Youenn Caouissin : « L’abbé Perrot peut être considéré comme la plus grande figure bretonne de la première moitié du 20 ème siècle » [Interview]

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Yann-Vari Perrot, une âme pour la Bretagne. Voici le titre du nouvel ouvrage signé Youenn Caouissin, et préfacé par Monseigneur Centène, édité aux éditions Via Romana qui retrace la vie spirituelle de l’Abbé Perrot, son engagement pour la Bretagne.

Pour évoquer la sortie de cet ouvrage, nous avons interviewé son auteur.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui a amené à écrire un nouvel ouvrage sur l’Abbé Perrot ?

Youenn Caouissin : Le premier livre J’ai tant pleuré sur la Bretagne, importante somme de 600 pages, vie et œuvre de l’abbé Perrot, suivie d’analyses, aujourd’hui a révélé, autant à l’éditeur qu’à moi-même, de la nécessité de « vulgariser » l’ouvrage pour le mettre à la portée d’un plus large public, d’où une édition de poche.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui n’avait pas encore été dit sur lui ?

Youenn Caouissin : Dans le premier livre, tout avait été dit de l’essentiel de sa vie, de son œuvre, des circonstances tragiques de sa mort.  La nouvelle édition comporte « trois inédits » : les « minutes » du pseudo procès qui condamna à mort l’abbé Perrot, reconstituées par les propres témoignages de Daniel Trellu, le chef des maquis du Poher qui fit exécuter l’ordre venu « d’en haut », c’est-à-dire de la hiérarchie communiste ; une annexe donnant l’essentiel des pensées de l’abbé Perrot sur tous les sujets de société propre à la Bretagne et au devenir de son identité, classées par thème : foi, langue, culture, éducation, famille, patrimoine, idéologies, droits historiques de la Bretagne. Troisième inédit d’importance, la belle Préface de Monseigneur Centène, évêque de Vannes, et que nous remercions.  Cette « édition poche » est donc un complément indispensable de la première édition. Le titre d’ailleurs UNE ÂME POUR LA BRETAGNE, n’est pas un choix anodin, mais l’affirmation d’une personnalité, d’une vie, d’une œuvre, d’un martyr qui nous interpelle aujourd’hui, et c’est pour cette raison que le titre est écrit au présent, car l’abbé Perrot est un prêtre pour notre temps. C’est encore pour cette raison, et la Préface de Monseigneur Centène en est la confirmation, l’abbé Perrot dépasse les seuls horizons bretons pour aller vers ceux de tous les pays européens.

Breizh-info.com : Pouvez vous nous rappeler brièvement qui il était, et surtout qu’est-ce qui explique qu’il fasse encore l’objet de tant de fascination, mais aussi de tant de haine par d’autres, à notre époque ?

Youenn Caouissin : L’abbé Perrot peut être considéré comme la plus grande figure bretonne de la première moitié du 20 ème siècle, il y a eu une « génération Perrot ». Par sa vie, son sacerdoce, son œuvre immense et sa perception prophétique des évènements (politiques, idéologiques, culturels, sociétal, francisation, laïcisation de la société) sur le long terme qui affectait la Bretagne, et qu’il n’avait de cesse de dénoncer, il a donc de ce fait accumulé sur sa tête un capital de haine de tous ceux qui voulaient déchristianiser et débretonniser la Bretagne. Nous savons que la haine n’a pas d’époque, et si elle perdure encore aujourd’hui,, c’est justement parce que sa lucidité, ses avertissements sont pour la Bretagne, la France, l’Europe d’une surprenante actualité, il est donc normal que cette haine soit aussi d’actualité.

Breizh-info.com : Quel héritage l’Abbé Perrot vous a-t-il laissé ? Et à la Bretagne ? Que retenir de lui aujourd’hui ?

