« My life in loyalism ». Acteur majeur des Accords du Vendredi Saint, Billy Hutchinson évoque son engagement unioniste/loyaliste en Irlande du Nord [Interview]

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Les éditions irlandaises Merrion Press ont sorti récemment un livre intitulé « My life in loyalism » signé Billy Hutchinson.

Si les Français et les Bretons qui s’intéressent à la question nord-irlandaise connaissent, des figures politiques comme Gerry Adams, ou Martin Mc Guinness chez les Républicains, les principaux leaders unionistes/loyalistes qui ont joué un rôle important durant les Troubles (dans les organisations paramilitaires), mais également après, politiquement à l’occasion du Processus de Paix ou de l’Accord du Vendredi saint et même encore aujourd’hui, sont beaucoup moins connues.

Ce livre, en anglais, permet de plonger dans la vie d’un jeune de la classe ouvrière unioniste, ayant grandi dans le bastion de Shankill. Billy « Hutchie » Hutchinson (né en 1955) est aujourd’hui le leader du Parti unioniste progressiste (PUP) d’Irlande du Nord. Il a été élu au conseil municipal de Belfast lors des élections de 1997 et à l’Assemblée d’Irlande du Nord en 1998. Il a perdu son siège à l’assemblée en 2003 et son siège au conseil municipal en 2005. Il est revenu au conseil en 2014 et a été réélu en 2019.

Mais auparavant, il avait été membre de l’Ulster Volunteer Force (UVF) et a été l’un des fondateurs de leur aile jeunesse, les Young Citizen Volunteers (YCV). Il a payé son engagement parmi les paramilitaires loyalistes au prix fort, par des années de prison à long Kesh, et surtout, par la perte de nombreux proches, amis, morts durant la guerre civile en Irlande du Nord. Puis il a contribué, en première ligne, au processus de paix puis au Good Friday Agreement, les accords du Vendredi saint, dont il fût un des acteurs.

C’est un témoignage majeur que contient ce livre, et que nous avons souhaité vous faire partager, en Français, à l’occasion d’un entretien que nous a accordé Billy Hutchinson et que nous vous proposons de découvrir, traduit pour vous, ci-dessous.

Pour commander le livre, c’est ici (éditions Merrion Presse, Irish Publishing house)

Breizh-info.com : Pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?

Billy Hutchinson : Je suis le président du Parti progressiste unioniste (PUP), qui est un petit parti unioniste en Irlande du Nord.

Breizh-info.com : Pourquoi était-il important pour vous de raconter votre histoire ? Vous étiez l’un des membres les plus importants de l’UVF de Belfast. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il était si « naturel » pour un jeune ouvrier unioniste ayant grandi à Shankill, d’embrasser le combat loyaliste ?

Billy Hutchinson : C’était important pour moi d’écrire cette histoire, car même s’il y a beaucoup d’écrits sur le loyalisme ou l’unionisme, la plupart sont écrits par des journalistes, qui ont leur propre vision, leur propre point de vue au sujet du loyalisme, souvent négatif. Il y a énormément de sympathisants du mouvement républicain parmi les universitaires également. Ils réécrivent l’histoire, en excluant le point de vue loyaliste ou unioniste. Donc c’était important d’écrire ce livre, en proposant une vision honnête du loyalisme, tel que je l’ai vécu et que je le vis.

J’ai grandi à Shankill, qui est un quartier ouvrier pauvre. Dans les années 60, surtout à la fin des années 60, le conflit a éclaté entre les communautés. L’IRA a commencé à mener une campagne d’attentats, et de meurtres, contre des gens de ma communauté. Je pense que je n’avais pas le choix à l’époque autre que celui de m’engager contre l’IRA et ses sympathisants, car le gouvernement britannique avait fait venir l’armée britannique en tant que force de maintien de la paix et que l’armée n’est pas parvenue à maintenir la paix et à nous protéger.

