Gérard Noiriel, l’historien militant anti Zemmour, a son couvert chez France culture

Depuis l’automne 2021, chaque matin à 9h52, en final de l’émission «  le cours de l’histoire » de Xavier Mauduit, Gérard Noiriel tient une chronique militante « Le pourquoi du comment »  dans la ligne partisane de l’émission et de ses propres engagements idéologiques de gauche radicale. Il y participe à la campagne permanente anti Zemmour de France Culture.

Qui est donc Gérard Noiriel ? Quels sont les thèmes de ses chroniques ? Comment attaque t-il Eric Zemmour ?

Gérard Noiriel : un historien et un sociologue très engagé, de Marx à Bourdieu

Gérard Noiriel est un parfait exemple du profil idéologique de nombre de collaborateurs de France culture, radio publique financée par les impôts des contribuables français, qui contredit en permanence son slogan  « France culture, l’esprit d’ouverture » – bel exemple d’oxymore – en dénonçant à longueur d’antenne ceux qui défendent d’autres points de vue sans jamais leur donner la parole.

Né en juillet 1950, après des études chaotiques, dues à ses engagements à l’UNEF – Union Nationale des Etudiants de France – et à l’UEC – Union des étudiants communistes – il obtient son CAPES d’histoire en 1974, puis l’agrégation tout en étudiant les écrits de Karl Marx. Il fréquente le philosophe marxiste Etienne Balibar.

Très actif militant contre le racisme et le néocolonialisme, il entame une carrière d’enseignant à Longwy, époque des luttes contre de la fermeture des usines sidérurgiques. Adhérent du Parti communiste, il anime une émission d’histoire de la radio Lorraine Coeur d’acier créée par Marcel Trillat, également militant du PC.

Dans son livre  Vivre et lutter à Longwy, il critiquera l’approche « nationaliste » et discriminante pour les travailleurs immigrés dans la démarche d’alors du PC. Ceci causera son départ du Parti.

Il  débute ensuite des études de sociologie où il découvre les travaux de Bourdieu. Puis il prépare une thèse dirigée par Madeleine Rebérioux, membre du PCF jusqu’en 1969, signataire en 1960 du Manifeste des 121 pour le droit à l’insoumission, qui a également été présidente de le Ligue des droits de l’homme etc.

En 1985, il devient professeur agrégé à l’Ecole normale supérieure de la rue d’ULM.

Gérard Noiriel va s’impliquer à un haut niveau dans  les luttes pour les immigrés, contre le racisme, contre les défenseurs de l’identité française.

Ainsi, il appartient au Conseil scientifique de la MIRE (Mission Interministérielle Recherche-Expérimentation) de 1990 à 1997. Il fonde le réseau international de recherches sur l’Histoire des Identités Nationales, du Racisme et des Migrations en Europe (HINARME) (1991-1996). Président du Comité d’Aide aux Intellectuels Réfugiés (CAIER) de 1992 à 2000, il défend le droit d’asile.

En 1988, à la suite de la parution du Creuset français, il participe à la fondation de l’AMHI pour la création d’un Musée d’histoire de l’immigration, à l’origine de la création de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Membre de son conseil scientifique, il en démissionne en mai 2007 pour protester contre la création du ministère associant la question de l’immigration et de l’identité nationale.

En 2019, il publie Le Venin dans la plume, Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République. Dans ce livre, il considère qu’antisémitisme et islamophobie sont deux visages du nationalisme, qui oppose un « nous » français aux « étrangers » – les juifs de Drumont et les musulmans de Zemmour – présentés comme des ennemis mettant en danger l’avenir des Français.

En février 2016, il est nommé membre du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme – DILCRA.

En 2020, il reçoit le prix de l’Union rationaliste.

Gérard Noiriel a donc occupé des positions importantes dans les sphères des pouvoirs tant culturels que gouvernementaux.

Ce militant, qui utilise l’histoire au service de ses engagements idéologiques, n’est pas gêné pour dénoncer ce qu’il pratique en permanence, l’instrumentalisation politique des faits historiques. A ce titre, il est le premier président du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire qu’il a co-fondé.

Les thèmes de ses chroniques 

S’il arrive que certaines d’entre elles soient factuelles et éclairent un sujet d’actualité à partir d’un rappel historique, le plus souvent Gérard Noiriel soit met en valeur des personnages ou des faits peu connus qui illustrent les combats révolutionnaires, soit  réécrit des événements à la lumière de sa doxa idéologique.

À titre d’exemple, le 23 novembre 2021, il s’interrogeait sur «  Faut-il accueillir les migrants ? » dont chacun devine la réponse.

Le 19 novembre 2021, « Connaissez-vous Martha Desrumaux ? »  nous fait découvrir cette adhérente au Parti communiste en 1921 qui participera aux luttes suivantes : antimilitarisme, anticolonialisme et antifascisme.

Le 9 décembre ce fut « De quoi le poujadisme est-il le nom ? » », une caricature de ce mouvement populaire.

Le 13  janvier 2022, Gérard Noiriel se demande : « Pourquoi critiquer le célibat des prêtres ? ». Quelle peut être l’opinion d’un récipiendaire du prix de la très anti-catholique Union rationaliste ?