Youenn Caouissin : L’héritage que personnellement  j’ai reçu de l’abbé Perrot, qui me baptisa, est celui que mes parents, Herry Caouissin qui fut son secrétaire, et ma mère Janig Corlay surent me transmettre, ainsi que les scouts Bleimor, celui de l’idéal-programme de l’abbé Perrot « FEIZ HA BREIZH ». Un héritage qui devrait  être celui d’une Bretagne qui se veut encore chrétienne et bretonne, et non nihiliste et destructrice de sa propre identité. C’est donc bien ce que l’on peut retenir de lui aujourd’hui, et c’est précisément l’objet des « annexes-florilèges » présentées dans cette nouvelle édition.

Breizh-info.com : En quoi la Foi est-elle indissociable de la Bretagne ? Il semblerait tout de même que la démocratie chrétienne, qui imprègne (notamment médiatiquement) la société bretonne depuis l’après guerre, soit à l’origine, à la fois de la perte de Foi, mais aussi de nombreux maux qui rongent la société bretonne aujourd’hui. Un paradoxe ?

Youenn Caouissin : Foi et culture sont pour tous peuples intimement liées. S’attaquer à l’une, revient à s’attaquer à l’autre, tous les politiciens-idéologues jacobins le savent. On a reproché à l’abbé Perrot cette osmose, or aujourd’hui encore, car cela a été de toujours l’enseignement de l’Eglise (l’inculturation), les papes de défendre cette complémentarité, alors qu’aujourd’hui les idéologues, comme leurs aînés entendent détruire les deux. Parmi ces idéologies, paradoxalement, la démocratie chrétienne,  jointe à toutes les autres idéologies, a une lourde responsabilité dans la perte de la foi en Bretagne, c’est ce que dénonçait déjà l’abbé Perrot avec  la laïcisation de la société bretonne à laquelle « donnait la main » cette démocratie dite chrétienne Elle était d’autant plus efficace qu’elle s’affirmait « chrétienne ». Là encore, c’est tout le paradoxe de la société bretonne d’aujourd’hui qui à bien y regarder n’a plus de chrétienne et de bretonne qu’un côté festif éphémère, et qui ne cesse de se mettre en remorque de  toutes les cultures de mort des patries.

Breizh-info.com : Il semblerait que tout n’ait pas été totalement encore découvert, dit, sur sa mort, sur son assassinat. Avez vous d’autres informations sur le sujet ? 

Youenn Caouissin : Tout a désormais été dit sur les causes, les décisions, les circonstances, les responsables de l’assassinat de l’abbé Perrot ; il n’y a plus, sauf coup de théâtre improbable, de mystères. Il convient de ne plus enfermer l’abbé Perrot dans ces quatre années de guerre dont il fut la victime et  un martyr, mais de s’attacher à l’homme de Dieu, son sacerdoce, son œuvre et son message pour le devenir d’une Bretagne fidèle à ses racines chrétiennes et bretonnes.

Breizh-info.com : Des évènements sont-ils prévus prochainement, à Scrignac, pour lui rendre hommage ?

Youenn Caouissin : En 2023, 80 ans que l’abbé Perrot aura été assassiné par les communistes. A ce jour, aucun évènement commémoratif n’est prévu. Actuellement,  son souvenir n’intéresse plus personne, on peut le regretter. Il n’est qu’à se souvenir de l’indifférence pour la profanation de sa tombe et de sa chapelle à Pâques 2018, suivie d’un incendie accidentel en juillet 2019.  Pour prétendre lui rendre hommage, il faudrait déjà commencer par vivre son idéal Feiz ha Breiz, et non pas prendre uniquement Breiz et éliminer Feiz, comme trop l’ont fait, et entendent encore le faire, chassant ainsi Dieu du devenir de la Bretagne … ce que contre quoi s’élevait avec force le recteur de Scrignac…

Propos recueillis par YV

Illustrations : DR
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1 COMMENTAIRE

  1. dépêchez vous de l’acheter et de le lire avant qu’il fasse partie d’un autodafé comme le font les canadiens avec les livres qui ne plaisent pas à la bienpensance

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