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Le Canada souhaite accroitre son influence sur la scène internationale et change ses intentions géopolitiques. Apparemment, ce pays, qui a toujours été passif face aux décisions américaines, veut prendre des positions plus agressives sur la scène internationale.
Le gouvernement canadien a récemment annoncé qu’il financerait des opposants à Loukachenko en Biélorussie et le directeur des services de renseignements canadiens a maintenant fait une note considérant Moscou et Pékin comme « les plus grandes menaces pour le Canada ». Ottawa veut visiblement prendre des mesures plus incisives sur la scène internationale, peut-être parce qu’il doute de la capacité de Washington à garantir ses intérêts en ce moment. Cependant, le pays n’a pas de conditions matérielles pour réaliser ses plans et peut prendre des positions compliquées à maintenir à long terme.
Le positionnement du Canada sur la scène internationale a toujours été déterminé auparavant par son plus grand partenaire, les États-Unis. Washington a toujours joué un rôle de premier plan dans les relations bilatérales, ce qui a toujours été accepté pacifiquement par les responsables d’Ottawa. Certes, rien ne changera à cet égard et une rupture des intérêts entre Américains et Canadiens semble très peu probable dans un avenir proche. Toutefois, en raison d’un certain nombre de problèmes, il est possible de dire que Washington est devenu de plus en plus incapable de maintenir une politique étrangère aussi large que par le passé, ce qui a motivé le Canada à prendre certaines décisions qui, dans le passé, auraient été prises en premier lieu par les États-Unis.
Au début de cette semaine, le ministre canadien des affaires étrangères, Marc Garneau, a annoncé un don de 2,25 millions de dollars canadiens aux opposants politiques de Loukachenko au Belarus. L’argent ira à toutes les organisations qui travaillent à « promouvoir la démocratie » en Biélorussie. La note indique également que le pays a déjà envoyé 600.000 dollars canadiens pour aider les organisations d’opposition, en particulier les femmes et les représentants des « médias indépendants ». En fait, les opposants qui reçoivent des fonds étrangers ont tendance à accroître leurs activités, ce qui tend à générer plus de violence dans les rues et d’instabilité sociale dans le pays. En favorisant un financement ouvert pour ces organisations, Ottawa crée une forte crise diplomatique, non seulement avec le Belarus, mais aussi avec la Russie, qui entretient de bonnes relations avec Loukachenko et condamne l’interventionnisme occidental.
Un autre fait qui mérite d’être mentionné est une récente déclaration du directeur des services de renseignements canadiens sur la Russie et la Chine. Lors d’une conférence, David Vigneault, directeur des services secrets canadiens (SCRS), a désigné Moscou et surtout Pékin comme les Etats les plus impliqués dans les « menaces humaines et cybernétiques » contre Ottawa. Le rôle de la Chine dans les prétendues « cyber-attaques » subies par le Canada a été souligné, la Chine étant considérée comme la principale menace pour la sécurité nationale canadienne – bien qu’aucune preuve de l’existence de ces cyber-attaques n’ait été présentée. Ce discours n’est cependant pas le fruit du hasard.
Auparavant, en novembre 2020, le Centre de sécurité des télécommunications (CSE) avait déjà affirmé dans un rapport que la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord étaient les plus grandes menaces du Canada pour la cybersécurité. La Chine et la Russie nient avec véhémence qu’elles représentent une menace quelconque pour les pays occidentaux, répondant que ces affirmations sont dépourvues de toute preuve, n’étant rien d’autre que des justifications de manœuvres géopolitiques et de sanctions internationales.
L’élection de Biden a représenté une résurgence de la vieille politique étrangère américaine, axée sur la préservation de l’hégémonie mondiale ce ce pays. L’administration Trump avait provoqué un grand mécontentement parmi les alliés internationaux de Washington, car Trump ne voulait plus endosser le rôle de gendarme du monde et était accusé par les pays traditionnellement à sa botte de « diminuer la sécurité » de ceux ci face à leurs rivaux géopolitiques communs. Cependant, même si l’Occident a célébré la victoire de Biden, il existe toujours une méfiance collective à l’égard de la capacité réelle du nouveau président à de nouveau changer la donne géopolitique. En d’autres termes, Biden veut sans aucun doute retrouver la domination mondiale des États-Unis, mais il est peut-être trop difficile pour un gouvernement américain de le faire.
