Habitat. Toits en fibrociment : comment appréhender le problème de l’amiante ?

Fibrociment

Il se dit beaucoup de choses au sujet des toitures en fibrociment et sur la manière de les appréhender, notamment en raison de la présence d’amiante. L’occasion d’apporter quelques précisions sur la question.

Des toitures en fibrociment sans amiante ?

En premier lieu, si l’amiante a effectivement donné mauvaise réputation à ce type de toiture, il faut savoir qu’il existe désormais des toitures en fibrociment désamianté. Une option qui peut apparaître intéressante car les toitures en fibrociment présentent toujours de nombreux avantages.

Mais ce sont surtout les anciennes toitures, contenant de l’amiante, qui posent des problèmes aux particuliers. Contrairement aux idées reçues, la réglementation française n’oblige pas les propriétaires à retirer leur toit en fibrociment amianté. À la condition que celui-ci ne soit pas détérioré. Cependant, lorsque l’on décide de changer la toiture, par exemple après avoir acquis une vieille bâtisse, il est très fortement recommandé de faire appel à une entreprise de désamiantage agréée. A fortiori si les plaques de fibrociment sont abîmées.

Car c’est justement lorsqu’elles sont brisées ou endommagées que ces plaques peuvent disperser des fibres d’amiante, cette dernière étant un cancérigène avéré.

Aussi, tout l’enjeu d’un démontage de toiture en fibrociment amianté réside dans le fait de ne pas disperser de fibres. Détail d’importance, en refusant d’avoir recours à un professionnel pour retirer les plaques, le particulier sera alors juridiquement responsable des éventuelles conséquences liées à l’exposition à l’amiante. Y compris sur le voisinage.

Quel protocole pour limiter les risques lors du retrait des plaques ?

Dans le cas, justement, où le propriétaire d’un toit en fibrociment décide de retirer les plaques par lui-même, il doit dans un premier temps se protéger avec plusieurs équipements conformes aux normes. Au minimum, il est préconisé de se vêtir d’une combinaison jetable, de lunettes, de gants et d’un masque de type FFP3.

Ensuite, lorsqu’il s’agit de désolidariser les plaques de leur support, il est recommandé de les mouiller afin de limiter la désagrégation du fibrociment et ainsi l’émission de fibres d’amiante. Mieux vaut également avoir recours à des outils manuels pour ôter les fixations en évitant de percer, de poncer ou encore de scier mécaniquement les plaques, au risque de casser le fibrociment !

Quant à la toiture en fibrociment déposée, elle doit ensuite être apportée dans une déchetterie spécialisée. À ce sujet, une prise d’information en mairie avant le démontage sur les conditions de collecte peut éviter quelques désagréments. Au préalable, les plaques et les résidus de fibrociment doivent avoir été emballés dans des sacs étanches étiquetés « amiante » ou des films en plastique. Enfin, un passage à la douche s’impose au plus vite dès les travaux terminés.

Ces autres points à connaître sur l’amiante et le fibrociment

Si l’on retrouve encore de très nombreux toits amiantés en France, c’est parce que l’amiante a été autorisée jusqu’à la fin des années 90 dans les matériaux. Elle a entre autre été associée au ciment afin de garantir l’isolation des maisons.

À savoir également que le désamiantage est obligatoire lorsque la quantité d’amiante est supérieure à 5 fibres pour 1 litre d’air. Les travaux de désamiantage doivent alors être réalisés par une entreprise de désamiantage certifiée dans les 3 ans qui suivent le diagnostic, sous peine de sanctions.

Bien qu’il s’agisse d’une opération coûteuse au plan financier, le remplacement total de la toiture en fibrociment est la seule solution permettant d’évacuer totalement l’amiante. Pour un budget moindre, il est également possible d’installer une sur-toiture mais cette option ne résout pas durablement le problème.

Concernant le recours à un professionnel, le prix pour un désamiantage de toiture est compris entre 25 et 40 € le m2. Un tarif qui ne prend pas en compte l’évacuation des déchets.

Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Une réponse

Les commentaires sont fermés.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

- Je soutiens BREIZH-INFO -

PARTAGEZ L'ARTICLE !

LES DERNIERS ARTICLES

ARTICLES LIÉS

ABONNEZ VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Pas de pubs, pas de spams, juste du contenu de qualité !