Cinéma. A propos du film Belfast

Belfast, un film anglais de Kenneth Branagh, avec Jude Hill (Buddy), Jamie Dornan, Caitrona Balfe, Ciaran Hinds et Judie Dench (respectivement ses père, mère, grand-père et grand-mère).

Kenneth Branagh, né en 1960 à Belfast, nous raconte l’histoire d’une famille « modeste » protestante et d’un petit garçon de 9 ans qui lui ressemble – il parle d’ « auto-fiction » – dans un quartier populaire catholique de la ville, au milieu des manifestations et affrontements qui ont secoué l’Ulster à la fin des années soixante. On ne s’ennuie pas mais l’intérêt du film me paraît ailleurs, dans l’Histoire, qu’il m’a incité  à relire, du conflit opposant l’île irlandaise à son conquérant du XIIème siècle, l’Angleterre.

Guerre de territoire, mais aussi guerre de religion. Par l’Acte de suprématie, de 1534, Henri VIII Tudor fonde l’Église anglicane, tandis que l’Irlande, colonisée, reste catholique, qui avait été évangélisée dès le Vème siècle par le futur St Patrick.

C’est au lendemain de la Grande Guerre, après la « révolte de Pâques » des 23/29 avril 1916, que le Sinn Fein (Nous-mêmes en gaélique) proclama unilatéralement, en janvier 1919,  l’indépendance de l’Irlande. Il s’ensuivit trois ans de guérilla jusqu’au traité de Londres du 6 décembre 1921, qui partagea l’île entre l’ « État libre » d’Irlande et l’Ulster, partie intégrante du Royaume Uni.  Ce traité fut adopté par le Parlement irlandais contre l’avis d’Eamon de Valera, président de la République, et de l’IRA (Irish Republican Army) qui continuèrent quelques années  la lutte pour la réunification de l’île.

Vainqueur des élections de 1932, Eamon de Valera fit adopter une nouvelle Constitution en 1937 qui abolit le statut de dominion et déclara l’Irlande État indépendant et souverain sous le nom d’EIRE. Enfin la République d’Irlande fut proclamée le 18 avril 1949 qui rompit avec le Commonwealth britannique.

Dans l’Ulster anglaise de 1922, les protestants représentaient les deux tiers de la population et jouissaient, avec le parti unioniste, du monopole du pouvoir tandis que les catholiques réclamaient des liens plus étroits avec l’Irlande du sud jusqu’à l’intégration pure et simple de l’Ulster à ce pays.  A cette division religieuse s’ajoutait une division sociale entre la majorité protestante, partie la plus riche de la population, et les catholiques qui s’estimaient brimés en matière d’emploi et logement. L’agitation reprit à la fin des années soixante avec des manifestations et des affrontements sanglants et le retour du terrorisme de l’IRA, imposant l’appel à l’armée par le gouvernement britannique.

C’est de cette difficulté de « vivre ensemble » – rester ou partir – que nous parle le réalisateur.

30 ans de guerre civile et 3 500 morts aboutirent, avec Tony Blair, à l’Accord du Vendredi Saint du 10 avril 1998, approuvé par référendum en Irlande du Nord et en République d’Irlande, qui mit notamment fin à la revendication territoriale de cette dernière sur la première.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Que sont devenus les Unionistes ? On sait, en tout cas, que la question irlandaise a été reposée par le Brexit avec la frontière anglaise de l’Union européenne qui sépare les deux Irlande.

Guilhem de Tarlé (Je ciné mate)

Irlande du Nord. Des loyalistes veulent manifester à Dublin dans quelques semaines


Illustrations  : DR
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