Julien Langella : « Politiquement, le Pape François devrait se taire » [Interview]

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Les sorties politiques du Pape François se multiplient, et feraient presque parfois passer Jean-Luc Mélenchon pour un réactionnaire. Prônant l’accueil des migrants, l’ouverture des frontières, le Pape François a également pris fait et cause pour le mouvement Black Lives Matter, tout en fustigeant ceux qui, en Europe notamment, s’affichent sceptiques ou contestataires par rapport aux politiques sanitaires tyranniques actuellement mises en place sans épargner non plus les pays comme la Pologne ou la Hongrie, pays catholiques par excellence.

Son livre à paraitre, Un temps pour changer – sous-titré Viens, parlons, osons rêver – s’annonce comme une nouvelle leçon de propagande à l’adresse des fidèles qui le lisent encore.

De quoi chambouler des fidèles catholiques qui, pour certains, ne se reconnaissent plus dans leurs institutions et encore moins dans la personnalité politique du Pape François.

Pour évoquer cela, nous avons interviewé Julien Langella, auteur du livre « Catholiques et identitaires », responsable d’Academia Christiana, et qui nous parle du regard qu’il porte, et que devraient selon lui porter les catholiques, au sujet notamment des prises de décision politiques du Pape François.

Breizh-info.com : Entre condamnation des manifestations contre la tyrannie sanitaire et apologie de Black Lives matter, le Pape François est-il dans son rôle quand il fait de la politique ?

Julien Langella : Non, bien sûr. Aucun pape ne l’est dans de telles circonstances. Le concile de Vatican 1, réuni en 1870, rappelle que le pape doit être obéi par les fidèles en matière de foi et de morale. C’est le domaine de Dieu. Il peut légitimement intervenir quand, sur des points précis comme l’avortement, les chefs d’Etat violent la loi de Dieu (« Tu ne tueras point »). Mais ce n’est pas au pape de nous dire en filigrane pour qui ne pas voter, comme il l’a fait en évoquant les « groupes populistes fermés » et les « murs » de Donald Trump. De la même manière, ces sorties sur l’immigration sont le fait de Jorge Maria Bergoglio, l’homme. Ce n’est pas le pape, vicaire du Christ, représentant de Dieu sur terre, qui parle ainsi. La distinction est fondamentale.

Breizh-info.com : Les catholiques doivent-ils suivre ses recommandations sur l’immigration, l’accueil des migrants, l’ouverture des frontières ? 

Julien Langella : Si votre moniteur de boxe vous conseille un restaurant plutôt qu’un autre, allez-vous accorder plus de valeur à sa parole qu’à votre ami Jean-Michel, critique gastronomique ? C’est la position traditionnelle de l’Eglise, consacrée par son droit et plusieurs rappels depuis un siècle et demi. Le concile de Vatican 1 n’a d’ailleurs fait que rappeler un vieux principe : un roi pouvait très bien être un fidèle chrétien et, pour des raisons liées à sa gestion d’un conflit entre seigneurs ou une autre affaire politique, rentrer en conflit avec le pape. Bref, à César les affaires temporelles et à l’Eglise le domaine spirituel. L’homme étant à la fois spirituel, puisque enfant de Dieu, et temporel, puisque doté d’une chair et soumis aux lois de la biologie, ne peut se diviser. De la même manière, si Eglise et Etat doivent être distingués, les deux institutions doivent demeurer unies pour garantir le bien commun. C’est le principe d’une saine coopération, nous en sommes loin aujourd’hui avec les compromissions de certains clercs au nom de la « santé publique ».

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui explique que malgré ses déclarations, les catholiques qui refusent ces prises de position politiques ne se détournent pas du Pape François ?

Julien Langella : Parce que les catholiques croient fermement que l’Eglise n’est pas qu’une institution humaine mais aussi surnaturelle, soutenue miraculeusement par la main de Dieu depuis 2 000 ans. Dans l’Evangile, Notre Seigneur a annoncé à Pierre : « tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église, les portes de l’enfer ne prévaudront point ». C’est la promesse du Dieu fait homme. Comment un catholique intègre pourrait-il alors affirmer que le pape n’est pas le pape ? Le pape est ce vieil oncle un peu emmerdant qui nous met dans l’embarras quand il déraille sur quelques lubbies mais il demeure le pape et nous lui devons le respect qui échoit à un homme revêtu de la grâce divine. Un esprit sécularisé ne peut le comprendre. Mais un homme de bonne volonté, même agnostique, doit envisager que l’Eglise dit vrai au sujet du Christ et de son vicaire. Il n’y a qu’en accordant le « bénéfice du doute » à la foi catholique que l’on peut comprendre ceux qui s’en réclament. Par ailleurs, nous ne sommes pas démocrates ni protestants : on ne change pas n’importe comment le chef d’une institution qui a survécu à toutes les révolutions, à toutes les guerres civiles et à tous les totalitarismes depuis deux millénaires. Il faut garder cela en tête.

Et puis, honnêtement, nul besoin d’adhérer à tous les tweets du pape pour être bon catholique.

