USA. Une étude indique que les armes dites « non létales » ne seraient pas appropriées pour le maintien de l’ordre.

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Une nouvelle étude américaine – qui sera forcément contestée comme vous pourrez le lire en fin d’article – conclut que les armes dites « non létales » ne seraient pas appropriées pour le maintien de l’ordre. Parue dans le New England Journal of Medicine cette étude montre que ces armes causent des blessures sévères chez un nombre significatif de manifestants.

L’étude a été réalisée suite à de violentes manifestations en marge de la mort de George Floyd, le 25 mai 2020. Tout au long de ces manifestations, qui ont mobilisé environ 15 millions de personnes sur l’ensemble des rassemblements, un chiffre inédit dans l’histoire des Etats-Unis, les forces de l’ordre ont utilisé des armes dites « non létales » pour contrôler les foules.

Des études de cas systématiques concernant des patients traités pour des blessures causées par ces armes ont montré que 1,3 % d’entre eux ont subi des blessures invalidantes permanentes dues à des irritants chimiques et 15,5 % des blessures dues à des projectiles. Bien que les forces de l’ordre utilisent ces armes depuis longtemps, jusqu’ici, les rapports sur les dégâts causés n’existaient pas.

« Nous avons donc effectué une analyse rétrospective portant sur des patients blessés par des armes non létales et qui ont été soignés dans deux grands systèmes hospitaliers du Minnesota pendant les manifestations pour George Floyd » indiquent les instigateurs de l’étude.

Cette étude rétrospective a porté sur des patients de tous âges qui ont subi une évaluation médicale du 26 mai au 15 juin 2020 dans des cliniques de soins primaires, des cliniques de soins d’urgence et des services d’urgence de deux systèmes médicaux du Minnesota et qui avaient les codes S00 à T59 de la Classification internationale des maladies indiquant les conséquences des causes externes et les diagnostics de blessures ou qui avaient des notes « émeute », « balle en caoutchouc », « gaz lacrymogène », « protestation » ou « projectile » dans leur dossier médical électronique. « Nous avons exclu les patients qui n’avaient pas subi de blessure, qui avaient des blessures qui n’étaient pas liées à des protestations, ou qui avaient des blessures qui n’étaient pas liées à des armes non létales ou à la violence des policiers »

L’étude complète est à retrouver, en anglais, ici

Sur les 6 626 dossiers médicaux identifiés lors de la recherche initiale, 89 répondaient aux critères de l’étude, 45 (51 %) indiquant des blessures dues à des projectiles, 32 (36 %) des blessures dues à des irritants chimiques, et 12 (13 %) des blessures dues aux deux types d’armes. Les patients ont fait état de 41 blessures dues à des balles en caoutchouc, 7 à des bombes lacrymogènes, 2 à des Beanbags et 7 à des projectiles inconnus. Dix patients (11 %) ont subi un traumatisme oculaire dû à des projectiles. Sept patients (8%) ont été opérés pour leurs blessures, et 16 patients (18%) ont subi des traumatismes crâniens. Un pourcentage important des blessures dues à des projectiles a été causé à la tête, au cou ou au visage (chez 23 des 57 patients [40 %]). Le score de gravité des blessures a été utilisé pour classer la gravité des traumatismes ; les blessures ont été classées comme légères chez 77 patients (87%), comme modérées chez 8 (9%) et comme graves chez 4 (4%). Cependant, ces résultats ne sont pas représentatifs de toutes les personnes blessées, car l’échantillon était limité aux personnes qui ont choisi de se faire évaluer par un médecin.

« Bien que les armes non létales soient conçues comme une alternative aux armes létales, nous avons trouvé un nombre important de patients avec des blessures graves, y compris de nombreuses blessures à la tête, au cou et au visage. Les directives des Nations Unies stipulent que ces armes ne doivent être pointées que sur les extrémités et que les coups portés à la tête, au cou et au visage sont potentiellement illégaux. Bien que les résultats ne reflètent les manifestations que d’un seul Etat, ces conclusions révèlent que dans le cadre des pratiques actuelles, les projectiles ne sont pas appropriés pour le contrôle des foules »

On peut toutefois légitimement remettre en cause l’étude, puisqu’elle ne concerne finalement que 89 cas sur 6626 dossiers médicaux étudiés, c’est à dire un nombre très faible de cas étudiés. Est-il possible de tirer des leçons scientifiques et médicales empiriques à partir de seulement 89 cas isolés dans un Etat des USA ? Poser la question, c’est déjà y répondre en partie, même si, sur la question des armes dites non létales utilisées pour le maintien de l’ordre, il est évident qu’une réflexion de fond doit être posée, le précédent en France avec les Gilets jaunes et les nombreux éborgnés par des tirs de LBD notamment étant là pour en témoigner.

Ainsi en 2019, une étude publiée dans la revue The Lancet (article en anglais), résultat d’une enquête rétrospective menée auprès de tous les CHU de France pour recenser les cas suspectés de blessures oculaires par LBD, entre février 2016 et août 2019 indiquait que Vingt-cinq patients présentaient des blessures ouvertes au globe oculaire et 18 d’autres traumatismes, notamment à la rétine (10 cas). L’étude fait également état de 25 cas de fractures orbitales, 12 de fractures de la face et deux de dommages au cerveau. Trente des 43 patients ont dû être opérés, à une ou plusieurs reprises, précise-t-elle. Parmi eux, neuf ont dû être énucléés.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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1 COMMENTAIRE

  1. Comme l’écrivait Mesrine: ce n’est pas l’arme qui est dangereuse mais l’homme qui la tient.
    Si ces armes non létales étaient utilisées en en respectant scrupuleusement les règles d’emploi, nous n’en serions pas là.
    Il se trouve que, sur ordre (?) ou par zèle plus ou moins intempestif ou encore par choix personnel, certains policiers enfreignent ces préconisations.
    C’est là qu’arrivent les drames.
    Avec ces armes, les tirs tendus sont strictement interdits or combien d’images montrent bien qu’ils ont existé et en grand nombre, tolérés par les hiérarchies présentes sur place et pas ou peu contredites par le pouvoir, voire même … …. …..
    C’est ce qu’on appelle s’être tiré des balles dans le pied car maintenant, en toute logique, le retrait d’emploi de ces armes est demandé … et quoi mettre à la place ???
    Le problème, c’est qu’on assiste à des montées de violence qui tendent à dépasser le cadre du maintien de l’ordre pour entrer dans celui de guérilla urbaine où là, les policiers ne deviennent plus compétents car ça sort de leurs possibilités, y compris légales / d’emploi.
    Des hordes qui défoncent les vitrines et commettent des pillages, par exemple, en quoi cela serait il du ressort du maintien de l’ordre ??? Et là, dans ce cadre précis, la neutralisation immédiate de ces individus ne devrait elle pas être envisagée ??? et ça dés au départ de l’exercice de «  »leur art » » à savoir sitôt que la / les premières vitrines tombent. En effet, ne pourrait on pas envisager de revenir aux balles caoutchouc ? munitions tirées par tireur dit d’élite, bien positionné sur un point haut et qui aurait à charge de neutraliser le/les meneurs de ces groupuscules en action ???
    Leur organisation est bien visible: les meneurs s’entourent de complices/comparses pour être, eux, inatteignables. Le reste fait barrage pendant qu’ils défoncent les parois/vitrines.
    Ils ne peuvent être atteints que depuis un point haut et à distance … donc … CQFD …

    A méditer …..

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