Jean-Eudes Gannat, auteur de Pourquoi l’Alvarium : « Quand les vieux boomers macronistes seront morts, la démographie immigrée sera telle que le salut par les urnes sera impossible » [Interview]

L’Alvarium, bastion identitaire et social angevin – continuera d’exister, au moins à travers un livre témoignage que vient de sortir son fondateur, Jean-Eudes Gannat.

Petit centre d’action culturelle et sociale à l’origine de diverses initiatives (de l’Anjou jusqu’à l’autre bout du monde), l’Alvarium a chamboulé la vie politique angevine, causant de multiples manifestations, la démission d’une responsable France Insoumise tombée amoureuse d’un militant, celle d’un maire élu depuis presque 30 ans, la fin des subventions aux antifas etc. Sujet d’une multitude d’articles et de reportages, la communauté angevine a fini par préoccuper le Ministre de l’Intérieur lui-même, qui a décidé arbitrairement sa dissolution à la fin de l’année 2021.

Simple institution humaine, l’Alvarium compte évidemment son lot d’échecs, d’erreurs, de déceptions et d’imperfections ; l’Eglise elle-même est loin d’en être exempte ! Mais en 4 années d’existence, cette organisation a connu une trajectoire unique sur la scène militante européenne. L’auteur de ces lignes ne prétend pas avoir tout inventé ; beaucoup d’initiatives présentées ici avaient eu des précédents partout en Europe, parfois longtemps avant l’Alvarium et de manière plus abouties. Mais un peu plus de 200 ans après l’Armée Catholique et les chouanneries, l’Anjou semble être redevenu un laboratoire de révolte contre le monde moderne, qui a diffusé certaines méthodes et certaines idées.
Pourquoi cette fièvre sécessionniste et cet élan communautaire à l’heure de la société liquide ? Bilan des années écoulées, pamphlet, réflexions sur la droite et le sécessionnisme ; c’est ce que ce livre, qui se lit très bien,  et qui aborde, comme Laurent Obertone ou Yann Vallerie, le thème de la sécession, tente d’expliquer un phénomène qui dépasse largement le cadre militant.

Pour en savoir plus, nous avons interrogé Jean-Eudes Gannat.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui vous a amené à écrire ce livre sur l’Alvarium, sachant que vous venez d’être dissout par le ministre de l’Intérieur ?

Jean-Eudes Gannat : Ce projet me trottait dans la tête depuis quelques temps. Je voulais permettre aux curieux d’avoir une explication sur les origines, les actions et les buts de l’Alvarium. J’avais déjà jeté quelques notes sur le papier il y a deux ans de cela, mais c’est ces dernières semaines que j’ai décidé de m’y mettre sérieusement. Je crois que c’est l’élection présidentielle et la parution de votre ouvrage, Sécession, qui ont été les facteurs déclencheurs. En effet, la ferveur électorale passée, que restera-t-il ? Des espérances pour l’élection suivante ? Puis la suivante ? Je ne nie pas l’importance du fait électoral, mais j’ai voulu montrer par ce témoignage et ces réflexions qu’une autre voie est possible.

Breizh-info.com : Dans votre livre, vous vous définissez comme « A-Républicain ». Qu’est ce que cela signifie ?

Jean-Eudes Gannat : Je pense que la République Française est le régime le plus antinaturel qui soit, et que pour cette raison il va s’écrouler de lui-même sous le poids de ses contradictions, mais qu’en attendant il est urgent de se mettre à l’abri. C’est pourquoi nous ne sommes même pas antirépublicains. Nous sommes ailleurs, c’est tout.

Breizh-info.com : Quel est le régime que vous prônez ?