Le rétablissement de l’hégémonie américaine est bénéfique pour le Canada car, étant un pays géographiquement proche et historiquement allié aux États-Unis, il garantit la sécurité et la stabilité. Toutefois, dans le contexte du déclin de ces dernières années et de l’incertitude quant à l’avenir, le gouvernement canadien pourrait devoir prendre ses propres décisions et rechercher un équilibre entre un monde en constante évolution et un processus avancé de multipolarisation géopolitique. Ce que Justin Trudeau semble vouloir faire dans son pays n’est pas très différent de ce que Macron a fait en France et Merkel en Allemagne : il cherche une alternative occidentaliste au déclin américain. Pour ce faire, ces hommes politiques anticipent des décisions qui, historiquement, relevaient de Washington.
Si M. Biden tient ses promesses, le Canada se trouvera dans une position extrêmement confortable en raison de ses liens avec les États-Unis. Si Biden échoue, Ottawa devra rechercher le soutien de l’Europe. Mais dans tous les cas, aller de l’avant sur certains dossiers peut être une grave erreur stratégique pour les Canadiens. L’appareil matériel, les capacités militaires et l’influence internationale du Canada sont extrêmement faibles par rapport aux pays qu’Ottawa a choisi comme principaux ennemis. Les cyber-attaques que les services de renseignement canadiens accusent la Russie et la Chine de mener ne seront probablement pas réelles, mais il est indéniable que Moscou et Pékin ont suffisamment de pouvoir pour mener de telles attaques et n’hésiteront pas à le faire si nécessaire.
Si le Canada entend réellement garantir sa survie dans un monde en constante évolution, choisir des ennemis beaucoup plus puissants et financer des émeutes dans la zone d’influence d’autres puissances semble être une stratégie terrible, d’autant plus que le Canada a aussi ses zones d’instabilité et ses foyers de tension, avec des mouvements séparatistes qui se développent progressivement, comme au Québec et en Alberta, et qui peuvent à tout moment évoluer vers des troubles plus profonds s’ils reçoivent de l’argent étranger de pays intéressés à répondre à l’affront d’Ottawa.
Lucas Leiroz, chercheur en droit international à l’université de Rio de Janeiro (Traduction Breizh-info.com depuis http://infobrics.org/post/32770/)
Crédit photo : DR
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3 réponses à “Le Canada finance l’opposition au Belarus et désigne la Russie et la Chine comme ses principaux ennemis”
L’ingérence des pays occidentaux dans tous les pays qui ne leurs sont pas soumis est devenu la règle. Cela ressemble aux derniers soubresauts d’une civilisation en voie de disparition.
https://fr.sputniknews.com/international/202012231044975676-formation-de-troupes-chinoises-au-canada-justin-trudeau-jette-un-froid-a-washington/
Récemment les relations sino-canadiennes n’étaient pas si mauvaises.
Trudeau, Merkel, Macron sont des progressistes, il défendent la démocratie, c’est beau. En face, un homme comme Poutine est un dictateur, c’est affreux. Le seul problème avec cette façon de voir, c’est que Poutine, lui, ne veut pas métisser son peuple par une invasion migratoire organisée, Poutine défend son peuple. Tandis que Trudeau, Merkel, Macron souhaitent faire disparaitre la race blanche, faire disparaitre leurs peuples, ils organisent un ethnocide. De plus, ce que l’on appelle démocratie est un ténébreux théâtre, géré par des organisateurs de matchs truqués, qui manipulent l’opinion publique (un viol des consciences) par la propagande de leurs médiats subventionnés, qualifiés de façon comique « d’indépendants ». En ce qui me concerne, si nos Républiques occidentales et immigrationnistes sont en danger, je ne me battrai pas pour les défendre.