Breizh-info.com : En France, il y a une « mythologie » qui dit que les républicains sont les exploités de l’Irlande du Nord, et que les unionistes/loyalistes sont les maîtres, les exploiteurs. Mais votre exemple, et votre vie telle que vous la décrivez dans le livre, montre qu’il y a aussi une importante classe ouvrière unioniste, qui a vécu dans le passé (et peut-être encore aujourd’hui dans certains endroits) dans des conditions que personne n’envierait…

Billy Hutchinson : Vous même savez dans votre pays qui a connu plus d’une révolution, que vous ne pouvez être un exploiteur que si vous avez du pouvoir et de l’influence. La classe ouvrière n’a pas ce pouvoir et n’a certainement pas d’influence. Peu importe que ce soit des agriculteurs ou des pêcheurs en France qui manifestent ou des Britanniques ou des unionistes en Irlande du Nord. La réalité, c’est que si vous n’avez pas de pouvoir, et c’est l’un des problèmes que nous avons en ce moment, beaucoup de gens ne se sentent pas impliqués dans les changements sociétaux, et c’est ce qui conduit à la violence.

Ce n’est donc pas différent de n’importe quel autre pays. Mais vous avez raison, les exploiteurs sont toujours ceux qui ont le pouvoir, l’argent et l’influence. Mais en ce qui concerne les loyalistes de la classe ouvrière ou les unionistes, ils n’avaient certainement pas ça. Nous n’avons eu aucune faveur concernant nos conditions de vie. Nous faisions des emplois mal payés. Les gens croyaient pourtant à l’époque que nous vivions dans un État protestant pour les protestants. C’était peut-être le cas, mais tout la classe ouvrière protestante n’a jamais été bien lotie…

Breizh-info.com : Vous vous définissez comme « athée », malgré le fait d’avoir été éduqué dans la culture protestante. Et vous n’avez jamais été membre de l’Ordre d’Orange. La guerre que vous meniez était donc avant tout une guerre communautaire, identitaire, plus que religieuse contrairement à ce qui a souvent été affirmé concernant le conflit nord-irlandais ?

Billy Hutchinson : Le conflit était complexe. Mais de mon point de vue, il s’agissait de rester dans le Royaume-Uni et de combattre les bombes de l’IRA.  Ce n’était pas religieux, mais politique. L’IRA voulait réunifier l’Irlande dans la violence, forcer les gens à épouser ses idées, mettre la pression sur les responsables politiques, et donc forcément, cela a contribué à mes idées politiques et à ma vision.

L’IRA prétend qu’elle s’attaquait à des cibles militaires, mais malgré tout, elle a tué des gens dans Shankill, mon quartier, dans des bars où les gens se rassemblent et boivent, elle les a tués dans des salles d’exposition, elle a tué des gens dans le centre-ville et dans des magasins. Donc, je veux dire, il n’y a rien de militaire dans tout cela. Ils sont aussi allés dans les villes de province, ils ont tué des chefs d’entreprise britanniques qui employaient pourtant des catholiques…

Et de facto, ça m’a amené, avec des camarades, à vouloir nous en prendre à des Républicains, à répondre à la violence par la violence, à défendre la couronne britannique et notre attachement à celle-ci. Ensuite, les historiens qui ont parlé de cette période ne l’ont pas toujours fait de manière neutre, et l’ont souvent fait de manière simpliste. Y compris après nous avoir interrogés pour témoigner. Ceux qui visitent l’Irlande du Nord, qui étudient le conflit, notamment après m’avoir parlé, s’ils repartent confus, c’est qu’ils ont mal compris ce que j’ai dit, ou que je leur ai mal expliqué. Les choses n’étaient pas binaires. C’était complexe.

Bien sûr, la religion était présente, et vous avez mentionné l’Ordre d’Orange par exemple. Mais cela ne signifie pas que nous partagions tous ses points de vue, et c’est d’ailleurs ce que j’ai toujours exprimé, dans les organisations politiques auxquelles j’appartenais, ou même en tant qu’élu, et je me suis déjà opposé à eux d’ailleurs.

C’était un conflit complexe. Et souvent, la difficulté est que les gens qui ne vous soutiennent pas peuvent écrire ou parler sur vous et l’utiliser contre vous, ce qui fausse les informations que l’on révèle.

De mon point de vue, je pense que c’est un conflit qui doit être raconté par tous les différents belligérants, pas par un seul.

Breizh-info.com : La prison de long Kesh a-t-elle changé quelque chose à votre point de vue sur la situation politique en Irlande du Nord ?

