Offensive migratoire contre la Pologne : l’Union européenne joue les pompiers pyromanes

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La crise diplomatique entre l’Union européenne et la Biélorussie a pris une nouvelle ampleur cette semaine. Le nombre de migrants qui tentent de franchir clandestinement la frontière entre la Biélorussie et la Pologne ne fait qu’augmenter. L’Union européenne, empêtrée dans ses contradictions, se montre une nouvelle fois incapable d’aider un pays membre de l’UE à faire respecter de façon intransigeante ses frontières.

Les sanctions de l’Union européenne à l’origine de l’offensive migratoire

Suite au détournement le 23 mai 2021 d’un avion de la compagnie Ryan Air à Minsk afin d’arrêter un dissident politique, l’Union européenne a imposé à partir du mois de juin des sanctions à la Biélorussie qui impactent plusieurs secteurs de son économie.

La riposte des autorités biélorusses ne s’est pas fait attendre : elles ont rapidement organisé une offensive migratoire contre les pays voisins membres de l’Union européenne, la Lituanie, la Lettonie et la Pologne.

Depuis début novembre, le rythme des navettes aériennes acheminant des migrants en Biélorussie depuis leur pays d’origine ou d’accueil (Turquie, Syrie, Irak, Liban, etc.) s’accélère. A l’issue d’un périple de plusieurs milliers de kilomètres très bien organisé, les clandestins, principalement des musulmans issus du Moyen Orient, sont ensuite conduits à la frontière occidentale du pays afin de tenter pénétrer dans des pays de l’est de l’Union européenne.

Après la Lituanie et la Lettonie, la Pologne est désormais la principale cible du gouvernement biélorusse : depuis quelques jours, les migrants sont toujours plus nombreux à tenter de passer la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, en particulier à proximité du poste frontière de Bruzgi-Kuznica. A cette fin, les clandestins s’emploient à détruire la clôture frontalière à l’aide de troncs d’arbres, de pelles et de pinces monseigneur. Les forces de l’ordre polonaises, dont le pays a connu de nombreuses invasions, résistent fermement à cette offensive migratoire et repoussent systématiquement les clandestins.

Mais déjà, en Europe de l’ouest, des voix s’élèvent pour céder au chantage, comme celle de Daniel Cohn Bendit qui préconise l’accueil des migrants massés à la frontière. Ceci alors que  des preuves de la mise en scène médiatique de leur détresse s’accumulent.

L’Union européenne joue les pompiers pyromanes

A quoi l’Union européenne s’attendait-elle en infligeant des sanctions à la Biélorussie, ce qui, quels que soient les faits reprochés, est une ingérence dans la politique intérieure de ce pays ?

Les pays tiers ont bien compris où se trouve le talon d’Achille de l’Union européenne : sa faiblesse et son laxisme vis-à-vis de l’immigration illégale. L’offensive migratoire menée contre la Grèce par les autorités turques en mars 2020 et l’ouverture par les autorités marocaines des frontières à Ceuta à des milliers de clandestins en avril 2021 n’ont visiblement pas servi de leçon. L’Union européenne demande toujours aux pays membres de concilier l’inconciliable, la défense des frontières et l’application sans discernement du principe de non refoulement, qui postule que tout étranger peut demander l’asile aux frontières d’un pays de l’UE. Pire, la présidente de la commission européenne a récemment catégoriquement refusé d’aider les pays aux frontières extérieures à l’Union européenne à renforcer leurs protections contre l’immigration clandestine.

La diplomatie coercitive de l’Union européenne

Depuis plusieurs années, l’Union européenne inflige des sanctions à de nombreux pays tiers, afin, selon ses propres termes, de « prévenir des conflits ou pour répondre à des crises ». Chacun appréciera le bien-fondé de cette politique qui vise certains pays alors que la procédure de pré-adhésion de la Turquie à l’Union européenne est toujours en cours et que ce pays bénéficie de sommes colossales dans ce cadre.

Suite aux sanctions prises contre la Biélorussie, une riposte était à attendre. Les autorités de ce pays ont rapidement identifié la faiblesse de l’Union européenne, qui impose aux pays membres un strict respect de la règle du non refoulement.

Cette règle permet en effet à des centaines de milliers de clandestins de pénétrer chaque année dans les pays de l’Union européenne, peu importe qu’ils ne viennent pas d’un pays en conflit. Le balais incessant des bateaux chargés de clandestins en mer méditerranée entre les côtes africaines et celles d’Italie et d’Espagne en est une illustration édifiante.

Les autorités biélorusses savaient pertinemment qu’en projetant des migrants à la frontière de l’Union européenne, l’invocation du principe du non refoulement aboutirait à fragiliser la défense des frontières des pays agressés. Ainsi, si lors d’une conférence de presse le 9 novembre, la commissaire européenne aux affaire intérieures, Ylva Johansson, a affiché une détermination de façade vis-à-vis de l’initiative « désespérée et illégitime »  de la Biélorussie, elle s’est empressée de rappeler à propos des refoulements pratiqués par les autorités polonaises que « les pays européens doivent respecter leurs valeurs et les règles juridiques ».

