Pourquoi il n’y a pas de solution politique [L’Agora]

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Cette assertion assez récurrente notamment dans les milieux les plus radicaux ne trouve pas son origine dans un mépris du système politique démocratique ni dans un anarchisme adolescent, mais découle de l’analyse froide et logique des problématiques qui se posent à notre pays et à l’occident en général. En fait, cette impasse politique, plus que le résultat malheureux de politiques insensées, est la conséquence voulue d’un système destructeur d’accaparement des richesses.

Quelles sont les fameuses problématiques insolubles dans la réforme politique ?

La souveraineté monétaire, la dette souveraine, la protection des industries locales réglementées face à une concurrence mondiale dérégulée, la destruction du service public, l’archipellisation du pays détruisant toute cohésion nationale, l’insécurité, la liberté d’expression, le système de santé, la balance commerciale, l’écologie, le fonctionnement de l’UE, la puissance des GAFAM…

Que se passe-t-il si on essaie de changer le système tel qu’il est (et donc d’en changer les maîtres et les bénéficiaires) ?

Si, par une grâce divine, un homme politique arrive au pouvoir et souhaite remettre profondément en cause l’un de ces piliers pour le réformer, il fera face à de telles forces de déstabilisation qu’il n’aura pour choix que de se soumettre ou de provoquer une grave crise politique impliquant la mise en place d’un état de siège face à l’hostilité du « concert des nations » GAFAMisées.

Par exemple, un nouveau président arrive au pouvoir en France, et décide d’arrêter d’engraisser les banques par le système délirant actuel de création de monnaie, ou encore décide de sortir de l’OTAN pour trouver un équilibre entre les grandes puissances (USA Russie Chine), ou encore remette en cause la politique COVID. Il s’expose directement, par son opposition avec les banques, à une chute de sa note chez les agences de notation et à une augmentation très nette de son taux d’intérêt. Il verra donc ses ressources gelées et son économie bloquée. La situation catastrophique, associée aux efforts de ses détracteurs, rendra la situation intérieure intenable, avec une opposition orchestrée par des médias en ordre de bataille.

Et là, ce sera l’enchaînement des crises en dominos dans un ordre ou un autre se répondant et s’aggravant les unes les autres: manifestations populaires menées par les syndicats aux ordres et relayées par les médias, blocages institutionnels de toutes les instances qui profitaient de l’ancien système (blocages juridiques avec des recours innombrables, blocages politiques via l’UE et les censures des conseils constitutionnels et d’Etats issus des décennies antérieures de corruption, blocages physiques par des grèves, blocages financiers par des actions juridiques internationales notamment américaines), campagnes médiatiques mensongères de dénigrement, censure de tous les défenseurs de l’État sur les réseaux (rappelez-vous que le président des États-Unis en fonction a été censuré par les réseaux sociaux et une majorité des médias mondiaux), et explosion des banlieues avec des émeutes bien plus violentes qu’en 2005, compte tenu d’un contexte largement dégradé depuis. La réponse ne pourra qu’être radicale face à toutes ces menaces, et impliquera une sortie nette et franche de l’Etat de droit, contre l’avis de tous nos « alliés » occidentaux. Donc sortie de l’OTAN, de l’UE, du FMI, et de toutes ces instances, répression dure des émeutes, reprise en main de force du circuit médiatique, mise au pas des lobbies, restructuration complète du système monétaire français. Cela entraînerait également une expatriation des plus qualifiés, médecins, chercheurs, professeurs, juristes, ingénieurs (qui existe déjà d’ailleurs)… qui aggraverait la déchéance de la fonction publique. Ce serait une situation de guerre civile, notamment en raison de la problématique centrale de l’immigration. Si l’homme en question est un altermondialiste honnête, il ne traitera pas cette problématique avec la force nécessaire, et s’il est un nationaliste, il soulèvera une opposition déterminée des immigrés et de leurs soutiens nombreux. Une intervention militaire sous mandat ONU ou OTAN, notamment américaine, n’est pas à exclure dans ce contexte, comme en Serbie en 1999. La perte du siège au conseil de sécurité, l’embargo sur des éléments nécessaires à nos centrales et à notre dissuasion nucléaire, la saisie d’une partie de nos possessions dans le monde sont aussi du domaine du possible dans cette période d’incertitude.

