrondissement. Berthaud et Ali, aux méthodes différentes, doivent apprendre à former un groupe sans Gilou, incarcéré. Dans l’espoir de redevenir policier, celui-ci accepte de collaborer avec la Brigade Criminelle pour infiltrer un gang de braqueurs.

Les enquêtes sont bien ficelées, comme d’habitude, même si franchement, l’équipe de Berthaud a beaucoup moins fière allure qu’à l’époque de Gilou ou de Tintin.

Par contre, ce que l’on peut clairement reprocher aux réalisateurs de cette série, c’est la prise en otage idéologique : il faut que le spectateur pleure sur le sort de ces « mineurs isolés » qui déambulent dans un Paris dont pour le coup, ils ne peuvent pas masquer l’aspect « grand remplacement » de population.

On y découvre tout de même, avec une forme de réalisme, l’envers du décor, avec un Etat à genoux, impuissant devant cette délinquance, qui s’en remet « par humanité » aux associations de terrain, débordées, et parfois complices de cette immigration, et des trafics parfois macabres qui sont liés eu égard de la main d’oeuvre facile que constituent ces individus qui arrivent et restent plus facilement sur notre territoire qu’un militant anti islam danois.

Finalement, Engrenages saison 8, c’est l’aboutissement de la transformation profonde d’une métropole comme Paris. Des policiers dont certains issue de l’immigration enquêtent sur des méfaits commis par des délinquants immigrés, dans un quartier à forte population immigrée. L’autochtone y a de moins en moins sa place, hormis lorsqu’il s’agit de jouer le rôle d’un dealer de crack (ce qui prêterait à sourire n’importe quel policier qui travaille au quotidien dans ces quartiers de paris) ou celui d’un voyou, assassin et proxénète (incarné par le rappeur Kool Shen).

On vous passe également les allusions marquées aux sujets qui tracassent la presse mainstream aujourd’hui. « C’est parce que je suis une femme que vous me parlez comme ça ? » demande la juge au commissaire Beckriche rentrant furibard dans son bureau pour demander des explications sur une affaire en cours qui a mal tourné.

Une touche de féminisme (on observera tout de même la différence de traitement de cette juge féminine lorsqu’il s’agit de presque s’apitoyer sur le sort d’un délinquant mineur isolé tout en se montrant beaucoup moins souple avec Frémont, par exemple…) et l’évocation de tout ce qui tend à une société dite « inclusive « de quoi justifier quelques subventions ?

On se prête même à rire en entend un voyou camé jusqu’à la moelle et auteur d’actes passibles de 10 années de prison reprendre son collègue suite à une remarque jugée machiste….

Dommage que ce type de cinéma français, par ailleurs brillant, ne parvienne pas à s’affranchir du politiquement correct – on peut le constater chaque année à Cannes ou pendant les Césars. Il est vrai qu’en la matière, le cinéma américain n’est pas mieux placé – il suffit de voir la propagande Pro Biden d’Hollywood quasi unanime lors de l’élection présidentielle aux USA .

Engrenages, c’est terminé donc. On en retiendra une série qui aura marqué à coup sûr l’histoire du cinéma français et de la série française, à l’image de Braquo  ou de Baron noir. On en retiendra également une description des institutions policières et judiciaires françaises qui n’apparaissent pas comme étant très ragoûtantes.

On en retiendra aussi des acteurs qui, de Thierry Godard à Caroline Proust en passant par Audrey Fleurot, ont fait le job et l’ont même très bien fait.

Mais de grâce, que l’on arrête de prendre politiquement les spectateurs en otage, eux qui, s’acquittant chaque année d’une redevance TV qui finance en partie le cinéma français, sont aussi en droit d’attendre une forme de neutralité, tout du moins d’équilibre dans un cinéma français trop souvent à la dérive.

YV

Crédit photo : DR
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