Alvarium, Génération identitaire… « Les dissolutions d’associations… des annonces politiques qui obstruent le travail des policiers sur le terrain ». Un membre du SCRT témoigne

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Les ministres de l’Intérieur qui se sont succédés depuis plusieurs années n’ont eu de cesse de dissoudre des associations, parfois sans que l’on comprenne bien la légitimité à le faire ou la dangerosité supposée de l’association : ce fût le cas récemment pour l’Alvarium, à Angers, ou encore pour Génération identitaire, sous l’impulsion émotionnelle et médiatique de M. Darmanin, comme ce fût le cas en réaction impulsive (ce qui n’est pas la qualité première d’un ministre de l’Intérieur) à l’affaire Méric, sous Manuel Valls.

Mais au delà du côté purement politique de ces décisions – aucune de ces deux associations récemment dissoute n’a appelé à la violence ou ne constitue un groupe de combat – ces dissolutions n’arrangent pas les policiers qui surveillent ces mouvances. C’est ce que nous a expliqué un membre ou ancien membre (pour des raisons de confidentialité et de préservation du témoignage, nous ne vous donnerons pas sa qualité actuelle) du SCRT le Service central du renseignement territorial (SCRT) qui a succédé à la Sous-direction de l’information générale (SDIG) créée en 2008 et qui compte majoritairement des policiers, mais aussi des gendarmes.

« Les dissolutions d’associations sont des annonces politiques qui obstruent le travail des policiers sur le terrain » nous indique ce policier chevronné.

« Lorsque ces associations ont pignon sur rue, nous sommes amenés, d’une façon ou d’une autre, à dialoguer avec ses responsables. Notamment lors de manifestations sur la voie publique. On peut convoquer ou rencontrer tel ou tel individu, autour d’un café, en déclinant notre qualité. En jouant carte sur table et cela se passe bien en général, on est pas là pour faire de la répression, mais du renseignement. On peut aussi être amené à connaitre et à tenter d’identifier les membres des associations concernées ». 

Ce dernier, qui a travaillé sur d’autres associations « gravitant dans ce qu’on appelle « l’extrême droite » explique que le gros problème qu’ils rencontrent, c’est avant tout « les dissolutions » mais aussi « les arrêts de fonctionnement de telle ou telle association ».

« On se retrouve parfois avec des dizaines de membres de ces associations dans la nature, des membres que l’on pouvait surveiller relativement mais tranquillement et qui ne posaient la plupart du temps aucun soucis. Puisqu’ils étaient encadrés justement. Car c’est là où l’on voit souvent que ces dissolutions sont avant tout politiques : tous les responsables associatifs que j’ai pu rencontrer ou suivre dans le cadre de ce genre d’activité étaient des personnes avec des convictions tranchées certes, mais cela restait dans le domaine de l’activisme politique. On a jamais vu un leader de ces groupes comme étant un potentiel Breivik » nous dit-il.

Selon lui, ce qui pose problème « Ce sont des éléments plus marginaux, qui peuvent graviter autour ou dans ces associations – même si bien souvent, ils s’en font exclure parce que justement les responsables ne veulent pas de brebis galeuses dans leurs rangs. Eux, quand les associations sont dissoutes, on perd leur trace tout simplement. On ne les voit plus en manifestation, ni dans les activités organisées. Et c’est là que ça devient dangereux . ET c’est là qu’on se dit parfois qu’il aurait mieux fallu ne pas dissoudre ».

Quand on lui pose la question de la dissolution de l’Alvarium et de Génération Identitaire, ce dernier est catégorique : « On est dans le domaine de l’activisme politique. Il n y a aucune menace réelle et sérieuse en terme de terrorisme, ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat. On sent que c’est avant tout un coup de communication politique, justifié par quelques actions que l’on pourrait qualifier de limite et qui suffisent à enclencher le processus. Mais encore une fois, sur le terrain, les collègues ne sont pas hyper heureux avec ces dissolutions, qui bloquent leur travail de renseignement, le vrai ».

Et ce dernier de nous indiquer pour finir « qu’il ne faut pas avoir de lui l’image du policier infiltré qui balance ses collègues d’un jour après avoir pénétré dans une association ». Non, nous en général « On dialogue avec les responsables associatifs ou politiques – c’est d’ailleurs beaucoup plus simple quand il s’agit de l’extrême droite, puisqu’avec l’ultra gauche c’est généralement impossible de dialoguer (…) On ne leur demande pas des informations confidentielles, on est pas dans le bureau des légendes (rires). On veille simplement à ce que la sécurité des institutions et des citoyens soit assurée, et on est là pour détecter un potentiel passage à l’acte violent. Mais sans interlocuteur, cela devient plus compliqué ».

Un témoignage intéressant, qui montre encore une fois le grand écart qui semble exister entre les attentes des policiers en matière de sécurité et de renseignement et les actions, souvent précipitées ou téléguidées idéologiquement, des politiques.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Une réponse à “Alvarium, Génération identitaire… « Les dissolutions d’associations… des annonces politiques qui obstruent le travail des policiers sur le terrain ». Un membre du SCRT témoigne”

  1. patphil dit :

    darmanin dissous des associations pacifiques mais laisse tranquille des antifa, casseurs, agresseur de journaliste(le livre noir par exemple)
    je répondrais dans l’urne

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