Mais le gouvernement biélorusse n’a pas pris en compte un élément majeur : les Polonais n’ont pas la faiblesse coupable des pays d’Europe de l’ouest et du sud, toujours prêts à accepter l’immigration clandestine. La commission européenne a eu beau proposer l’aide du corps européen de garde-frontières Frontex. Le gouvernement polonais a refusé de voir ses douaniers placés sous l’étroite surveillance d’observateurs des droits fondamentaux, dont les constats risquaient d’aboutir à de nouvelles condamnations pour les refoulements des clandestins pratiqués à la frontière avec la Biélorussie. On ne compte en effet plus les condamnations de l’Etat polonais à ce sujet, que ce soit par la Cour européenne des droits de l’homme et la Cour de justice de l’Union européenne.

Que veulent les Polonais ? Qu’on les aide véritablement à faire respecter leurs frontières et à arrêter l’immigration clandestine.

Face à l’intensification de la pression migratoire, les ministres de l’intérieur de douze pays européens, dont celui de la Pologne, ont demandé le 7 octobre à la commission européenne de financer en partie le renforcement des frontières extérieures de l’Union européenne. Ils précisaient qu’ « une barrière physique apparaît comme une mesure de protection des frontières efficace, qui sert les intérêts de l’ensemble de l’UE, pas seulement les États membres en première ligne ».

La réponse de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été cinglante : « J’ai été très claire […] il n’y aura pas de financement de barbelés et de murs ».

Le parlement polonais a bien compris qu’il ne pouvait compter que sur lui-même pour protéger ses frontières. Il s’en donne les moyens : le 14 octobre, le parlement polonais votait une loi légalisant les refoulements de migrants à la frontière. Dans la foulée, le gouvernement polonais s’engageait dans la construction d’un mur à la frontière dont le coût avoisine 353 millions d’euros.

Le 11 novembre, les garde-frontières polonais célébraient la fête de l’indépendance de leur pays. La Pologne sait que l’indépendance et la souveraineté ont un prix. C’est la raison pour laquelle ils défendent, pour eux et plus largement pour les Européens, leurs frontières. Sans l’aide de l’Union européenne.

Paul Tormenen

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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4 Commentaires

  1. L’attitude de l’Union européenne est indigne et stupide. Elle sait bien que les Européens sont hostiles à une ouverture totale des frontières. Elle sait aussi qu’elle est déjà déconsidérée pour différentes raisons. Elle s’acharne à détruire ce qui lui reste de crédit auprès de ses propres peuples.
    L’Europe, on est pour : vive la Pologne. Mais l’Union européenne est devenue un petit clan adversaire de l’Europe.

  2. L’UE refuse de refouler les migrants, et si ils passent, refuse de les remigrer. En vérité, l’UE veut une Europe multiraciale, pour que jamais plus le nazisme ne renaisse de ses cendres. Il y a 75 ans cela a été approuvé par Roosevelt, avec le plan proposé par Earnest Hooten, Louis Nizer, Théodore Kaufmann, avec notamment cette proposition qui nous parle aujourd’hui : « Des millions d’étrangers doivent être installés sur le sol allemand avec le but d’un mélange génétique qui fera disparaître l’âme guerrière allemande ». Ce qui était pensé pour détruire l’Allemagne blanche, aryenne, a été appliqué à toute l’Europe de l’Ouest. Et maintenant ils s’attaquent à l’Europe de l’Est.
    Earnest Hooten (1887-1954), a écrit « Le Plan Hooten, éradiquer l’atavisme guerrier chez les Allemands ».
    Louis Nizer (1902-1994) qui a écrit le livre « Que faire de l’Allemagne ? ».
    Théodore Kaufmann (1910-1978) qui a écrit « L’Allemagne doit périr ».
    Ces livres sont curieusement difficiles à trouver, et internet semble avoir avoir été nettoyé pour que leur propositions, approuvées par Roosevelt, soient introuvables.
    Cette volonté de remplacer l’Europe blanche par une Europe multiraciale a été confirmée il y a 20 ans avec cette déclaration éclairante du général Wesley Clark, commandant en chef de l’Otan en Europe lors du bombardement des Serbes au Kosovo, « Il ne doit plus y avoir de place en Europe pour les sociétés ethniquement homogènes ».
    Si les Européens veulent s’en sortir, il va falloir se confronter aux vainqueurs de 1945.

  3. le bielorusse fait exactement comme erdogan à chypre ces derniers jours! il fait transiter par le territoire occupé de cgypre nord des milliers de syriens et afghans.
    pourtant ils sont tous en train de se plaindre des bielorusses mais donne toujours des millions d’euros à la turquie
    cherchez l’erreur

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