Billy Hutchinson : Je ne pense pas que cela ait changé mon point de vue, mais cela a changé la façon dont nous devions envisager l’avenir pour la simple raison que personne n’arrivait à rien. Nous pensions, en prison, que si l’Irlande du Nord faisait partie du Royaume-Uni et qu’elle est britannique, ce que nous devions faire, c’est d’examiner comment convaincre les non-unionistes qu’ils seraient en sécurité et qu’ils ne seraient plus victimes de discrimination en Irlande du Nord et au Royaume-Uni. Et ce sont des choses que nous essayons de faire aujourd’hui encore en tant que parti politique.

Personne ne demande aux gens de voter unioniste, mais de comprendre cette position. Pour beaucoup de catholiques de la classe moyenne, leur position dans notre nation est garantie, elle est sûre, et la plupart d’entre eux auraient travaillé sans problème dans nos propres entreprises dans ce pays y compris dans la fonction publique.

C’est ce qu’a d’ailleurs mis en place la constitution de 1973 qui était claire sur le sujet. Elle a permis aux catholiques de prétendre à être fonctionnaires, d’avoir de meilleurs emplois, y compris dans les nouveaux secteurs en croissance. Nous avons donc essayé ensuite de travailler à faire qu’ils aient une meilleure place en Irlande du Nord, dans le Royaume-Uni, mais y compris au sein de l’Union européenne…

Breizh-info.com : Pouvez-vous nous expliquer comment un combattant loyaliste comme vous l’avez été, a aussi été un grand soutien, un acteur important du processus de paix en Irlande du Nord ?

Billy Hutchinson : J’étais très jeune lorsque je me suis engagé avec mes amis dans les mouvements loyalistes et lorsque le conflit a débuté. Les politiciens de leur côté, créent des conflits ou des guerres et leur donnent un sens, mais nous ne croyions pas en leur politique et nous ne voulions pas les laisser prendre le contrôle y compris lorsque nous étions en prison.

Cela a été dit par Gusty Spence (ancien commandant de l’UVF) quand il était en prison, « La politique est trop importante pour être laissée aux seuls politiciens ». Donc nous avons donc créé un parti politique qui était le fruit de la classe ouvrière (le PUP) par et pour la classe ouvrière, en 1979. Nous avons produit un document intitulé « Partage des responsabilités » en 1981 (où déjà, à l’époque, le PUP appelait à un partage des pouvoirs entre principaux républicains catholiques et unionistes protestants) et les Britanniques nous ont dit que c’était trop tôt.

Ces propositions étaient visionnaires, puisque certains documents ont été incorporés dans les Accords du Vendredi saint, presque 20 ans plus tard. Mais il a fallu du temps pour y arriver. Nous étions convaincus de pouvoir trouver un accord de paix, malgré les campagnes violentes de l’IRA, malgré la guerre contre eux, et nous pensions que c’était juste une question de temps. Cela nous a pris plusieurs décennies, mais nous y sommes arrivés au final, même si tout n’est pas parfait.

Et aujourd’hui encore, il faut continuer à avancer, et à regarder comment nous pouvons nous rassembler.

Breizh-info.com : Depuis l’accord du Vendredi saint, les choses ont-elles changé pour les unionistes de la classe ouvrière en Irlande du Nord ? Quelles sont les principales propositions de votre parti, le PUP ? Quid de ces loyalistes — comme Jamie Bryson — qui disent que rien n’a changé en bien pour eux depuis 1998 ?

Billy Hutchinson :  Je ne sais pas si Jamie était déjà né en 1998, il ne savait donc pas comment c’était à l’époque. Je peux être d’accord avec lui, mais je ne le dirai pas comme lui.

Vous savez, nous nous sommes engagés dans cet accord du Vendredi saint et nous l’avons signé. Mais nous ne sommes pas allés au bout de ce qui était contenu dans cet accord du Vendredi saint. Au final, ce que nous avons eu, c’est un premier ministre britannique qui a décidé de criminaliser les Loyalistes, pas les Républicains. Depuis, les Républicains, et eux seuls ont bénéficié d’une amnistie de fait (NDLR : normalement, les accords du vendredi saint prévoyaient la libération des détenus des deux camps qui avaient été condamnés pour des affaires élucidées, mais aucune amnistie pour les affaires non élucidées). Ils n’ont jamais été poursuivis pour certains attentats contre le Royaume-Uni, pour certains crimes de guerre. Ils sont devenus intouchables, y compris certains responsables politiques.

