Sondage. 51% des Français soutiendraient la « dépénalisation » du cannabis

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Dans un contexte marqué par les débats autour de la mobilisation des forces de l’ordre contre le trafic de drogue (ex : décès d’un policier à Avignon) et la publication d’un rapport parlementaire (5 mai) défendant une position – la « légalisation régulée » du cannabis – allant à l’encontre de celle du gouvernement, une proposition de loi transpartisane est venue, ce mardi 25 mai, relancer le débat sur le sujet en prônant sa légalisation et sa commercialisation sous contrôle des pouvoirs publics.

Dans ce cadre, de quel côté penchent les Français sur cette question de la réglementation de l’usage du cannabis et l’efficacité de la répression menée par les autorités depuis des années ? A l’heure où un arrêté doit clarifier la réglementation sur la vente des produits à base de CBD – molécule non-psychotrope du cannabis appelée également « cannabis light » ou « chanvre bien-être » -, le site CBD-grams.com a commandé à l’Ifop une enquête visant à délivrer des données fiables et récentes sur ce sujet. Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de taille conséquente (2 025 personnes), cette étude d’envergure met en lumière une ouverture croissante de l’opinion publique à un assouplissement de la règlementation.

Télécharger ici l’intégralité du sondage

Les chiffres clés

1 / Pour la première fois, une majorité de Français soutient la « dépénalisation » du cannabis !

51% des Français s’y montrent favorables, soit un taux d’adhésion en hausse de 8 points par rapport à la dernière mesure de l’Ifop (43% en 2017) et qui s’avère aujourd’hui deux fois supérieur à la première étude menée il y a une quarantaine d’années sur le sujet (27% en 1977). Malgré l’opposition ferme du Président à cette idée, il est intéressant de noter que les électeurs macronistes y sont, eux, majoritairement favorables (à 54%). Plus encore, les sympathisants de gauche y sont massivement favorables, en particulier les potentiels électeurs de Jean-Luc Mélenchon (75%) et Yannick Jadot (77%).

2 / Et c’est même plutôt à une véritable légalisation qu’aspirent les Français quand on analyse plus précisément leurs attentes en matière d’encadrement de la consommation et de production

Dans une question reprenant les mêmes termes que dans une récente consultation citoyenne sur le cannabis récréatif, cette étude montre que derrière l’assouplissement de la règlementation défendu par une majorité de Français (56%), ceux-ci aspirent beaucoup plus (à 47%) à une légalisation du cannabis – c’est-à-dire à une autorisation à la fois de sa consommation et de sa production – qu’à une dépénalisation (à 9%) qui se limiterait à une levée des poursuites pénales attachées à son usage.

35% des sondés réclament néanmoins un renforcement des sanctions pour le trafic et l’usage de cannabis.

3 / Une adhésion croissante à l’idée commercialisation du cannabis sous contrôle de l’Etat

Allant dans le même sens que le projet de loi défendu notamment par le député Éric Coquerel (LFI), l’opinion publique se montre plus que jamais acquise à l’idée d’une commercialisation du cannabis sous contrôle des pouvoirs publics : près des deux tiers des Français (62%, +10 points par rapport à 2016) pensent que ce serait en effet plus efficace pour lutter contre le trafic. Et ce taux est très proche de la proportion de Français (67%) estimant que sa « légalisation régulée » permettrait de « reprendre le contrôle » face aux trafiquants et mieux protéger la santé des consommateurs.

4 / Un soutien encore plus massif à une légalisation de l’usage médical du cannabis

Dans le même ordre d’idée, on observe un quasi-consensus de l’opinion publique sur l’usage médical de ce produit : plus des trois quarts (78%) des Français se montrant favorables à la légalisation de l’usage du cannabis à titre thérapeutique.

5 / Un consensus autour de l’inefficacité des politiques actuelles de lutte et de répression

Une large majorité des Français s’accordent pour juger « inefficaces » les politiques actuelles de lutte et de répression contre la drogue, que ce soit pour prévenir les risques de santé (à 78%, +4pts), limiter la consommation de cannabis (83%) ou enrayer les trafics (84%). Par ailleurs, suite à l’émotion suscitée par le décès d’un policier en intervention à Avignon (5 mai), un quasi-consensus (80%) se dégage pour estimer que cette politique répressive « coûte cher et mobilise à l’excès les forces de l’ordre sans pour autant contribuer à la résorption de l’usage et du trafic de cannabis », et ceci autant à gauche qu’à droite de l’échiquier politique.

