A la découverte des Saints Bretons. Le 30 avril, c’est la Stz Onenn

Nous vous proposons dans cette nouvelle rubrique, qui débutera le 27 avril (et pourquoi pas !) de découvrir l’histoire des Saints Bretons. Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire de leur vie d’un point de vue chrétien. Peu d’entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l’Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n’étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des ixe et xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d’une réforme d’une communauté monastique). Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l’aristocratie bretonne s’approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d’un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages.

Les historiens actuels éprouvent encore beaucoup de difficultés pour distinguer entre imaginaire et réalité. L’historicité des épisodes de la vie de ces saints reste ainsi souvent douteuse car ces épisodes se retrouvent dans l’hagiographie tels qu’ils apparaissent dans les coutumes ou dans le folklore. La structure même du récit des vitae se rencontre dans d’autres Vies de saints dont les auteurs reprennent généralement des « conventions littéraires d’un modèle biblique qui façonnait leurs modes de pensée et d’expression ».

En 2022, environ 170 saints bretons sont représentés, chacun par une statue, à la Vallée des Saints, en Carnoët.

Le 29 avril, c’est la Stz Onenn.

Sainte Onenne est une sainte bretonne locale dont le culte n’existe qu’à Tréhorenteuc. L’église de la commune porte en partie son nom. D’abord rattachée à l’image d’une « sainte celtique », son culte a été associé aux symboles de la femme-cygne ou de la déesse-oiseau proche de la déesse Ana, d’où son lien avec les canes et les oies, des oiseaux qui ont conservé une place importante dans son hagiographie. Bien qu’elle aurait vécu au viie siècle, sa première mention écrite remonte au xie siècle. Avec le temps, l’expurgation des éléments originels rapproche son culte de celui de la Vierge Marie associé à la grâce et à la pureté.

Sainte Onenn est née à Gaël dans un château de la forêt de Brocéliande, en 604, fille du roi de Domnonée, Judael (ou Hoël III ?) et de Printelle. Son frère aîné n’était autre que le saint-roi Judicaël (Jezekaël), sa sœur Sainte Urielle. Dernière des 22 enfants royaux, très jeune, elle est vite attirée par l’esprit de pauvreté. Elle laisse ses habits somptueux pour des guenilles de paysanne. Elle s’engagea comme gardienne d’oies. Elle passait ses temps de répit en prière à l’église du village en y amenant les plus belles fleurs de la prairie. Tant et si bien qu’un jour, deux anges la soulevèrent jusqu’à un portrait de la Vierge qui l’embrassa. Une autre fois encore, alors qu’elle était poursuivie par un seigneur, ses oies appelèrent les paysans des alentours qui vinrent la délivrer. Plus tard, elle prononça ses vœux de consécration à Dieu devant Saint Elocan et revint vivre à Tréhorenteuc, au Château de Mazerin auprès duquel sa fontaine miraculeuse coule. Elle secourut les malades et donna tous ses biens aux pauvres et indigents. Elle mourut d’hydropsie à 26 ans en 630.

L’église décrite par M. de Garaby, dont le titulaire était St Eutrope a complètement disparu. Elle a été reconstruite après la seconde guerre par l’Abbé Gillard. Son tombeau amenait beaucoup de monde au siècle dernier. Déplacé en 1914, puis en 1927, il a été supprimé en 1943. Sa source fait toujours l’objet de vénération, deux fois par an, la procession est précédée d’un troupeau d’oies. La vie de la sainte est expliquée sur les vitraux de l’église dont elle est titulaire à Tréhorenteuc. Une bannière offerte par Anne de Bretagne la représente avec ses oies. Elle ne fit aucun miracle, mais sa piété, sa bonté, sa patience ont attiré, à travers les siècles, les ferveurs du peuple breton. Elle a été à la charnière du paganisme basculant dans le christianisme.

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