Solidarité COVID : vers un prélèvement exceptionnel sur les traitements et pensions des fonctionnaires ?

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En mars 2020, quand Emmanuel Macron et le gouvernement ont décidé de confiner le pays, le président de la République avait déclaré :  » La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu’il en coûte« .

Cela s’est traduit par l’explosion de la dette publique. Pour la réduire, le gouvernement étudierait au moins  trois pistes : la taxation du patrimoine ou de l’épargne, la solidarité entre générations, la solidarité entre salariés du secteur public et ceux du secteur  privé.

L’explosion de l’endettement public

Pour financer les aides à ceux qui ont du cesser de travailler, faute de réserves, c’est l’endettement public qui a financé ces nouvelles dépenses.

La situation était décrite dans le rapport économique, social et financier, annexé au projet de loi de finances 2021 et publié le 2 octobre 2020. Il  prévoit que fin 2020, le ratio d’endettement connaîtrait une augmentation très importante et s’élèverait à 117,5 % du PIB, soit une augmentation de 19,4 pts par rapport à 2019

Depuis, elle s’est encore aggravée.  Pour cette année 2021, si le gouvernement prévoyait de ramener le déficit public à 8,5 % du PIB, la dette devrait continuer à augmenter pour atteindre plus de 122 % du PIB.

Comment  la contenir, puis la réduire?

Rembourser ou pas cette dette publique ?

Pour certains économistes, la pandémie de Covid-19 serait l’occasion de ne pas la rembourser. Pour d’autres, il dénonce un faux débat : il faut rembourser la dette. A titre d’exemple, on peut citer un tenant de chaque camp. Esther Duflo, prix Nobel d’économie, s’est déclarée, lundi 15 février  opposée à l’annulation de la dette de la Banque centrale européenne (BCE). Le lendemain la présidente de la BCE Christine Lagarde expliquait qu’une telle annulation était « inenvisageable car ce serait une violation du traité européen ».

Rembourser par la taxation du patrimoine ou de l’épargne

Cette option serait définitivement rejetée par le gouvernement : « J’écarte une nouvelle fois clairement et définitivement toute taxation de l’épargne des Français« , a affirmé Bruno Lemaire lors d’un point presse consacré au plan de relance.

Si selon la banque de France « le surplus d’épargne financière des ménages serait compris entre 100 et 120 milliards d’euros » pour l’année 2020 et pourrait même atteindre 200 milliards d’euros d’ici à fin 2021, le gouvernement craindrait qu’une nouvelle taxation ait un effet négatif sur la consommation et, donc, sur la croissance.

Solidarité inter-générationnelle pour rembourser par la croissance de la consommation

Les confinements et autres mesures ont limité la croissance faute de consommation. Au contraire, l’épargne a augmenté.

Pour la réinjecter dans la consommation, Bruno Lemaire, ministre de l’Économie, propose de faciliter les donations au sein des familles. Toutefois, ce coup de pouce fiscal ne portera que sur « quelques milliers d’euros » pour ne pas favoriser les seuls ménages aisés.

« Donner quelques milliers d’euros à son petit-fils ou à sa petite-fille, pour moi ce n’est pas une politique pour les riches, c’est une politique de justice pour les classes moyennes, pour la solidarité entre les générations », a souligné le patron de Bercy. «Quand je dis quelques milliers d’euros, ce n’est pas quelques dizaines de milliers d’euros.»

Cette proposition, qui sera arbitrée dans les jours qui viennent selon Bruno Le Maire, suscite de vives critiques à gauche, où on juge qu’elle ne va favoriser que les ménages aisés.

Solidarité du secteur public pour le privé

Selon des informations confidentielles, une piste plus originale serait envisagée qui risque paradoxalement de générer des critiques virulentes d’une certaine gauche.

En effet, les décisions de confinement, couvre feu et autres restrictions d’activité, ont touché davantage les salariés du secteur privé que ceux du secteur public. Dans un esprit d’équité et de solidarité, qui devrait plaire aux syndicats très soucieux en ce domaine, le gouvernement envisagerait de prélever une cotisation de solidarité sur les traitements et pensions des agents du secteur public.

Pour atteindre cet objectif sans pénaliser ceux des personnels du secteur public, qui ont été très sollicités par le traitement de la pandémie, le gouvernement négocierait des taux différents et même des exclusions par exemple pour les personnels des services de santé.

Ainsi, les situations inédites donneraient de l’imagination au gouvernement pour trouver des solutions à ces défis exceptionnels.

Louis Pesked

Crédit photo : DR (Solidaire CC)
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