« Omar Raddad innocenté par l’ADN » : vrai rebondissement ou emballement médiatique ?

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De l’ADN n’appartenant ni à la victime, Ghislaine Marchal, ni au coupable désigné, Omar Raddad, a été retrouvé sur les scellés de cette affaire des années 90. Mieux : cet ADN inconnu se trouve en mélange avec celui de Ghislaine Marchal sur la fameuse inscription « Omar m’a tuer ». On est donc sur le point de découvrir le vrai coupable, celui qui a tenu la main ensanglantée de la riche héritière et qui a fait accuser un jardinier innocent.

C’est ainsi que Maître Noachovitch présente le dernier « rebondissement » de l’affaire Omar Raddad, suivie en ce sens par une grande majorité de la presse (Ouest France, Europe 1, RTL, France Inter, Marianne, Le Figaro…). Ces journalistes ne pointent même pas que cette annonce tombe exactement 30 ans après le meurtre de Ghislaine Marchal, le dimanche 23 juin 1991, et qu’elle vient nourrir la demande en révision du procès, qui ne peut être accordée qu’en fonction de « faits nouveaux inconnus de la justice au moment du procès et de nature à créer un doute sur la culpabilité de l’accusé ».

Un rapport d’expert qui innocenterait Omar Raddad

Maître Noachovitch s’appuie en fait sur un rapport de 2019, rendu par l’expert Laurent Breniaux, sur la base d’analyses ADN de 2015.

Laurent Breniaux va en effet dans le sens de la défense d’Omar Raddad, même si sa formulation est moins affirmative que celle de l’avocate : « La localisation de cette empreinte génétique, son omniprésence uniquement au niveau des zones d’écriture, et plus précisément au niveau des lettres ensanglantées, interroge sur l’activité qui a pu conduire à sa présence. Les hypothèses de pollution et contamination du scellé par un intervenant extérieur deviennent peu probables alors que les hypothèses de transfert primaire direct ou indirect au moment des faits le deviennent de plus en plus. »

L’expert n’écarte pas complètement la possibilité d’une « pollution » involontaire des scellés par les enquêteurs ou d’autres intervenants avant ou après le crime. En 1991, les scellés n’étaient pas protégés contre la pollution ADN, une technique encore dans l’enfance. Les portes sur lesquelles ont été tracées « Omar m’a tuer » ont été ainsi exposées en plein tribunal, lors du procès de 1994.

Une réalité qui incite aussi à la prudence le général de gendarmerie François Daoust, ancien chef de l’IRCGN, l’institut technique et scientifique de la Gendarmerie nationale : « La lecture de cette seule conclusion est intéressante, mais me laisse un peu sur ma faim, n’ayant pas le rapport dans son entier ni la conclusion du Dr Pascal, expert désigné à l’époque. Pour parfaire l’analyse rapportée par Le Monde, il faudrait savoir si le reste de la porte sur laquelle est rédigée l’inscription a été prélevé. Si oui, avons-nous un ou plusieurs ADN similaires ou différents de celui retrouvé le long du tracé des lettres ensanglantées ? Si le reste de la porte n’a pas été prélevé, il conviendrait de le faire afin de s’assurer que le même ADN n’est pas présent partout : ce qui montrerait que sa présence, y compris le long du tracé de certaines lettres, n’est pas pertinente comme indication irréfragable de la concomitance de l’écriture » (interview au Point, 23/6/2021).

Vaste complot ou bêtise médiatique ordinaire ?

Le fin mot de l’affaire est donc encore à venir et dépend de débats d’experts. En attendant, la prudence est de mise, la vérité médiatique étant depuis 30 ans très éloignée de la vérité judiciaire.

Omar Raddad a été en effet condamné par un jury populaire sur la base d’un dossier solide, étayé sur des éléments matériels plutôt probants.

Lors du procès, l’avocat Jacques Vergès propose cependant un scénario alternatif : celui d’une « machination, mise en scène par une accusation diabolique ». Sur les marches du palais, il poursuit : « Il y a cent ans, on condamnait un officier qui avait le tort d’être juif. Aujourd’hui, on condamne un jardinier parce qu’il a le tort d’être maghrébin ». Au moment de la première demande de révision, il enfonce le clou : « Condamner un innocent parce qu’il est étranger, parce qu’il est illettré, parce qu’il ne peut pas se défendre, pour couvrir quelqu’un de nanti et de protégé, c’est une honte. »

En jouant la carte de l’antiracisme, Vergès a mis les médias dans sa poche et obtenu par la politique ce qu’un jury d’assises lui a refusé : la libération d’Omar Raddad, au bout de seulement 4 ans, Jacques Chirac graciant partiellement le détenu, à la suite de transactions avec le roi du Maroc.

Aujourd’hui ce scénario alternatif digne d’Alien Theory n’est plus accepté sans discussion. Le Point par exemple donne la parole aux deux points de vue et met des points d’interrogation à son titre. Marlène Schiappa, du temps où elle était blogueuse, faisait aussi partie des sceptiques.

A.T.

Un récit honnête et récent de l’affaire (2019), avec une interview sans complaisance de Maître Noachovitch sur les analyses ADN.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Comment justifier la fausseté hypothétique de cette inscription puisque Madame Marchal, mourante, s’était barricadée dans la pièce où on l’a retrouvée, au cas où son agresseur reviendrait?
    Le comportement d’Omar était incohérent et inexplicable.
    Sa mise en liberté est un scandale.

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