Jean-Eudes Gannat : Personnellement, je ne me suis jamais remis de la découverte de la doctrine maurrassienne du nationalisme intégral. Je suis pour un un régime fort, héréditaire, mais profondément décentralisé, sans omniprésence de l’Etat. Quelque part entre Proudhon et Mussolini ou Primo de Rivera. À cette question sur le régime idéal que vous me posez, Solon avait répondu « dites-moi pour quel peuple, en quel pays et à quelle époque? » Et bien je crois que si la France doit redevenir la France au XXIème siècle, elle aura besoin d’un fascisme proudhonien ou d’une monarchie fasciste. J’utilise à dessein et de manière un peu provocatrice le mot « fascisme », dans son acceptation la plus large. Non que je sois un amoureux des uniformes, de l’idéologie et des mentons prognathe. Mais parce que la dimension antimatérialiste, et l’élan viril, esthétique et vital de l’aventure fasciste manquent terriblement dans notre monde actuel. Ceci posé, je suis un adversaire résolu des idéologies et je suis intimement convaincu au mieux de leur fragilité, au pire de leur caractère criminogène et liberticide. Cependant, même si chaque pays a une expression politique idéale propre, correspondant à son histoire et à son essence, je crois fondamentalement que la seule « idéologie » qui doit guider un état, ce sont les valeurs chrétiennes. J’aborde en partie ces questions dans mon opuscule.

Breizh-info.com : Votre livre témoigne d’un amour de votre prochain qui semble guider l’intégralité de vos actions, des maraudes aux occupations sociales à la solidarité internationale avec l’Arménie. Ce témoignage que vous publiez n’est-il pas également rédigé pour contrer la campagne infamante menée depuis des années par l’extrême gauche, mais aussi par quelques journalistes mal intentionnés et/ou militants ?

Jean-Eudes Gannat : Je crois que les journalistes en question ne prendront pas la peine de le lire, si ce n’est pour en caricaturer la totalité ; mais il me semble important d’écrire notre propre histoire. C’est ce que fait la gauche pour elle-même, et même pour nous. Il est impératif de laisser une trace écrite de nos motivations et de nos actes, et de nous raconter (sans trop nous la raconter…)
L’amour est en effet ce qui meut la plupart des militants radicaux, à distinguer selon l’expression de Xavier Eman, des extrémistes, qui agissent eux par haine. La grande inversion qui sévit à notre époque laisse penser que nous serions la haine, tandis que nos adversaires seraient dans le camp de l’amour. Je crois cela profondément faux, et j’espère que ce modeste opuscule aidera les lecteurs à s’en convaincre.

Breizh-info.com : Vous n’épargnez toutefois pas une partie des masses populaires, facilement soumises ou manipulées par le pouvoir en place. Expliquez-nous…

Jean-Eudes Gannat : J’assiste trop souvent à des commentaires désabusés ou aigris sur « les français » qui mériteraient ce qui leur arrive. Je pense en effet qu’un peuple subit politiquement les conséquences des défauts les plus répandus au sein de sa population ; de ce point de vue les français « méritent » ce qui leur arrive. Après tout, ils reprochent souvent aux politiciens -qu’ils ont élus comme des grands- les tares qu’ils ont eux-mêmes dans leurs vies privées (appât du gain, égoïsme, mensonges, court-termisme etc.). En ce sens les français ont des hommes politiques qui leur ressemblent, hélas. Si j’étais démocrate et que je pensais les masses aptes à diriger le pays efficacement, je leur en voudrais. Mais je ne suis pas démocrate, donc ce constat de décadence ne nourrit chez moi aucune haine envers les masses, plutôt de la pitié. Elles se laissent manipuler, taxer, masquer, vacciner, violer, agresser voire saigner par bêtise ou par faiblesse. Je ne crois donc pas au « recours au peuple » tant invoqué comme moyen de salut pour notre pays. Ceci n’empêche pas que je sois un fervent partisan de la démocratie directe (occasionnellement) et locale (au quotidien). Mais surtout, ceci ne me paralyse pas et me donne encore plus envie d’agir, par amour pour mon pays et pour mon peuple.

Breizh-info.com : Si vous ne deviez retenir qu’un évènement qui vous a particulièrement marqué durant votre expérience au sein de l’Alvarium, lequel serait-ce ?

Jean-Eudes Gannat : C’est impossible de ne retenir qu’un seul événement. Sans exagérer, nous avons vécu trop de choses palpitantes, heureuses ou tragiques pour faire un tri. Je pense que ceux qui liront le livre me comprendront.

Breizh-info.com : Le thème de la Sécession, que j’ai moi même abordé dans mon premier ouvrage, est développé également dans votre livre tout comme il l’est dans le dernier de Laurent Obertone. Pensez-vous que ce soit, demain, après la période électorale, un thème majeur ? Qu’est-ce que la Sécession pour vous et comment, concrètement, elle doit se mettre en place ?

