Armes à feu. Rencontre avec Henry Petry, de la Fédération française de tir des professionnels armés (FFTPA)

A LA UNE

Lionel Baland a interrogé le président de la Fédération française de tir des professionnels armés (FFTPA) (https://www.ftpa-france.fr/) Henri Petry pour Breizh info. 

Le groupe à l’origine de cette fédération est composé de policiers, gendarmes, militaires, en activité ou retraités, de personnes appartenant au privé, …tous animés de la même passion du métier des armes et de l’envie de transmettre leur savoir-faire dans un cadre conforme et légal.

Breizh-info.com : Quel est votre parcours ?  

Henry Petry (FFTPA) : J’ai débuté ma carrière dans les commandos de la Marine nationale. J’y ai été actif entre 1968 et 1975, avec quelques embarquements, sur l’aviso-escorteur Victor Schoelcher et le croiseur lance-missiles Colbert. 

Je suis entré en gendarmerie en 1975 avec la ferme idée d’intégrer le GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) : école des sous-officiers de gendarmerie de Chaumont (52) ; escadron blindé de gendarmerie mobile 4/1 de Satory (78) ; groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) à Maisons-Alfort puis Satory ; groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) à Satory ; escadron de sécurité du détachement de gendarmerie de Berlin ; escadron 36/1 de Saint-Denis (93). 

Étant parti à la retraite en 1993, j’ai fondé et dirigé le Mouvement pour la reconnaissance de la sécurité de 1999 à 2010, l’Union nationale des entrepreneurs des services de sécurité et de défense de 2013 à 2015, la Fédération française de tir des professionnels armés depuis mars 2019. 

Breizh-info.com : Quels sont les objectifs de la Fédération française de tir des professionnels armés ?  

Henry Petry (FFTPA) : Il est de compenser les lacunes et d’apporter des solutions par une instruction professionnelle, dans des stands de tir adéquats ; de participer à la professionnalisation des métiers de la sécurité, par le partage adapté des connaissances ; de faire évoluer les mentalités et la doctrine actuelle dans ce domaine, par des propositions sérieuses, des schémas d’instruction cohérents, et une mise en œuvre graduelle de ceux-ci au niveau de compétence le plus élevé ; de contribuer à élever le niveau de connaissances théoriques, juridiques, de technique et de maîtrise des participants dans cette discipline confidentielle que représente le tir de défense ; de sanctionner la progression et l’excellence des pratiquants par des remises de diplômes ; de maintenir les pratiquants à un haut niveau de sécurité et d’exécution professionnelle par des recyclages adaptés aux évolutions des menaces et des lois. 

En résumé, on peut dire que l’objectif de la Fédération française de tir des professionnels armés est de fédérer autour des mêmes valeurs, pour éviter tous les abus qui peuvent être constatés aujourd’hui sur les réseaux sociaux. 

Breizh-info.com : Le Hussard organise en Pologne des formations au tir interdites en France. Sont-elles appropriées ?  

Henry Petry (FFTPA) : Ces formations sont, à mon sens, appropriées. Tout dépend du public à qui elles s’adressent, du contenu de la formation, de l’organisme de formation dispensateur et de son état d’esprit. 

Breizh-info.com : Pensez-vous que dans le futur ce genre de stage soit possible dans l’Hexagone ?  

Henry Petry (FFTPA) : Oui, tout à fait. D’ailleurs, la FFTPA est prête. Notre Comité technique national a travaillé sur les conditions de mise en place et les normes de stands de tir adapté au tir de défense ; notre conseil consultatif formations et stages a mis en place des référentiels de formation spécifiques au tir de défense. De plus, cinq avocats et un colonel de gendarmerie, docteur en droit, sont membres de notre fédération. Il nous manque seulement l’aval des autorités. 

Breizh-info.com : Les politiciens français ne craignent-ils pas qu’une partie de la population acquière un savoir considéré comme dangereux par le système en place ?  

Henry Petry (FFTPA) : À ce jour, deux députés sont intéressés par notre vision de ce genre de formation. Le ministre de l’Intérieur a étudié nos dossiers. 

Quant à ce qu’une partie de la population acquière un savoir considéré comme dangereux, ce peut être le cas actuellement puisque des formations se déroulent un peu partout, en France et à l’étranger, sans aucun contrôle. 

Ce que nous proposons est conforme à la législation. En effet, chaque candidat est sélectionné. Au cours d’un stage, son comportement est étudié et, à la fin du stage, un jury d’examen valide, ou non, sa candidature à une détention, voire un port d’armes. Nous précisons que notre jury d’examen est composé, en plus des formateurs et des professionnels, d’un noyau formé par un juriste, un psychologue et un médecin-urgentiste.  Lors de ce stage, il n’est pas question de tirer des milliers de cartouches mais chaque tir est réfléchi. Le stagiaire est constamment confronté aux conditions très strictes de la légitime défense. Il apprend aussi à ne pas tirer. Notre charte éthique commence par « Respect de la loi – Respect de la vie ». 