Ce scénario semble fou mais comment pourrait-il en être autrement ? Une des raisons fondamentales est que ce scénario est sciemment prévu par les hommes au pouvoir. L’entretien et l’aggravation jusqu’à la folie de notre dette dite souveraine, les engagements internationaux suicidaires, le démantèlement de nos services publics et de notre industrie, la vente de nos fleurons industriels, la mise sous tutelle de notre agriculture, la relégation militaire comme supplétifs des Etats-Unis en cas de conflit de haute intensité, l’immigration exponentielle non maîtrisée, la destruction de toute cohésion nationale par les dirigeants, en exacerbant les tensions existantes, la permissivité face à l’installation de lobbies puissants dans nos organes de décision et de gestion, sont autant d’éléments volontairement mis en œuvre pour empêcher toute sortie par le haut du système malsain de domination actuel. Car tous ces facteurs n’affaiblissent pas la France comme puissant relais de la puissance financière mondialiste, ils ne font qu’affaiblir la souveraineté politique des Français. Il est d’ailleurs intéressant de constater que c’est également vrai pour tous les pays d’Europe. L’exemple de la Pologne et de la Hongrie qui subissent des mesures de rétorsion très importantes avec des leviers beaucoup moins puissants qu’en France pour quelques réformes jugées trop conservatrices ou nationalistes montre ce qui attend la France si elle sort du rang.

Le système financier au pouvoir sait qu’en menant les pays à de telles situations, ils condamnent les citoyens à choisir entre un asservissement vivable, ou à un grand saut dans l’inconnu nécessairement conflictuel et dangereux. Et ils savent que le citoyen lambda n’est pas plus attaché à sa liberté qu’à son confort de base. Ils savent aussi que comme la grenouille qu’on ébouillante, il ne réalisera que trop tard que son avenir ne sera pas moins dur et invivable dans le monde qui lui est préparé.

Il n’y a donc en effet pas de solution politique, à moins de savoir en arrivant au pouvoir que quoi qu’on fasse pour rétablir l’ordre et la souveraineté populaire, il faudra être prêt à aller au bout, « quoi qu’il en coûte ». Les candidats qui se disent dissidents le savent. Pensez-vous qu’ils sont réellement prêts à aller au bout, ou même qu’ils ont envie de ce pouvoir piégé ?

Pour ceux qui pensent que cette vision est excessive, que ça flirte avec le complotisme fantasmé, demandez-vous alors pourquoi aucun gouvernant occidental n’agit contre ces aberrations fondamentales. Et posez-vous la question du pouvoir d’influence – et de rétorsion – que peuvent avoir des entreprises, des fonds d’investissement, ou même des particuliers qui ont des dizaines de milliards d’euros de réserve pour agir. Imaginez-vous la puissance que vous auriez avec 100 millions d’euros pour agir sur la société. Le nombre d’employés, d’entreprises, d’associations, de groupes de lobbying, d’hommes à tout faire, de juristes, disponibles pour vous garantir d’atteindre vos objectifs. Ils ont 10, 100, voire mille fois plus. Ils possèdent les journaux, les chaînes de TV, les banques, les dettes des Etats, des cabinets d’avocats et de détectives privés, des dossiers compromettants sur tout le monde. Ils possèdent les réseaux sociaux, les boîtes de messagerie, les entreprises de téléphonie, les régies publicitaires, les réseaux logistiques. Pourquoi, avec une telle puissance, voudraient-ils partager, aider le peuple à s’affranchir de leur tutelle, limiter leur propre pouvoir ? Pensez-vous qu’ils sont arrivés là par leur gentillesse, leur générosité, leur philanthropie ? Vous avez le droit de le penser.  La réalité est plus simple et plus dure. Elle n’est pas insurmontable. Il suffit de savoir choisir ce qui est essentiel et d’être courageux.

Jean-Pierre Lamorgue

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

Photo : Palais de l’Élysée, Remi Mathis/Wikimedia (cc)
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4 Commentaires

  1. Envolées donc, à notre insu la Doulce France et sa Civilisation, son terreau culturel et spirituel. Envolée son Identité.
    Nous restera-t-il donc, que les yeux pour pleurer ?
    A quoi bon sauver un pays, si on ne restaure pas ses racines spirituelles ??
    « Si vous voulez tuer un arbre, tuez d’abord ses racines !! »
    C’est ce que les ennemis de la France s’acharnent à faire depuis toujours.
    Le désordre que l’on constate de nos jours, dans notre pays, est la conséquence de cette entreprise, associée à l’insouciance naturelle de la population.
    Pour sauver la France il nous faut revenir à ses fondamentaux et à nous y tenir.
    Nul besoin d’organiser des chasses aux sorcières ou de trouver des boucs-émissaires ici ou là. Nous avons tous notre part de responsabilité.
    Les ennemis de la France actuelle, sont en gros, les mêmes qu’hier. Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets. Les intéressés se reconnaîtront.
    La magnificence de la patrie, enfin retrouvée suffira à les confondre et à les disperser définitivement, remplis d’épouvante.

    Quels seraient ces fameux ennemis de la France, me direz-vous ?
    Les ennemis de la France sont banalement des personnes qui ne voit pas, qui ne comprennent pas en quoi réside l’intérêt de ce pays et à quoi il sert.
    N’en voyant que le côté peu commode et non rentable, ils sont dans l’incapacité de l’aimer et décident finalement de s’en passer…..

  2. Il n’y a effectivement pas de solution politique car les cartes sont pipées ; on n’empêchera pas l’effondrement en jouant avec les règles dites démocratiques mises en place par la caste politique depuis 50 ans

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