Thibault Mercier : « Chaque jour nos libertés se réduisent sans que personne ne s’en inquiète » [Interview]

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Maître Thibault Mercier, avocat au barreau de Paris et président du Cercle Droit et Liberté, est un de ceux qui, depuis le début de l’instauration de la tyrannie sanitaire en France, conteste le confinement et toutes les mesures délirantes mises en place par les autorités.

L’auteur de « Athéna à la Borne, discriminer ou disparaitre » répond à quelques-unes de nos questions alors que samedi encore, ils étaient des milliers à avoir battu le pavé contre le pass sanitaire et le contrôle de la population par les autorités. Et qu’ils sont des dizaines de milliers en France à faire toujours face aux autorités, malgré le chantage à l’emploi, malgré les mesures d’asphyxie économique prise à leur encontre, malgré les difficultés familiales rencontrées.

Entretien avec Thibault Mercier.

Breizh-info.com : Qu’est-ce que le Cercle Droit et Liberté, que vous présidez ?

Thibault Mercier : Le Cercle Droit & Liberté est un réseau de juristes engagés qui promeut et défend activement nos libertés aussi bien individuelles que collectives. Cela passe par l’organisation de conférence et de débats (près de 60 en 7 ans), des prises de positions dans les médias ainsi que par des recours devant les juridictions administratives. Nous avons à cet effet été audience vendredi dernier par le Conseil d’État après avoir déposé un recours contestant la fin du remboursement des tests Covid. Nous avons notamment plaidé que cette mesure venait encore un peu plus renforcer une obligation vaccinale indirecte.

Breizh-info.com : On vous a beaucoup vu médiatiquement dénoncer l’aspect tyrannique du pass sanitaire. Il semblerait que malheureusement, une majorité de la population ait appris à « vivre avec ». N’est-ce pas un signe très inquiétant pour nos libertés, dans les prochaines années, que cette acceptation de l’inacceptable ?

Thibault Mercier : Le ministre Emmanuelle Wargon constatait le mois dernier que nous nous étions habitués au passe sanitaire et qu’il n’était plus gênant dans la vie quotidienne. Si la satisfaction qui ressortait de cette déclaration est condamnable, il faut néanmoins avouer qu’elle avait raison. La question, qui n’est pas nouvelle, de notre soumission volontaire à l’ensemble de mesures restrictives de nos libertés est néanmoins extrêmement inquiétante et doit nous amener à une réflexion sur la valeur que nous accordons à la notion de liberté dans nos sociétés anémiées par le confort.

« La liberté, pour quoi faire ? » nous demandait Bernanos dans un ouvrage posthume de Georges Bernanos issu d’une conférence prononcée au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.

Pour lui, la pire menace pour la liberté n’était pas qu’on se la laisse prendre — car ce qui nous est volé peut toujours être repris — mais qu’on ne l’aime plus, qu’on ne la comprenne plus.

Il nous mettait en garde : « Bien avant que la liberté fût mise en péril par les dictatures, la foi en cette liberté s’était progressivement affaiblie dans les consciences »

La liberté, pour quoi faire ? Cette question c’est l’État qui nous la jette à la figure : La liberté, mais pourquoi faire imbéciles ? Et nous sommes incapables d’y répondre puisque nous sommes finalement bien contents de notre mise sous tutelle tant que notre auge est rempli à la fin du mois. La liberté, pour quoi faire ? puisque c’est le Gouvernement qui est libre à notre place. Finalement notre époque abhorre la liberté. Et elle n’a quasiment plus qu’un besoin désormais : la SECURITE !

Cette recherche de sécurité, d’un confort plan-plan, ce dégout du risque, tout cela nous fait abdiquer notre liberté et notre libre arbitre pour les remettre docilement à l’État.

Le passe est un exemple parfait de cet état de fait, puisqu’il nous offre une existence ordonnée, guidée, balisée qui nous rassure. Avons-nous vraiment envie de nous en passer maintenant que nous savons que notre prochain est « pur » et « inoffensif », débarrassé de tout agent infectant. Sommes-nous prêts à reprendre le risque de fréquenter une personne dont on ne connait pas l’état de santé ?

