Minorités nationales. L’UE veut « homogénéiser » la diversité culturelle de l’Europe

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La Commission européenne détourne délibérément le regard lorsqu’il s’agit des minorités nationales, et il y a un motif politique derrière cela, écrit le chercheur hongrois Balázs Tárnok dans un article d’opinion pour Newsweek.

De nombreux Européens appartiennent, au sein d’un État membre, à un groupe culturel, linguistique ou ethnique qui diffère de la majorité. C’est le cas, par exemple, de la population basque en Espagne, des Hongrois en Roumanie et en Ukraine, et des Sorabes en Allemagne. Trop souvent, ces groupes sont privés de droits et de protection.

« Bien que l’UE compte plus de 50 millions de personnes appartenant à des minorités ethniques (nationales ou linguistiques), il n’existe aucun acte juridique spécifique au niveau européen pour les protéger. L’absence d’un ensemble minimal de règles européennes permet aux États membres de priver les minorités ethniques de leurs droits précédemment acquis », écrit Tárnok.

C’est pourquoi l’Union fédérale des nationalités européennes (FUEN) a récemment lancé un appel urgent aux institutions de l’UE sur la question des droits des minorités, mais il a été largement ignoré.

La Commission européenne ignore les problèmes des minorités nationales parce qu’elle veut supprimer les spécificités nationales et régionales et homogénéiser la population de l’Europe, a expliqué M. Tárnok, chercheur invité à l’université de Notre Dame, dans un article d’opinion publié dans le magazine américain Newsweek sous le titre « Ignoring Minority Rights is Part of Brussels’ Agenda to Homogenise Europe ».

Il a rappelé que ces dernières années, la Commission a sélectivement utilisé sa position de gardienne de divers traités pour engager des procédures judiciaires alléguant des violations de valeurs européennes « communes » mais en quelque sorte exclusives.

« Ces dernières années, la Commission européenne s’est éloignée de son rôle initial de « gardienne des traités » impartiale et abuse désormais du concept de valeurs communes de l’UE. L’autorité de Bruxelles ne prend des mesures juridiques que lorsque certaines valeurs sont violées, tandis que la violation d’autres principes moins importants pour Bruxelles est complètement ignorée », écrit le chercheur hongrois.

Selon M. Tárnok, le Comité fait régulièrement référence à un manque de compétence, à sa propre impuissance lorsque des minorités nationales sont lésées, mais lorsqu’il veut défendre la minorité LGBTQ, par exemple, les obstacles susmentionnés disparaissent soudainement.

« La Commission européenne a récemment lancé des procédures d’infraction contre la Hongrie et la Pologne pour des violations présumées des droits des LGBTQ+. Si Bruxelles défend les droits des personnes LGBTQ+, elle continue d’ignorer les défis auxquels sont confrontées les autres minorités, notamment les minorités ethniques. La non-défense des minorités ethniques fait partie du programme de la Commission visant à supprimer les spécificités nationales et régionales en Europe et à homogénéiser la population », a-t-il écrit.

Selon M. Tárnok, en négligeant les minorités nationales, Bruxelles détruit la véritable diversité culturelle héritée de l’Europe et viole ainsi les intentions de ses pères fondateurs. Suite à la conférence sur l’avenir de l’Europe, la FUEN a demandé que la protection des minorités nationales et linguistiques soit incluse dans les traités fondateurs de l’Union européenne. La plus grande organisation de coordination des minorités européennes, présidée par Vincze Loránt, membre du Parlement européen pour l’Alliance démocratique des Hongrois de Roumanie (RMDSZ), a adopté cette stratégie lors de son congrès à Trieste, qui s’est terminé dimanche. Selon eux, il doit être clairement établi dans les traités de l’UE que les critères de Copenhague ne sont pas seulement contraignants pour les pays candidats, mais que leur respect est une obligation permanente pour tous les États membres.

La FUEN a appelé la Commission européenne à intégrer pleinement le suivi de la situation des minorités nationales et linguistiques dans le mécanisme de l’État de droit et à soutenir les États membres en partageant les meilleures pratiques dans le domaine de la protection des minorités. Il a également été noté qu’il n’existe pas à ce jour de politique européenne cohérente en matière de protection des minorités.

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Photo d’illustration : DR
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