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La fin de l’état d’urgence en Espagne rétablit la liberté de déplacement entre les régions, et coïncide avec la libéralisation du transport à grande vitesse, où débarque Ouigo, la filiale low cost de la SNCF connue en France pour ses trains bleu azur. En Espagne, celle-ci promet d’être «50% moins chère sur 87% des trains » par rapport à la Renfe, l’opérateur historique national espagnol.
Comme prix d’appel, les billets seront commercialisés à partir de 9€ sur le parcours Madrid-Barcelone pour 3h10 de train, en attendant qu’arrive d’ici un an Ilsa, un opérateur détenu à 45% par la compagnie ferroviaire italienne Trenitalia – qui ne se distingue guère par des prix bas en Italie cependant – et à 55% par la compagnie espagnole Air Nostrum.
Ces prix bas, déjà disponibles pour 6 trains par jour, sont nettement plus avantageux que ceux pratiqués par l’opérateur historique Renfe (entre 46 et 82€), alors que Ouigo relie aussi avec ces trains Saragosse (quatre fois par jour et par sens) et Tarragone (une fois par jour et par sens). D’ici à fin 2021, Ouigo reliera aussi Madrid à Valence, Alicante et Séville.
Pour s’implanter en Espagne, Ouigo a fait 600 milions d’euros d’investissements et travaillé des mois avec Alstom pour transformer 4 rames de TGV et les adapter au réseau ferroviaire espagnol – à terme, 14 le seront. Autant de travail en plus pour Alstom en France…
Les prix bas iront avec un service au rabais – bagages contingentés, nécessité d’être sur le quai une demi-heure à l’avance, supplément payant pour tout bagage en plus, flexibilité des billets et du placement payants…
De son côté la Renfe va passer à l’offensive… en France en relançant son offre Talgo à 360 km/h entre Lyon et Barcelone à partir de 2022, et va s’aligner sur Ouigo entre Madrid et Barcelone. Cette liaison Lyon-Barcelone fait aussi partie de l’extension des réseaux autrichiens (ÖBB) et allemands (DB) des trains de nuit dans le cadre de la mise en place d’un réseau européen des trains de nuit (TEEN). Ainsi, un train Zurich – Barcelone devrait circuler dès 2023, avec des arrêts à Mulhouse, Lyon et Montpellier.
Néanmoins Renfe semble avoir renoncé, notamment pour cause de « difficultés techniques » à ses ambitions sur la ligne Lyon-Paris – avec ses 40 millions de passagers, le double de la fréquentation annuelle de tout le réseau grande vitesse espagnol – c’est la ligne la plus rentable du réseau ferroviaire français, et de loin.
Louis-Benoît Greffe
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Une réponse à “Voyager en train pour pas cher en Europe ? C’est possible”
vous etes vaccinés j’espere !! ??