Corse, NDDL, banlieues…Actions pacifiques, actions violentes. Quels impacts en République française depuis 20 ans ?

Le ministre de l’Intérieur Darmanin était en Corse le 16 mars après des journées de violence dans les principales villes de Corse.

La raison de cette colère ? Le lynchage d’Yvan Colonna en prison, par un islamiste, détenu lui aussi. Mais plus globalement, le sentiment d’une partie de la société Corse que les élections, et l’arrivée des nationalistes au pouvoir à la région, n’ont rien changé face à un Etat français sourd à la Démocratie. D’où cette explosion de violence et de rage, et cette capitulation des autorités françaises, qui ont annoncé immédiatement la fin du statut de détenus particulièrement surveillés pour les prisonniers politiques corses (et donc le rapprochement à venir en Corse de ces détenus pour être à côté de leurs famille), tandis que Darmanin annonce des négociations, des discussions autour de l’autonomie possible de la Corse.

Moralité, ce qui n’a pas été obtenu depuis des années par la Démocratie représentative est en passe de l’être par le cocktail molotov. Simple, basique.

Sur ces vingt dernières années, ça n’est pas la première fois que l’Etat ne négocie, ne discute, que face à la violence et à la détermination.

Il suffit de comparer l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, contre l’avis de toutes les puissances économiques locales, suite à des dizaines de manifestations violentes à Nantes, pour s’en rappeler.

Et d’établir un parallèle avec ces millions de Français défilant proprement, et sur fond de musique techno, pour s’opposer au mariage homosexuel et à l’adoption par les couples homosexuels. A eux, le gouvernement n’a pas tendu la main, se contentant de leur envoyer les forces de l’ordre, avec un bras d’honneur en prime.

Les Bonnets rouges ? La République française a tremblé localement lors de la manifestation de Quimper, où il fallu peu de choses pour que les tracteurs d’agriculteurs ne chargent la Préfecture…puis a été rassurée lorsque Christian Troadec et ses acolytes ont décidé d’enterrer le mouvement de révolte sur les plaines des Vieilles Charrues, à Carhaix, transformant une révolte en un concert géant.

Les Gilets jaunes ? Gentils et pacifistes sur les rond points. La même chose lors des premières manifestations monstres à Paris. Aucune écoute. Puis des violences, à Paris principalement. Et un président de la République qui finit par faire des promesses (jamais tenues).

Avant cela, il y a eu les émeutes dans les banlieues. Dans plusieurs banlieues. En 2005 notamment. A chaque fois le même concept : tout casser, tout brûler. Y compris les équipements urbains qui vous servent au quotidien. Et dans la foulée, les fameux « Plan banlieues » qui consistent en l’arrosage massif de ces banlieues avec de l’argent public, votre argent, pour acheter la paix. Des milliards d’euros balancés par les fenêtres parce que des bandes affrontent des autorités stériles.

La question n’est pas de savoir quelle est la cause de ces violences. Mais d’y observer les réactions de l’Etat. Vous savez, celui qui vous envoie les gendarmes pour vous flasher en pleine ligne droite, en campagne, un dimanche après midi ? Celui qui donne pour consigne de mettre des prunes pour non port du masque. Celui qui brime le faible, mais qui la boucle contre le fort.

A ces exemples pourraient s’ajouter celui des agriculteurs, ou des marins pêcheurs en colère. Ils mènent des actions à chaque fois dures, et ils obtiennent très rapidement un chèque de l’Etat. Ce qui n’est pas le cas des infirmières ou des pompiers qui doivent multiplier les semaines de grève pour obtenir quelques  miettes.

Quelles conclusions tirer de tout cela ? Que loin de fonctionner de manière démocratique, la République française, qui en donne par ailleurs l’illusion permanente, ne négocie que lorsqu’un rapport de force, y compris violent, est engagé.

Encore une fois, c’est le réel, pas les grands discours que  l’on martèle à la télévision sur « l’esprit républicain » ou « la force de la démocratie » qui, chaque jour dans la société française, rattrape les idéologues.

« La guerre, c’est mal et ça tue » disent les Observateurs qui assistent, impuissants, au déploiement de l’armée russe en Ukraine.

« Ils nous font suer avec leurs violences ces Corses » clame des millions de Français, assis dans leurs canapés en regardant le JT de France 2.

Des millions de Français qui, parce qu’ils ont sans arrêt le doigt sur la couture du pantalon, payent leurs charges et impôts, et se contentent de glisser un bulletin de vote dans les urnes tous les 5 ans, seront toujours les cocus de l’histoire.

YV

Crédit photo : DR

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