Jean-Eudes Gannat : La sécession est une telle évidence pour moi que j’ai peur d’être confus quand j’en parle, ici ou dans mon livre, car c’est une opinion extrêmement méconnue jusqu’alors. Pour faire simple, quand les vieux boomers macronistes seront morts, la démographie immigrée sera telle que le salut par les urnes sera impossible. C’est ce que signifie Zemmour quand il répète que s’il n’est pas élu en 2022, il sera trop tard… Puisqu’il n’existe pas de salut électoral possible, et que les français sont face au triple fléau de la submersion migratoire, de la déshumanisation de nos existences (technologie, isolement social) et de la propagande progressiste, et ceci de la maternelle jusque dans leur vie professionnelle, la Sécession consiste à créer des zones a-républicaines. Des zones géographiques, où l’on pourra s’entraider, assurer notre sécurité, élire localement des gens de confiance ; mais aussi des entreprises, des médias, des paroisses, des écoles etc. Encore une fois, la première des sécessions est mentale ; il faut prendre conscience que la République Française ne cherche ni le Bien Commun ni votre bien particulier, et que ses relais (police, politiciens, médias, professeurs etc), même s’ils peuvent compter des éléments honnêtes ou appréciables, sont principalement au service de la destruction de vos traditions, de l’économie, de la famille et de la Patrie. Il faut également rejeter en bloc tout le récit historique républicain, du Moyen-Age jusqu’à mai 68, en passant par la Révolution, la Seconde Guerre mondiale et la colonisation.

Breizh-info.com : Quel regard portez vous sur ces nombreuses initiatives qui, indépendantes de l’Alvarium, ont toutefois essaimé à sa suite dans plusieurs régions de France ? Quel est leur influence réelle ?

Jean-Eudes Gannat : Je m’en réjouis très fortement, et je ne peux les nommer toutes. D’abord elles sont de plus en plus nombreuses, ensuite les nommer serait les mettre dans le viseur de la presse aux ordres, puis des « dissolutionites » chroniques de nos ministres républicains, qui une fois aiguillés et interpelés par les journalistes antifascistes, ne manquent jamais un coup d’éclat au nom des fameuses « valeurs de la République ». Leur influence varie selon les lieux ; mais partout ces structures forment des jeunes, créent des réseaux d’entraide, convertissent des gens à nos idées, aident des plus démunis, voire pèsent sur la politique locale. Je pense qu’il faudra à long terme que certaines d’entre elles se réunissent par zones géographiques ou aires culturelles ou régionales pour avoir plus d’influence et d’efficacité.

Breizh-info.com : Où peut-on commander votre ouvrage ?

Jean-Eudes Gannat : Soit directement sur mes réseaux sociaux, soit sur Weezevent (https://my.weezevent.com/pourquoi-lalvarium). Je pense que sous peu, vous le trouverez également dans toutes les librairies amies.

Propos recueillis par YV

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

5 réponses

  1. Les « vieux boomers » comme vous dites élégamment, ne sont pas tous macronistes…J’aurai 72 ans aux prunes mais en tant qu’ancien militant OrdreNouveau, Parti des Forces Nouvelles , Front National je resterai un bon Nationaliste jusqu’à mon dernier souffle qui à vous lire ne saurait tarder ?

    1. Cher monsieur,

      J’ai bien précisé « macronistes » car je ne mets pas tous les anciens dans le même sac, et j’ai horreur du jeunisme. Mon père est également un ancien d’ON puis du PFN et je sais ce que nous devons à nos prédécesseurs.
      Merci à vous.

      Jean-Eudes Gannat

    2. Cher monsieur,

      J’ai parlé de boomers macronistes, pas d’honorables personnes âgées, nationalistes qui plus est. Fils d’un ancien d’ON et du PFN, je sais bien ce que nous vous devons.

      Amitiés,
      Jean-Eudes Gannat

  2. un repaire d’odieux activistes. combien de meurtres? zéro! oui mais ils les préparaient !
    tandis que même dans une prison de haute sécurité d’autres peuvent faire ce qu’ils annoncent

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

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