Jim O’Callaghan (député de Dublin) : « Le vote sur la réunification de l’Irlande ne devra pas être aussi chaotique que celui sur le Brexit »

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Jim O’Callaghan, député Fianna Fail au Dail, le parlement irlandais, et auteur d’un nouveau document de 24 pages sur ce à quoi pourrait ressembler une future Irlande unie a déclaré que des leçons devraient être tirées du Brexit pour éviter un scrutin « chaotique » proposant quelques idées qui « doivent être mises en place si jamais il y a un scrutin frontalier à l’avenir ».

Le député, largement pressenti pour devenir le futur leader du parti, a exposé ses idées dans un discours prononcé à l’Université de Cambridge. M. O’Callaghan a déclaré que l’intérêt pour son manifeste « reflète le fait que beaucoup de personnes en dehors de l’île d’Irlande ont une réflexion sur la réunification. Une chose qui ne peut pas arriver, c’est d’avoir scrutin frontalier qui se passe de la même manière que le Brexit, c’est à dire que les gens voteraient pour une Irlande unie sans avoir aucune idée de ce pour quoi ils votent ».

M. O’Callaghan a a dressé dans son étude les contours de ce à quoi ressemblerait une Irlande unifiée, sur le plan constitutionnel et à ses conséquences économiques. L’Irlande unie ferait partie de l’Union européenne et de la zone euro, et le taux d’imposition des sociétés, actuellement de 12,5 % dans le Sud, serait adopté. Les unionistes obtiendraient un certain nombre de postes ministériels.

Le document indique également que les postes de premier ministre ou Taoiseach et de vice-premier ministre ou Tánaiste soient désignés au suffrage universel. Le nouvel État aurait deux langues nationales et un système régional de maintien de l’ordre qui comprendrait An Garda Síochána et le PSNI, les polices des deux côtés de la frontière actuelle. La subvention actuelle du gouvernement britannique, qui s’élève à 10 milliards de livres sterling, devrait être progressivement supprimée sur une période de 10 à 15 ans, et les fonds de développement régional de l’UE seraient accessibles pendant cette période de transition.

Une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Belfast et Dublin pourrait être construite et étendue à d’autres villes. Les références ou l’affiliation religieuses ne devraient pas faire partie de la nouvelle constitution, indique le document. M. O’Callaghan a reconnu qu’il y aurait des questions litigieuses concernant les drapeaux, les emblèmes et les hymnes qui devraient être traitées en dehors du cadre politique par une assemblée de citoyens de toutes les îles.

Au cours d’une séance de questions-réponses avec les membres de l’auditoire, M. O’Callaghan a également rejeté les suggestions selon lesquelles une Irlande unie pourrait rejoindre le Commonwealth, déclarant que cette idée était « souvent lancée comme un prétexte pour apaiser l’unionisme » et qu’il fallait examiner « beaucoup plus profondément ce qui est nécessaire pour reconnaître et respecter l’identité unioniste ».

« Ma vision d’une Irlande unie n’implique pas une forme de prise de contrôle autoritaire » a-t-il déclaré dans une interview donnée à la BBC. « C’est tout le monde sur l’île qui se réunit et qui essaie de résoudre les problèmes et d’initier un nouveau pays. Cela améliorerait le niveau de vie, la qualité de vie et l’économie de l’Irlande du Nord. »

Dans ce document, ce dernier affirme que les unionistes auraient plus d’influence dans une Irlande unie qu’au Royaume-Uni. Actuellement, les unionistes pèsent 1% au Royaume-Uni et pèseraient 11% dans une Irlande unie ce qui permettait aux unionistes dans une nouvelle Irlande unie d’avoir une influence beaucoup plus grande que celle dont ils jouissent actuellement dans la gouvernance du Royaume-Uni. Le député a également déclaré que l’identité britannique des unionistes serait « respectée, conservée et reconnue » dans un nouvel État unifié tout en rappelant que « parfois, lorsque les unionistes entendent parler d’une Irlande unie, ils y voient une tentative d’un groupe homogène de nationalistes en Irlande du Nord de les forcer à former un groupe homogène dans toute l’île »

Selon le député, un scrutin frontalier est envisageable avant la fin de la décennie, mais il pourrait être rejeté par la population de la République d’Irlande notamment si le travail d’explication n’est pas réalisé en amont.

En réponse à ces déclarations, le député unioniste d’Ulster, Doug Beattie a déclaré à l’émission qu’il trouvait le document de M. O’Callaghan « intéressant mais imparfait ».

« Certaines personnes aspirent à une Irlande unie par des moyens pacifiques, tout comme j’aspire à rester dans le Royaume-Uni par des moyens pacifiques. Mais je ne pense pas que ce document contienne quoi que ce soit d’essentiel qui va dans le sens d’une Irlande unie » a-t-il déclaré.

Réagissant à l’idée qu’une Irlande unie serait le résultat d’une fusion pacifique plutôt qu’une prise de contrôle autoritaire, M. Beattie s’est décrit comme « un unioniste constitutionnel » et « pas un unioniste économique ». « Je veux appartenir à l’union des quatre nations du Royaume-Uni » a déclaré M. Beattie. « Créez une nouvelle constitution et laissez-nous voir ce qu’elle sera… quel sera le drapeau, quel sera l’hymne, comment fonctionnera le système judiciaire ? »

M. O’Callaghan a prononcé son discours au Sidney Sussex College mardi dernier. Selon ses propositions, l’une des deux chambres d’un parlement pan-irlandais pourrait être basée à Belfast si l’île s’unissait.

Crédit photo : DR
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