Le 28 janvier, « Qui était vraiment Charles Martel », occasion de contester :  » L’extrême droite a fait de Charles Martel le héros au nom duquel elle mène son combat contre ce qu’elle appelle « le péril islamiste ». »

Le 21 janvier, Gérard Noiriel nous présentait une autre militante de son camp : «  Connaissez-vous Flora Tristan, l’aristocrate déchue, femmes socialiste et ouvrière féministe ? ».

Le  8 février, le sujet était : « Pourquoi la répression de la manifestation du 8 février 1962 fut-elle un « massacre d’Etat » ? ». Le contenu de la question suffit à deviner ceux qui vont être condamnés et ceux qui seront honorés.

Mais dans le cadre de l’élection présidentielle, les attaques de Noiriel contre Eric Zemmour tournent carrément à l’obsession.

Les attaques contre Eric Zemmour

Si tout est bon, comme dans les autres émissions de France culture, pour s’en prendre ouvertement ou de façon détournée à Eric Zemmour, Gérard Noiriel y contribue pierre par pierre.

Le 13 octobre, sa chronique «  Faut-il voir un prénom  » français  » pour aimer la France ? » commençait ainsi : « Les polémistes qui alimentent les discours de haine ont toujours marqué un intérêt particulier pour les noms de personnes. C’est un moyen facile et efficace de mobiliser les préjugés populaires à l’égard des étrangers ». Un modèle d’affirmation nuancée…

Le 15 décembre, avec sa question : « Faut-il répondre à ceux qui disent que Pétain a  » protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers  » ? », l’introduction de sa réponse assimile Eric Zemmour à Edouard Drumont selon la technique connue de l’amalgame par ceux la même qui crient  « pas d’amalgame » quand Eric Zemmour parle des musulmans ou de l’islam :  » L’histoire est une discipline tellement populaire en France que les polémistes d’extrême-droite s’en sont toujours servi pour diffuser leur idéologie. La rhétorique, que le journaliste Edouard Drumont avait mise au point dès la fin du XIXe siècle pour populariser l’antisémitisme, est aujourd’hui exploitée par Eric Zemmour. »

Ce 14 février, l’attaque était directe : « Pourquoi et comment Eric Zemmour déforme l’histoire ? ». La réponse de Gérard Noiriel commence ainsi  » Comment Eric Zemmour s’y prend-t-il pour déformer l’histoire ? De l’époque de Clovis jusqu’à la guerre d’Algérie, en passant par les Croisades, les guerres de religions, la Révolution française, l’affaire Dreyfus, le maréchal Pétain et Simone de Beauvoir. » 

Zemmour aurait  donc faux sur tout au contraire des amis politiques de Gérard Noiriel dont il va vanter un tract, pardon un livre : «  Une fois n’est pas coutume, la chronique d’aujourd’hui sera consacrée à la présentation d’un livre. Il s’agit du petit ouvrage publié par une quinzaine d’historiennes et d’historiens dans la collection, Tracts, aux éditions Gallimard, intitulé Zemmour contre l’histoire. « 

Il va se justifier de la façon suivante :

« Etant donné que ce journaliste a annoncé qu’il se présentait aux élections présidentielles, certains d’entre vous se demanderont peut-être s’il est légitime que des universitaires sortent de leurs salles de cours ou de leur bibliothèque, pour critiquer un candidat. Dans le cas d’Eric Zemmour, cette démarche publique se justifie parce qu’il est le seul à avoir publiquement affirmé que c’est sa connaissance de l’histoire qui l’avait conduit à élaborer son programme politique.

Etant donné qu’il se place sur le terrain historique, il était légitime que celles et ceux dont c’est le métier d’étudier et d’enseigner l’histoire interviennent pour éclairer les citoyens sur la façon dont Eric Zemmour déforme les faits historiques. Nous savons aujourd’hui que l’objectivité avec un O majuscule n’existe pas. Nos centres d’intérêt, nos passions, notre histoire personnelle jouent un rôle dans les connaissances que nous produisons sur le passé.

Néanmoins, le métier d’historien repose sur des règles communes à tous ceux qui l’exercent. Ce sont ces règles que Marc Bloch a défendues pendant la Résistance contre le maréchal Pétain et les pseudo-historiens de son temps, comme Jacques Bainville et Charles Maurras, qu’Eric Zemmour tente aujourd’hui de réhabiliter. Les historiennes et les historiens qui se sont mobilisés pour écrire ce petit livre appartiennent à des générations différentes, leurs recherches portent sur des périodes et des thèmes différents, mais ils partagent la déontologie du métier d’historien que nous a léguée Marc Bloch ».

Admirons la manœuvre : reconnaître que l’objectivité n’existe pas, puis affirmer en même temps que certains historiens, grâce à leur déontologie – que leurs adversaires idéologiques n’auraient pas -,  peuvent « éclairer les citoyens sur la façon dont Eric Zemmour déforme les faits historiques. ». Ben voyons… 

JF Lebreton

Crédit photo : DR
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3 réponses

  1. Tout ceci est sans surprise : Qu’attendre d’autre du ramassis de bobos gauchistes de Radio France (et de France Télévision), ainsi que de l’AFP et l’ARCOM (ex CSA) leurs complices ?
    Tout ce petit monde déconnecté vit aux frais du contribuable bien sûr.

  2. à part ça quelles opinions non « progressistes » ont le droit de s’exprimer sur le sévice public payé avec nos impots?

Les commentaires sont fermés.

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