Prostitution et trafic d’êtres humains. La Police Nationale s’inquiète de l’essor continu du proxénétisme de cité

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Une note de la Police Nationale du 18 mars 2021, que nous nous sommes procurés, témoigne de l’inquiétude grandissante concernant « l’essor continu du proxénétisme de cité » en France. Avec notamment des jeunes filles mineures, qui se retrouvent au centre de ces trafics d’êtres humains et de cette exploitation par des délinquants reconvertis en proxénètes et qui se comportent comme des chefs tribaux

« La hausse du nombre de mineures victimes de proxénétisme est consubstantielle à l’augmentation du proxénétisme de cité . Phénomène exclusivement français il est apparu en 2015 et a rapidement pris son essor dans les grandes agglomérations du territoire. Son évolution croissante est d’autant plus inquiétante que les réseaux issus des cités sensibles exploitent majoritairement des mineures désocialisées et vulnérables ou de jeunes femmes présentant le même profil. Après les avoir recrutées dans ces quartiers, dans leurs foyers d’accueil ou via les réseaux sociaux, ces proxénètes d’un nouveau genre prostituent les jeunes filles par le biais d’annonces sur des sites internet dédiés, d’applications ou messageries instantanées. Après avoir eu recours aux réservations dans des hôtels bas de gamme situés en périphérie des villes, ces groupes criminels se tournent désormais vers des plateformes de locations (Airbnb, Booking, etc.), où ils réservent des logements pour de courtes durées » indique la note.

Le confinement et le Covid-19, vecteurs d’augmentation du proxénétisme de cité ?

Si ce phénomène est en augmentation constante depuis 2015, il s’est accentué durant la crise sanitaire de la COVID-19. En 2020, plus de 85% des mineures victimes de proxénétisme l’étaient au titre du proxénétisme de cité. Ainsi 187 mineures victimes de ces réseaux étaient recensées (pour 219 mineures victimes de proxénétisme au total), soit une hausse de 16% (161 en 2020 pour un total de 188 mineures victimes de proxénétisme).

Voici ce que l’on peut lire dans cette note au sujet d’une forme d’Uberisation de la prostitution dans les cités en France : « Certaines affaires, peu nombreuses, relèvent de la criminalité organisée et sont à ce titre pris en compte par I’OCRTEH en lien avec un service territorial. Début février 2020, l’Office central pour la Répression de la Traite des Etres Humains de la DCPJ et la brigade de recherche de Gendarmerie de l’Isle Adam (95) procédaient au démantèlement d’un réseau prenant sa source sur la commune de Beaumont sur Oise (95) et ayant exploité plus de quarante victimes sur la région parisienne et sur plusieurs villes de province comme à Tours, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, au moyen de petites annonces passées sur Internet. Dix mis en cause étaient interpellés en région parisienne et à Pau. Deux d’entre eux étaient en possession d’armes de poing, approvisionnées et présentant une cartouche engagée. Les victimes étaient déplacées en fonction de la demande et de la clientèle, l’un des membres du réseau se chargeant de la mise en ligne des annonces, de leur mise à jour et de la location d’appartements auprès de particuliers. Près de vingt mille euros étaient saisis aux domiciles des deux têtes de réseaux, âgées de 30 et 37 ans et déjà connues pour proxénétisme aggravé. Les autres membres de l’organisation étaient tous connus pour divers types d’infractions, dont un pour homicide volontaire. »

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En juin 2019, le SRPJ de Montpellier procédait au démantèlement d’un réseau de proxénètes opérant sur le département de l’Hérault, en périphérie de Montpellier et Béziers. L’organisation, comprenant sept mis en cause, était articulée autour d’un individu et de sa sœur, tous deux âgés de 35 ans qui exploitaient une douzaine de victimes dont deux mineures à partir d’annonces passées sur Internet. Les perquisitions amenaient la saisie de plus de six mille euros ainsi que de deux armes de poing au domicile de la tête de réseau. Toutefois, force est de constater qu’il s’agit plutôt pour les enquêteurs de faire face à une infraction d’opportunité, perpétuée par des délinquants d’habitude de petite ou moyenne envergure, à la recherche d’argent facile. La part des auteurs mineurs est en augmentation constante depuis 2016. Si le nombre de victimes progresse très rapidement, leur profil évolue peu. Leur situation précaire, associée à l’attrait de l’argent facile et à la banalisation des relations sexuelles les incite à consentir librement à la prostitution sans qu’elles en acceptent le symbole, préférant se définir comme des « escortes » plutôt que comme des prostituées.

Dans certains cas, elles sont à l’origine de leur propre exploitation, recherchant une protection ou une aide logistique auprès de jeunes délinquants de leur entourage. Il demeure assez fréquent d’identifier la même victime dans plusieurs dossiers différents, celle-ci cherchant un nouveau support logistique après l’interpellation de son ou ses proxénètes initiaux. On peut, à ce titre, parler d’une forme « d’ubérisation » de la prostitution. En septembre 2020, le SRPJ d’Angers et l’OCRTEH étaient co-saisis dans une affaire dans laquelle une mineure semblait avoir été vendue par un délinquant à un autre pour 2.000 euros. L’enquête permettait l’interpellation et l’incarcération de trois mis en cause, délinquants d’habitude de moyenne envergure connus pour menaces, violences, vols, proxénétisme ou infraction à la législation sur les stupéfiants. En revanche aucun réseau organisé et structuré n’était mis au jour. La victime se révélait ancrée dans la prostitution et se définissait elle-même comme une « escorte ». Les investigations menées dans les différents dossiers traités montrent que la contrainte psychologique et des violences physiques peuvent intervenir dans un deuxième temps parfois lorsque les mineures cherchent à s’émanciper de leurs proxénètes.

Face à ce phénomène, qui témoigne du climat barbare qui peut régner dans certaines banlieues françaises, les autorités semblent pour le moment en difficulté pour l’endiguer. Et la loi sur la pénalisation des clients adoptée en avril 2016 pourrait avoir favorisé le développement de ce proxénétisme des cités ? « Cette loi a favorisé le développement de la prostitution sur Internet avec des tarifs équivalant à ceux pratiqués dans la rue », estime le commissaire Jean-Paul Mégret, patron de la brigade de répression du proxénétisme (BRP) au sein de la police judiciaire parisienne. « Cette loi n’a pas eu les effets escomptés, poursuit-il. Elle a surtout chassé les filles de la rue pour les faire passer dans des hôtels ou des appartements, et tout se passe désormais via la cyberprostitution. »

Au coeur de cette nouvelle prostitution, on retrouve également les conséquences de l’immigration, avec notamment la mafia nigériane qui opère y compris sur le territoire français et qui gère la traite des êtres humains depuis ce pays d’Afrique jusqu’en Europe occidentale…avec la complicité indirecte des ONG qui collaborent à cette immigration.

Nous vous invitons, sur le sujet, à voir le reportage ci-dessous :

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Prostitution et trafic d’êtres humains. La Police Nationale s’inquiète de l’essor continu du proxénétisme de cité”

  1. louis dit :

    noooon ? tu deconnes ?

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