La vie quotidienne du fidèle, de quelque sensibilité qu’il soit, est jalonnée par la messe et la prière en famille plutôt que par l’attention scrupuleuse à toutes les sorties médiatiques d’un homme d’Eglise. Concrètement, une déclaration du pape dans un avion n’a pas la valeur d’un verset de la Bible, du sermon d’un curé ou du Catéchisme officiel. Les non-chrétiens se font une image un peu hypertrophiée de l’influence du pape et de ce qui intéresse vraiment les catholiques… Ce qui, bien sûr, ne change rien au fait que, politiquement, le pape devrait se taire.

Breizh-info.com : Y’a-t-il des voix influentes et dissonantes au sein de l’Eglise catholique ? Pourquoi ne se font-elles pas plus entendre ? 

Julien Langella : L’Eglise n’est pas une association loi 1901 ni une assemblée générale d’étudiants grévistes. L’Eglise est le marche-pied pour le Ciel, notre guide spirituel. L’Eglise n’est pas un parti, il y a des sensibilités différentes et chacun y trouve son bonheur mais n’espérez pas les « Primaires de l’Eglise ». Des voix dissonantes se font toutefois entendre : en fait, la plupart des évêques d’Afrique noire, d’Europe orientale ou du proche-Orient vomissent explicitement la tendance LGBT, l’immigrationnisme (écoutez le cardinal Sarah, Mgr Turkson, Kiss-Rigo, Schneider…) et autres flétrissures idéologiques avec lesquelles le pape se montre complaisant. Le progressisme des évêques de France, d’Allemagne ou du pape François est marginal dans l’Eglise. C’est aussi le fait d’une génération de baby boomers en train de disparaître, il y a donc au moins une bonne chose apportée par le covid-19. Je ne me fais aucun souci. Nous serons moins nombreux et plus pauvres mais aussi plus radicaux et vaillants. Nous sommes à la fin d’un cycle, le vieux cygne se fait entendre mais, déjà, les jeunes oies partent à l’assaut du nid.

Breizh-info.com : Peut-on dire qu’aujourd’hui, avec Georges Soros, le Pape François forme le binôme sans tout le plus nuisible à l’heure actuelle pour les hommes libres de ce monde ?

Julien Langella : C’est excessif. Le pape François a l’écho médiatique que la presse lui donne. Je pense qu’il ne représente pas grand-monde dans l’Eglise. En revanche, c’est certain, ses déclarations sont un contre-témoignage qui contribue à éloigner les gens de l’Eglise. Voilà le vrai problème. A nous d’être les chrétiens exemplaires qui susciteront un intérêt renouvelé pour la foi catholique au sein de la population. Il n’y a pas 36 solutions : il faut être vrai et un peu fou. Si le chrétien ne scandalise pas le monde, a fortiori une société aussi pourrie que la nôtre, à quoi servons-nous ? Nous sommes le « sel de la terre » a dit Notre Seigneur, pas le miel.

Breizh-info.com : En tant que catholique, que pensez-vous des mesures visant à limiter à 30 le nombre de personnes assistant à une messe ? Quid des réactions des fidèles ? N’est-on pas très loin de la résistance des Cristeros, pour ne citer qu’eux ?

Julien Langella : Oui, la Conférence des évêques de France s’est ridiculisée dans cette affaire. Elle a montré par son échec humiliant (puisque le gouvernement s’est parjuré avec cette jauge de 30…) qu’il n’y a qu’un rapport de force entre la République et nous. Partout en France, la jauge ne sera pas respectée. Des préfets ont déjà rassuré certains évêques là-dessus. Je peux vous l’affirmer avec une certitude absolue. Et puis regardez la réaction d’un Mgr Ginoux, de Montauban, « l’évêque des ronds-points » pendant les Gilets jaunes. Il a appelé ses fidèles à envahir les églises. C’est ce qu’il faut faire. Mais pas seulement : nous voulons Dieu sans concession, nous voulons la messe sans condition. A bas les masques, remplissons nos bénitiers comme nous l’avons fait à Toulon récemment et témoignons par cette désobéissance aux hommes, même aux clercs trop frileux, de l’obéissance due à Dieu.

Breizh-info.com : Vous travaillez actuellement sur un nouvel ouvrage, pouvez-vous déjà nous en parler ?

Julien Langella : Dans cet ouvrage, je revendique le choix du « populisme » comme étendard politique. La droite identitaire doit assumer ce terme, lui donner un contenu théorique plus consistant qu’un simple style médiatique anti-élites et proposer des mesures innovantes en faveur de l’enracinement, des libertés et de notre identité. Voilà ce que je propose dans cet ouvrage à mi-chemin entre l’essai politique, le pamphlet et le manifeste. La droite alternative manque de pistes concrètes à proposer aux Français, j’essaye avec cet ouvrage de contribuer à remplir ce vide pour redonner espoir à notre camp.

Propos recueillis par YV

Illustrations : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. Ce pape est un anti-pape qui travaille de concert avec les puissances financières dont Sorros est le représentant afin de détruire, la chrétienté pour la remplacer par
    obscurantisme musulman .
    Les prophéties de Malachie et celles de Jean Paul II seraient elles en train de ce réalisé ?

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