Dans le même temps, vous avez encore des soldats qui sont jugés. Pas plus tard que la semaine dernière, deux septuagénaires étaient jugés, car accusés d’avoir tué un membre de l’IRA haut placé. Il n y avait aucune preuve contre eux, ils ont été acquittés, mais l’affaire a été très médiatisée. Cela n’a aucun sens de se retrouver sur le banc des accusés face à des personnes qui sont à l’origine du problème.

Mais nous ne pouvons pas mettre cela sur le compte de l’accord du Vendredi saint. Nous devons blâmer les personnes qui ont conclu des pactes en dehors de cet accord.

J’étais un interlocuteur pour l’Ulster Volunteer Force (UVF) et pour le Red Hand Commando à l’occasion du processus de désarmement et de démilitarisation des groupes paramilitaires. Mais nous n’avons pas désarmé parce que quelqu’un nous l’a demandé, mais parce que nous pensions que c’était le bon moment de le faire, et que c’était une bonne chose pour tous les citoyens d’Irlande du Nord.

Nous avons eu des gens qui ont interféré dans le processus de paix, qui n’étaient pas là pour l’appliquer. Les trois plus grand partis de l’époque auraient dû le faire, mais n’ont pas mis en œuvre l’accord dans sa totalité. A chaque fois que nous avions la possibilité de la paix, Ian Paisley, qui représentait le plus grand parti unioniste (DUP) appelait les gens à ne pas soutenir l’accord et la même chose avec Martin McGuinness, pour le Sinn Féin.

Ces gens représentaient les voix majoritaires aux élections, les plus grands partis, mais ils n’ont pas mis en œuvre l’application concrète du processus de paix. Et vous devez vous demander pourquoi, car c’est là que réside tout le problème. Le problème, c’est que les personnes qui étaient en charge d’appliquer le processus de paix n’ont pas mis en œuvre l’intégralité du processus, elles nous l’on volé.

Et le problème, ce sont toutes ces victimes qui veulent savoir ce qui est arrivé à leurs familles. Malheureusement la plupart des gens qui savaient ce qui s’est réellement passé sont mortes et il reste très peu d’entre nous. En fait, je pense qu’il ne reste que six personnes encore en vie qui ont joué un rôle clé dans l’accord du Vendredi saint. Du jour au lendemain, les gens meurent et les informations meurent avec eux.

Il me semble donc que ce ne sont pas les paramilitaires, ni le PUP, mais tous ceux qui sont censés être des partis institutionnels, qui ont décidé de truquer le processus de paix pour que toutes les informations ne puissent pas être révélées. Ils nous ont dit qu’ils étaient pour les victimes, mais ils ont fait très peu, voir rien du tout pour les victimes.

Breizh-info.com : Comment analysez-vous la situation actuelle en Irlande du Nord avec les troubles des dernières semaines ? Le Brexit et le Protocole semblent avoir réouvert de vieilles cicatrices et de vieilles peurs (notamment celle de disparaitre) dans la communauté loyaliste/unioniste. Quelles solutions doivent être trouvées pour éviter de grandes tensions, ou une nouvelle guerre civile, dans votre pays ?

Billy Hutchinson :  Nous avons voté le Brexit et la majorité du Royaume-Uni a décidé de quitter l’Union européenne. Puis le Protocole a été déclaré, instaurant de facto une frontière en mer d’Irlande entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume Uni.

Pourtant il y’a une frontière historique, entre l’Irlande du Nord, et la République d’Irlande. Il y a eu des années de violences pour faire disparaitre cette frontière, mais elle est là, depuis 100 ans. Le gouvernement irlandais, les Républicains, les Nationalistes, ont décidé que vous ne pouviez pas mettre une douane, une frontière physique, parce qu’elle serait attaquée par l’IRA et les Républicains.

