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Les manifestants continuent de descendre dans les rues par milliers en Colombie pour demander la démission du président Ivan Duque, malgré une répression policière qui a fait au moins 26 morts.
C’est un projet de réforme fiscale qui a tout déclenché. Au départ, le Comité national de grève, à l’origine du mouvement de protestation, réclamait le retrait d’un projet de loi de hausse des impôts pour financer la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ce texte avait pour but d’augmenter la collecte fiscale de l’Etat, qui aujourd’hui ne dépasse pas les 20% du PIB, soit le deuxième taux le plus bas des 37 pays membres de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique).
Le projet prévoyait principalement d’élargir la TVA à de nombreux produits, de taxer les revenus salariaux systématiquement à partir de 656 dollars (soit 542 euros) par mois et de supprimer de nombreuses exonérations dont bénéficiaient les ménages et les entreprises. Bogota tablait ainsi sur une hausse de collecte de 6,3 milliards de dollars sur les dix prochaines années.
Ce projet, destiné à taxer les classes moyennes, a été massivement rejeté par l’opposition, les syndicats et même des cadres du parti au pouvoir. Car le pays traverse difficilement la crise sanitaire et pâtit d’une chute du produit intérieur brut (PIB) de 6,8% en 2020, d’un chômage établi à 16,8% et d’une pauvreté qui touche 42,5% de la population. Près de la moitié de la population active vit d’emplois informels.
Après les premières heures du mouvement social, le président Ivan Duque a décidé de retirer le projet de réforme fiscale, en promettant un nouveau texte sans ses points les plus contestés. Son ministre des Finances, à l’origine du projet, a été remplacé.
Sur son compte instagram Nathalia Zapata décrit la situation des manifestations en Colombie et lance un appel militant à la solidarité internationale.
https://www.youtube.com/watch?v=5_m6xeNkCqU
Crédit photo : DR
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