Ce que nous souhaitons, c’est être l’interlocuteur concernant les armes de défense pour l’État, mais aussi pour les citoyens en demande d’informations. 

Breizh-info.com : Les citoyens ordinaires doivent-ils être autorisés à détenir des armes ? Si oui, dans quelles conditions ?  

Henry Petry (FFTPA) : Oui, certains citoyens ordinaires peuvent être armés et c’est ce que prévoit la loi. Il faut que la personne soit menacée (bijoutiers, avocats, etc.). Le problème actuel est qu’elle ne peut pas transporter son arme pour s’entraîner car les clubs de tir sont affiliés à la Fédération française de tir (FFT), qui est une fédération sportive. Les particularités du tir de défense, tir sur silhouette, en mouvement, dégainer de l’arme, sont interdites, à raison, puisque nous parlons de tir de défense et la FFT de tir sportif. 

Je tiens à préciser que nous ne parlons que de tir de défense. Les termes « tir de combat », « tir instinctif », « tir au juger », etc. sont inappropriés puisque ce sont des termes militaires. Nous admettons « tir de riposte » et « tir tactique ». 

Les conditions de détention d’une arme de défense seraient celles du tir sportif. 

De plus, le candidat devrait être membre de la FFTPA, suivre les formations initiales et continues organisées par celle-ci. De ce fait, un candidat à un poste des métiers armés se voyant refuser l’avis favorable à la détention et au port d’armes ne pourrait pas intégrer ces métiers.  

Puisque nous sommes à l’heure des fichiers, celui-ci serait utile pour la sécurité de tous. 

Quand on parle d’armes, on ne voit que les armes à feu. Mais, il y en a d’autres et je crois qu’il serait bon que quatre types de port d’armes soient mis en place, soit la détention et le port :

– d’un aérosol de défense (gaz lacrymogène ou poivre) ;

– d’un bâton de défense (matraque télescopique, tonfa, etc.) ; 

– d’un taser ; 

– d’une arme de catégorie B

Bien sûr, pour chaque demande de port d’armes, il y aura un stage avec jury d’examen, plus ou moins long selon le moyen de défense. Pour celui consacré aux aérosols, ce sera une formation d’une journée avec une partie importante concernant la législation, les dangers du lacrymogène, comment s’en protéger et comment porter secours.  

Seront concernées, entre autres, par le premier stage, les jeunes femmes et jeunes filles qui portent souvent ce genre de moyens de défense, en toute illégalité, sans aucune connaissance. 

Une avocate, membre de notre fédération, a pu suivre une initiation menée avec des armes à bille. Je précise que, même si ce ne sont pas des armes réelles, ce sont des répliques et nous les considérons comme des armes avec toute la sécurité nécessaire. Elle a été mise en situation de légitime défense à laquelle sont confrontés, très souvent, les membres des forces de l’ordre. Elle a pu ainsi se rendre compte des difficultés. 

Elle précise qu’il est souhaitable, que dans le futur, des magistrats, des députés et des sénateurs puissent participer à ce genre d’entrainements pour juger des contraintes. 

Pour terminer le registre de la formation, je préconiserai que tous les tireurs, sportifs, de défense, chasseurs, effectuent des stages de balistique pour éviter les accidents de « balle perdue » car un projectile tiré n’est malheureusement pas forcément perdu pour tout le monde et peu de tireurs sont au fait des réelles possibilités d’une munition. 

Dès la création, nous avons souhaité nous rapprocher de la FFT, des fédérations de chasse, des armuriers et des équipementiers pour travailler de concert sur ce sujet. Un seul armurier de province et un équipementier nous ont rejoints. 

Breizh-info.com : Ce samedi 30 octobre 2021, la Fédération française de tir des professionnels armés a tenu sa première rencontre interprofessionnelle en présence du préfet Christian Prouteau, fondateur et premier commandant du GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale) et du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République). Pouvez-vous nous en dire plus sur cet événement ?  

Henry Petry (FFTPA) : Tout d’abord, il s’agissait de réunir, pour leur présenter la FFTPA, toutes les personnes concernées par ce sujet : les représentants de l’État, les élus, la presse, les professionnels, et les personnes menacées. 

Nous avions invité le préfet Christian Prouteau, comme vous le précisez, et cela est important. En effet, il est le fondateur du GIGN et du GSPR et j’ai travaillé sous ses ordres. Son intervention portait sur la création du GIGN et sa première affaire difficile, en 1976, près de Loyoda, de nos jours, à Djibouti.  

Il serait long de reprendre son intervention. Je vous conseille de lire GIGN, nous étions les premiers, de Christian Prouteau et Jean Luc Riva, édité chez Nimrod et Les Oubliés de Loyoda écrit par Paul Vitani. Je vous les recommande. 

Toute son intervention a porté sur son approche humaniste de l’utilisation de l’arme, qui est devenue le fondement de notre fédération. 

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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1 COMMENTAIRE

  1. seuls les racailles peuvent s’armer
    un juge a libéré hier un dileur (4 kg de résine de cannabis) avec un arme automatique !
    son avocat avait trouvé un vis de forme (manquait l’heure sur un papier)

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