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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8 Commentaires

  1. Ce sondage est légèrement biaisé dans la mesure où la première question porte sur la légalisation des drogues « douces ». Si c’est « doux », ça ne peut pas faire de mal, n’est-ce pas ?
    Le cannabis ne devrait plus être qualifié de « drogue douce » car sa concentration moyenne en substances psychotropes (essentiellement THC) augmente fortement depuis vingt ans. De nombreuses études l’ont démontré dans le monde entier. C’est comme si on confondait boire une bouteille de bière et boire une bouteille de vodka.
    La légalisation du cannabis dans plusieurs Etats américains a permis une multiplication des études médicales sur le sujet. On mesure de mieux en mieux ses effets. En résumé, ils sont aussi mauvais que ceux du tabac pour les poumons et pire que ceux de l’alcool pour le cerveau. En consommer, ça n’est pas malin, et plus on consomme, moins on devient malin…

    • Ne vous en déplaise, le cannabis fait bien moins de dommage que le tabac et l’alcool, et en terme de dépendance leur est également bien inférieure. Ne parlez pas de soi disant études scientifiques pour faire passer votre avis personnel.
      Le gros problème du cannabis c’est le trafique, les gens s’en rendent bien compte et c’est pour cela que l’opinion publique se rapproche de la légalisation avec contrôle de l’état, une véritable politique de prévention chez les jeunes et la prise en charge sanitaire des consommateurs problématiques.

      • Je n’ai pas d’avis personnel sur cette question dont je ne suis pas spécialiste (contrairement à vous ?), mais je sais lire. Les études scientifiques ne sont pas « soi-disant ». Faites donc une recherche avec Google Scholar, par exemple sur « cannabis effects on brain ». Vous obtiendrez des liens vers des milliers d’articles récents, portant sur des échantillons nombreux et publiés dans des journaux scientifiques renommés : JAMA, Brain Research, Frontiers in Psychiatry, etc. Certains d’eux sont en open access ; vous pouvez donc les consulter gratuitement. Et leurs conclusions sont en général assez glauques…

      • Il y a à la fois de véritable risques et de véritables bénéfices inhérents à la consommation de cannabis, selon la qualité, la concentration et bien sûr l’usage donnée (c’est ce que disent pour de vrai les études). Le cannabis est une drogue de consommation courante, il est temps de l’accepter et de sortir les consommateurs du marché noir (car ce ne sont pas des criminels, ils appartiennent à tous les pans de la société). Il faut pour cela encadrer la culture et la distribution. Les pays qui ont légalisé n’ont d’ailleurs pas vu la consommation augmenter. Bien souvent la consommation augmente chez les personnes âgées qui y trouvent une alternative à tous les cachets qu’on leur donnent et baisse chez les jeunes. Il faut sortir du spectre idéologique du siècle passé et admettre que la réalité a de multiples facettes. La seule vérité est que la répression exercé depuis 50 ans est un désastre: la demande ne fait qu’augmenter, les dealers se professionnalisent de plus en plus et pourtant les coûts gaspillés dans cette lutte sont astronomiques.
        PS: Je ne suis pas du tout un consommateur régulier, mais un jour il faudra bien considérer cela comme un sujet de santé publique… Et c’est pas en disant que la drogue c’est de la merde qu’on fera quoi que ce soit…

      • Vous évoquez « les » études. D’après ce que vous dites, je ne suis pas très sûr que vous en ayez lu beaucoup, mais vous avez raison sur un point : il y a des risques et des bénéfices. Pour simplifier, et en s’en tenant au domaine médical, les bénéfices concernent principalement l’usage du cannabis comme anti-douleur. Les risques sont multiples. Le cannabis a des effets comparables à ceux du tabac sur les poumons et sur d’autres organes comme le coeur. Mais surtout, il a des effets neurologiques et cognitifs (normal : un psychotrope sert à modifier le fonctionnement des neurones !). Certains effets sont transitoires, d’autres sont définitifs.
        Dans une vision optimiste des choses, on devrait pouvoir tout autoriser, car n’importe quel esprit logique et cultivé s’abstient de consommer un produit qui dégradera ses capacités intellectuelles. Mais comme vous le notez justement, il ne suffit pas de dire « la drogue c’est de la merde », car il y aura toujours des esprits moins logiques et moins cultivés, ou incapables de résister à la pression sociale dans certains cas. Faut-il protéger les faibles d’esprit contre eux-mêmes ? Là est la question…

  2. texte à méditer. Je peux affirmer que le cannabis n’est pas une drogue douce. Prise continuellement de la 5°(hélas sous l’oeil amusé de certains enseignants et l’indulgence des dames patronnesses de la république qui n’ont comme aide aux famille-c’est de votre faute). On finit par avoir le cerveau brulé, incapable de se fixer plus d’une heure et l’on passe de longs mois à l’hôpital psy. Ces élus sont des criminels

  3. je ne fume pas, j’ai mis trente ans à me sevrer du tabac, vendu légalement.
    que l’état fasse des bénéfices et par là même assèche le porte monnaie des dileurs me semble une tactique possible puisque de toutes façons les habitués continueront; l’exemple de la prohibition aux états unis reste à méditer!

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