Breizh-info.com : Le gouvernement envisage de prolonger ce pass après novembre. Révélant là, alors que l’épidémie est en décrue large, que ce pass n’est pas sanitaire, mais politique. Comment combattre cela, sachant que la mobilisation pacifique de la rue semble n’avoir pas fait bouger la moindre ligne ?

Thibault Mercier : Le Gouvernement se comporte une nouvelle fois comme un voleur chinois et cela fonctionne : après nous avoir promis une application du passe jusqu’au 15 novembre, il vient désormais de réussir à faire passer une loi, sans que nos députés godillots ne mouftent, lui permettant de mettre en œuvre cette mesure jusqu’au mois de juillet 2022. Chaque jour nos libertés se réduisent sans que personne ne s’en inquiète. Je n’ai pas de solution unique, mais il me semble que la formation de nos jeunes est éminemment nécessaire. Nous avons d’ailleurs lancé une activité de formation en partenariat avec l’Institut de Formation Politique (le Campus des Libertés Publiques) qui nous a permis de former 40 étudiants et jeunes professionnels cette année, qui seront demain les sentinelles de nos libertés.

Breizh-info.com : Du point de vue du juriste que vous êtes, comment observez-vous ce qui ressemble, dans le monde entier et avec des régimes politiquement très différents, à un gigantesque effet domino qui au final, a entrainé l’enfermement des citoyens doublée d’une peur irrationnelle, mais non sans conséquence, notamment sur les plus jeunes ?

Thibault Mercier : Ce qui m’a frappé depuis un an et demi c’est la facilité avec laquelle notre état de droit, duquel s’enorgueillissaient la main sur la cœur les avocats et juges français les plus droits-de-l’hommistes, s’est littéralement effondré devant cette nouvelle morale sanitairement correct plaçant la santé, un bien, au-dessus de tous nos principes et valeurs. Le Droit ne nous sera plus d’aucune aide dans cette première crise du monde connecté. Il va sérieusement falloir s’atteler à réhabiliter la notion de risque dans nos sociétés occidentales si nous ne voulons pas que le principe de précaution vienne scléroser un peu plus avant nos actions.

Breizh-info.com : Autre sujet. Nous vous avions interviewé sur votre livre « Athéna à la Borne, discriminer ou disparaitre ». Il se trouve justement une personnalité, potentiellement candidate à la présidentielle, qui est la seule à défendre l’abrogation des lois mémorielles et liberticides empêchant justement toute idée de discrimination, c’est-à-dire de choix. En l’occurrence Eric Zemmour. Quel regard portez-vous sur cette personnalité ? Comment faire comprendre aux citoyens qu’il s’agirait sans doute de la mesure la plus importante de ces dernières décennies, et que cela changerait bcp de choses ?

Thibault Mercier : Eric Zemmour, peut-être parce qu’il ne vient pas du sérail politique, ose aborder des questions courageuses sans se soucier des conséquences sur sa carrière. En ce qui concerne les lois mémorielles, je rappellerai en tant qu’avocat qu’elles ont toujours été critiquées quasi unanimement par les juristes et historiens.

Quant à la réhabilitation de la notion de discrimination, demandons-nous simplement en quoi serait-il illégitime pour un État ou une personne de privilégier ses citoyens ou ses proches ? N’est-ce pas là le but de toute association politique que de favoriser les liens d’amitié entre les siens ? Une société peut elle vraiment prospérer sans, comme le disait Cicéron, cette « communauté du sang (qui) unit les hommes par les liens d’une bienveillance et d’une affection réciproques » ?

Breizh-info.com : Avez vous des projets d’ouvrages actuellement ? Ou des livres que vous conseilleriez à nos lecteurs ?

Thibault Mercier : Les conférences, cours et formations que je dispense régulièrement (à l’Université, IFP, CDL, Iliade, etc) m’empêchent pour le moment de me consacrer sérieusement à l’écriture. Je peux cependant recommander deux ouvrages aux lecteurs de Breizh-info : L’Avènement du corps d’Hervé Juvin qui dès 2005 nous décrivait avec une acuité rare les nouvelles problématiques que poseraient l’allongement de la vie, le culture du corps et du confort dans nos sociétés ou encore Leurs et malheurs du transhumanisme d’Olivier Rey qui nous poussera à nous interroger sur l’envahissement de la médecine dans nos vies (qui s’est encore un peu plus renforcé avec cette crise sanitaire).

Propos recueillis par YV

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