Corse. Le FLNC Maghju 21 veut lutter contre la mafia et la spéculation, le parquet antiterroriste ouvre une enquête [Vidéo]

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Après la tenue d’une conférence de presse par un groupe d’hommes en armes se revendiquant du « FLNC Maghju 21 » le 5 mai dernier, le parquet national antiterroriste vient de se saisir de l’enquête.

Un « redéploiement tactique » du FLNC en Corse ?

C’est lors d’une conférence de presse clandestine organisée le 5 mai, soit 45 ans jour pour jour après la création du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) le 5 mai 1976, que le nouveau mouvement clandestin répondant au nom de « FLNC Maghju 21 » [NDLR : « mai 2021 »] a annoncé qu’il comptait opérer un « redéploiement tactique dans l’attente de l’amorce par l’Etat français d’un véritable processus politique de règlement de la question nationale corse ».

Des déclarations qui ont été publiées en vidéo puisque des journalistes de France 3 Corse Via Stella ont été conviés à la prise de parole du groupe. Sur les images, on note ainsi la présence de huit personnes cagoulées et armées de fusils mitrailleurs et d’armes de poing.

Quant à sa composition, le « FLNC Maghju 21 » serait constitué de la réunion de « patriotes issus de toutes les autres structures » clandestines, en sommeil actuellement.

Reprise des revendications du FLNC historique

Sur le terrain des revendications, cette nouvelle organisation clandestine s’inscrit dans la voie historique du nationalisme corse. Et a adressé au passage des critiques envers la coalition nationaliste Pè a Corsica dirigeant la collectivité de Corse depuis fin 2015 en déclarant que cette dernière « n’a pas su se hisser à la hauteur des enjeux ». Cette alliance entre Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni a, selon le groupe armé, « été plus dans la gestion d’une collectivité que dans la construction d’une Nation ».

Si les élus de Pè a Corsica se sont révélés incapables « de créer un rapport de force politique face à l’Etat » aux yeux du FLNC Maghju 21, celui-ci a annoncé sa volonté de voir le combat nationaliste corse s’articuler autour de trois axes : lutte armée, lutte de masse et lutte institutionnelle.

Il y a urgence pour la nouvelle organisation, qui considère que « la Corse est aujourd’hui en danger. Elle s’apparente à un bateau à la dérive, livrée aux appétits financiers de quelques-uns et quelques groupes financiers qui s’accaparent les secteurs stratégiques avec l’aval de l’Etat et dans l’indifférence des élus ».

Plus généralement, les membres FLNC Maghju 21 veulent donc s’inscrire dans la continuité du FLNC 1976 et reviennent à la charge sur le terrain de prédilection de la clandestinité corse, à savoir la spéculation et la « colonisation de peuplement » qui « submerge notre petite société qui n’a pas les moyens politiques d’intégrer les flux intrants incessants de populations extérieures à la Corse. La décorsisation des emplois est toujours la règle pour les postes d’encadrement dans de nombreuses administrations ».

Une guerre contre la « gangrène mafieuse » en Corse ?

Autre point qui rappelle les débuts du « Front », la lutte contre la « gangrène mafieuse » et les assassinats « qui touchent des travailleurs, des honnêtes gens » mais aussi « des patriotes corses sincères » [NDLR : les militants nationalistes Massimu Susini et Stéphane Leca furent assassinés en septembre 2019 et en octobre 2020] sont évoqués dans le communiqué du nouveau groupe armé.

Pour mémoire, en juin 1984, un commando du FLNC abattait dans leur cellule de la prison d’Ajaccio deux hommes appartenant au milieu mafieux et complices présumés du meurtre, le 17 juin 1983, du militant nationaliste Guy Orsoni. Une époque où la voyoucratie corse et les barbouzes de la présidence Mitterrand auraient entretenu des relations intrigantes selon certains points de vue nationalistes corses.

Ouverture d’une enquête par le parquet national antiterroriste

En outre, le FLNC Maghju 21 dresse un tableau sombre de la situation sur l’île où « la voyoucratie pèse de plus en plus sur le tissu économique, le système politique et la société » tandis que « la vente et la consommation de drogue se généralisent et constituent le lit de la mafia ».

À la suite de cette conférence de presse annonçant la création d’une nouvelle organisation armée clandestine, le parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi de l’enquête le 10 mai.

Une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs terroriste pour laquelle la police judiciaire et la sous-direction antiterroriste de la police nationale ont été cosaisies.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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