Mais le gouvernement de la République d’Irlande n’est-il pas un gouvernement qui doit faire respecter l’Etat de droit ? Ne sont-ce pas les députés irlandais, élus dans une démocratie, qui ont menacé de violence en cas de rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République ? De mon point de vue, si quelqu’un a été menacé de violence, je pense que c’est le gouvernement britannique, et je pense que le gouvernement Irlandais aurait dû dire que les limites avaient été franchies.

La deuxième chose que je dirais est que nous avions proposé d’utiliser les nouvelles technologies pour surveiller la frontière. Et on nous a dit que c’était impossible. Je sais, et je suis sûr que tous ceux qui lisent votre article savent que les technologies sont pourtant déjà existantes dans tous les ports du monde. Donc elles auraient pu être utilisées.

Et donc, la troisième chose, ce qui s’est passé, c’est qu’ils ont déplacé la frontière britannique vers les ports britanniques. Nous avons donc maintenant une frontière avec les port d’Écosse, du Pays de Galles et d’Angleterre. Et ce qui s’est passé, c’est que le Premier ministre britannique, lorsqu’il a déplacé ses frontières, a également décidé de laisser l’Irlande du Nord, de l’abandonner dans le marché unique..

En ce qui concerne le marché unique au sein de l’UE, nous ne sommes pas représentés. On nous dit que nous serions représentés par un Premier ministre ou Taoiseach, comme on l’appelle en irlandais dans la République d’Irlande, mais nous ne l’avons pas élu. Ce n’est pas notre représentant. Nous n’avons pas le pouvoir de vote pour les élire ou les révoquer. Et nous ne voulons pas voter pour lui d » ailleurs.

Nous avons donc besoin que le gouvernement britannique, Bruxelles et Dublin s’assoient et se comportent comme des adultes et non comme des enfants dans une cour de récréation.

Maintenant, soyons très clairs. Ces protocoles sont basés sur un traité. Un traité qui permet de déplacer les marchandises dans les deux sens, pas seulement de l’Irlande du Nord vers le Royaume-Uni, mais aussi dans l’UE. Donc c’est un problème. C’est un gros problème. Il s’agit de notre appartenance britannique qui est en jeu, pas que du Protocole.

Donc, Boris Johnson, le Premier ministre, doit faire une grande déclaration en Irlande du Nord pour rappeler que nous sommes toujours britanniques, mais il ne le fait pas. Voilà où nous en sommes : nous devons envisager une solution politique à ce Protocole et à tout le reste. Et cela doit être fait par des politiciens, pas avec des émeutes dans la rue.

Les gens ont le droit de manifester pacifiquement, mais nous devons aller de l’avant sans violence et nous devons aller de l’avant avec confiance et positivité autour de notre propre position, qui est que nous sommes britanniques et que nous sommes au Royaume-Uni et que cela ne peut nous être enlevé que si les gens votent pour cela, en Irlande du Nord, et aussi en République d’Irlande.

Breizh-info.com : Dernière question M. Hutchinson, plus légère : mais dans vos livres, vous parlez de football, parce que vous avez d’abord été un fan de football, et surtout votre club, Linfield. En France, Linfield n’est pas une équipe très connue, mais pouvez-vous parler de votre passion pour Linfield, des liens avec les Rangers de Glasgow ?

Billy Hutchinson : Je suis un supporter de Linfield. Je suis très clair là-dessus, il y a une différence avec les Rangers. Bien entendu, je regarde les rencontres entre les Rangers et le Celtic et je souhaite bien sûr que les Rangers gagnent, mais je n’ai pas d’abonnement et je ne vais pas à tous les matchs. Je ne peux donc me décrire que comme quelqu’un qui les apprécie. Je suis par contre détenteur d’un abonnement à Linfield, je suis également détenteur d’un abonnement à Leeds United. Cette saison, Linfield est, à nouveau confortablement en tête. Donc si nous gagnons le championnat ce sera notre cinquante-cinquième titre de champion : nous sommes le club le plus titré du monde dans un championnat national. Je sais que les Rangers essaient de le revendiquer, mais nous les devançons notamment grâce aux coupes !

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. Vive l’Irlande unie et l’unité de l’Irlande se fera avec ou sans les Orangistes! Le temps est contre l’unionisme des protestants! La majorité démographique des protestants ne cesse de s’amenuiser d’année en année!

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