Nantes. La pandémie impacte le commerce du centre-ville

A LA UNE

Christophe Dolbeau : « Lorsque je parle de parias, je pense aux intouchables, aux lépreux, aux pestiférés de la politique » [Interview]

Christophe Dolbeau, écrivain et correspondant de presse (il a collaboré à des journaux croates de l'émigration comme Studia croatica...

L’immigration clandestine redouble en Mer Méditerranée, l’Union européenne baisse la garde

Il y a un an, trois organisations internationales paragouvernementales prédisaient un afflux massif de clandestins en Europe lors du...

Santé. Le rhume des foins empoisonne la vie de plus en plus de Français

Rhume persistant, yeux rouges et larmoyants, éternuements… l'omniprésence du Covid-19 dans l'actualité ne doit pas faire oublier que le...

Michel Maffesoli (L’Ère des soulèvements) : « Ce vitalisme que l’élite ne veut pas voir me donne espérance » [Interview]

Les éditions du Cerf viennent d'éditer un nouvel ouvrage important de Michel Maffesoli intitulé « l'Ère des soulèvements »....

De la belle aube au triste soir. La tragédie d’une famille française en Algérie [Interview]

Il n’est pas de vie qui ne soit inextricablement mêlée à notre histoire collective. Le livre De la belle...

La fermeture de la maison de la presse Agora, place de l’Ecluse, mi-avril, rappelle s’il en était besoin qu’une ville est un organisme vivant et changeant ; la maison de la presse, ouverte depuis 40 ans, n’échappe pas aux remous du secteur, à la baisse de vente de la presse et aux hausses de loyers. D’autres rues voient leurs apparences changer, leurs commerces changer ou fermer.

A l’est de la place Louis XVI, la très festive rue Joffre (Saint-Clément) connaît le départ de plusieurs commerces. Le Thaïgan (restauration thaïlandaise) ferme, pour le patron, à l’est, très à l’est même y a du nouveau. A côté, le restaurant de bagels est à vendre, en face, le caviste a trouvé un local plus près de sa crèmerie des Carmélites. Plus haut dans la rue, le restaurant de burgers gastronomiques O Pti Plaisir n’a pas rouvert après l’incendie qui l’avait touché en octobre 2020. En face, l’ancienne auberge bretonne deviendra un restaurant de tacos et de pizzas.

Dans le bas de la rue Paul Bellamy, un restaurant de burgers à emporter s’installera à côté de la presse. Les boulangeries d’Antan – notamment celle au coin de la rue de Strasbourg et du cours des Cinquante Otages, ainsi que celle de la rue de Verdun – sont en travaux pour devenir des boulangeries Bécam – ce groupe familial de boulangeries a été fondé en 2005 rue Saint-Julien à Angers. Les royalistes apprécieront, parmi les recettes traditionnelles de ces boulangeries, le gateau Choco’Roi, moelleux au chocolat garni d’une crème pâtissière chocolatée et orné d’une belle fleur de lys dorée.

Des rues plus vouées aux activités textiles et habillement voient aussi leurs devantures muter. Rue Contrescarpe, quatre boutiques de vente de textile et chaussures ont fermé ou sont en passe de l’être ; le soldeur de chaussures serait remplacé par une épicerie bio.

En revanche le quartier Viarme – Talensac – Hauts Pavés, où il y a beaucoup de commerces de bouche, voit ses commerces résister mieux et se maintenir. Signalons tout de même l’ouverture d’un torréfacteur de café (CIME) à la place du restaurant péruvien rue des Hauts-Pavés, la fermeture d’un salon de coiffure rue de Bel-Air et de l’épicerie de nuit en haut de la place Viarme, la reprise en octobre dernier du Café du Matin en bas de la place Talensac et, place Saint-Similien, la transformation de l’ex-PMU le Chantilly, fermé depuis deux ans, en bar à vins naturels et bières craft (le 303). Toujours en bas de la place Talensac, l’ancienne pharmacie va devenir une agence immobilière.

« Ce qui est bien, c’est que grâce aux mesures de soutien, il n’y a pas de fermeture sèche, les gens arrêtent pour reprendre autre chose ou ouvrir, en se spécialisant plutôt dans des plats à emporter – ce qui n’est pas synonyme de junk food. On peut faire de très bons petits plats à emporter, des vrais plats de restaurant que les gens ne feront pas chez eux », commente un restaurateur à l’est du centre-ville.

Nantes résiste plutôt bien (pour l’instant) à la crise sanitaire

Dans la restauration, la pandémie et les confinements à répétition n’empêchent pas les ouvertures ou les reprises d’affaires. « Nantes est une des rares villes où des affaires se sont vendues entre le 1er et le 2nd confinement, ou ont ouvert », relève un agent immobilier spécialisé dans le secteur. « Objectivement, Nantes a des atouts : c’est une ville plutôt riche, avec une population qui augmente, une offre qui peut encore être améliorée et variée, un beau cadre de vie. C’est aussi une ville qui jusqu’ici résiste plutôt bien à la crise sanitaire, elle a même gagné de l’attrait ».

Le nombre d’arrivées depuis d’autres départements ou la région parisienne en Loire-Atlantique depuis le premier confinement a augmenté assez nettement – et pas seulement pour des locations saisonnières le temps des confinements, comme l’ont pu constater une fois encore les habitants à l’année de la Baule, de la Presqu’île guérandaise et de Pornic.

Plus libertaire et bien moins soumise à la dictature sanitaire que d’autres villes françaises, Nantes est aussi le berceau du seul vaccin français contre le Covid, trouvé par la biotech Valneva et vendu aux anglais avec toute la production faute d’intérêt des autorités françaises – parce que dans une « guerre totale » contre le virus, on utilise toutes les armes, n’est-ce-pas ? Cependant, dans un « monde d’après » où les pandémies feront partie des risques majeurs habituels, comme les crues majeures ou les épisodes de gel dans les vignes (4 en 10 ans), Nantes apparaît mieux armée pour résister.

Louis Moulin

Crédit photos : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO -

Philippe de Villiers : « La France peut mourir ! »

Eric Morillot reçoit Philippe de Villiers pour son livre événement « Le jour d’après » (Éditions Albin Michel), actuellement...

De la Perse à l’Iran : 3 000 ans de civilisations

Dans les pas de la journaliste Samira Ahmed, une exploration de l’histoire de la Perse au travers de sa...

Articles liés

Grande distribution : corruption à tous les rayons ? Entretien avec Martine Donnette

Est-il possible que les grandes surfaces exploitent en France des millions de mètres carrés en toute illégalité ? Et en toute impunité, donc avec la...

High-Tech, Petit électroménager, Hi-Fi…Comment dénicher de bonnes remises sur Internet ?

Internet est une véritable jungle, notamment pour le consommateur qui rapidement, peut se perdre entre sites mal intentionnés, produits de mauvaise qualité en pagaille,...

Nantes : les casseurs de vitrine sont de nouveau de sortie

Ce samedi 20 à 3 heures du matin, un ou des inconnus ont balancé un pavé dans la vitrine sur le côté du magasin...

Nantes : la manifestation nocturne attaquée par les dealers de Commerce

Une manifestation nocturne a été improvisée ce samedi soir par quelques dizaines d’activistes d’extrême-gauche à partir de 20h30 à la croisée des tramways. Elle...