Covid-19. L’immunité collective atteinte aux USA par une communauté Amish ?

A LA UNE

Une communauté amish de Pennsylvanie est devenue « la première aux États-Unis à atteindre une immunité collective contre le COVID-19″ après que 90 % de ses membres aient été infectés par le virus lors de la reprise des services religieux à la fin du printemps dernier.

 Allen Hoover, administrateur du Parochial medical center de New Holland, dans le comté de Lancaster, affirme à Associated Press que 90% des familles pratiquantes du secteur ont eu au moins un membre de leur famille touché par le Covid-19.

Les responsables de la santé publique et les épidémiologistes n’ont pas contesté les faits décrits par M. Hoover. Mais ils craignent qu’une perception erronée de l’immunité collective au sein d’une population qui représente 8 % du comté de Lancaster ne compromette les efforts visant à inverser le cours de la pandémie. Comme l’a fait remarquer M. Hoover, la foi en l’immunité collective a incité les membres de la communauté de Plain à ne pas user des « gestes barrières », comme le port du masque ou la distanciation sociale, tout en ne se faisant pas vacciner.

« L’immunité collective n’est vraie qu’à un moment donné », a déclaré Eric Lofgren, épidémiologiste spécialisé dans les maladies infectieuses à l’université d’État de Washington. Il ne s’agit pas d’un interrupteur qui, une fois actionné, est bon. Elle s’estompe.

Il explique que les communautés amish et mennonites, largement installées dans le comté, ont d’abord suivi les règles sanitaires au début du printemps dernier, avec églises et écoles fermées. Les rendez-vous religieux ont cependant rapidement repris à la fin du mois d’avril, avec des partages durant la communion et les baisers sacrés (ou baisers de paix, pratique toujours répandue chez les Amish et les mennonites). Dès lors, le virus s’est propagé comme un «tsunami», explique-t-il. «C’était terrible (…) ; les patients se succédaient les uns après les autres».

Selon l’organisation Covid Act Now, le taux de positivité (nombre de tests positifs sur nombre de tests effectués) dans le comté dépassait les 20% au début du mois de mai (il était inférieur à 10% en France). Les cas ont par la suite diminué en été avant de reprendre légèrement à l’automne. Ils sont aujourd’hui rares. Cela fait maintenant six semaines que le centre médical dirigé par Allen Hoover n’a pas reçu de patient présentant un symptôme du Covid-19.

La communauté Plain du comté de Lancaster, qui comprend à la fois des Amish et des Mennonites, n’est pas négligeable. Ensemble, ils représentent près de 8 % de la population du comté, qui compte un peu plus de 545 000 habitants, selon les estimations du Young Center for Anabaptist and Pietist Studies de l’Elizabethtown College.

Les médecins ont beau prévenir que rien est acquis, qu’il faut mener une politique vaccinale, respecter les gestes barrières, craindre les variants, pour le moment, les faits sont là. Et cela fait d’ailleurs des millénaires que des maladies et des virus parcourent le monde, avec des êtres humains aujourd’hui toujours présents sur terre, et bien plus nombreux que par le passé, grâce aux progrès de la science sans aucun doute, mais aussi à l’immunité collective…

Crédit photo : pixabay (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Belgique. À Bruxelles, 76 % des jeunes musulmans s’identifient avant tout au « Monde islamique » mais s’estiment « chez eux »

Une étude menée à Bruxelles auprès d'un jeune public composé majoritairement de musulmans révèle que ces derniers s'identifient avant...

Et si les Européens n’étaient pas les premiers à avoir poser le pied sur les îles Malouines ?

Depuis leur première observation par des explorateurs européens dans les années 1600, les scientifiques et les historiens pensent que...

Articles liés